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Santé : À l’hôpital El Maarouf, la grève des paramédicaux s’enlise, la direction générale dans l’embarras

La grève des paramédicaux de l’hôpital El Maarouf se poursuit et semble s’enliser. Convoqués mardi dernier par la procureure de la République, les grévistes ont décidé, à l’issue de cette audience, de lever le camp devant l’hôpital et de poursuivre le mouvement chacun depuis son domicile, selon les propos du porte-parole du mouvement.

Le bras de fer entre les paramédicaux du principal établissement hospitalier du pays et la direction se poursuit, malgré la mise en demeure adressée par cette dernière demandant aux grévistes de regagner leurs postes. Contacté par Al-fajr le porte-parole du mouvement, Zainoudine Ahamada, affirme que la grève continuera tant que la direction refusera d’ouvrir le dialogue. « Nous avons adressé un courrier à la direction générale afin de solliciter une rencontre pour discuter de nos principales revendications. Jusqu’à présent, nous n’avons reçu aucune réponse. C’est la raison pour laquelle nous avons déclenché ce mouvement afin de faire entendre nos voix », a-t-il déclaré.

La direction qualifie ce mouvement « d’illégal »

Un véritable dialogue de sourds semble ainsi s’installer entre les grévistes, déterminés à poursuivre leur mobilisation jusqu’à satisfaction de leurs revendications, et la direction, qui qualifie ce mouvement d’illégal au motif qu’il n’a pas été précédé d’un préavis de grève. Coup de théâtre mardi dernier : alors que la grève entrait dans sa deuxième journée, les grévistes ont été convoqués par la procureur de la République. Cette rencontre n’a cependant pas permis de désamorcer la crise, même si les participants ont salué le climat dans lequel les échanges se sont déroulés.

Interdiction de grève en ce mois

Selon le porte-parole des grévistes, la procureur leur a expliqué qu’au regard du contexte actuel, maintenir un tel mouvement dans un lieu aussi sensible pourrait être considéré comme un trouble à l’ordre public. « Compte tenu des indications du parquet, nous avons décidé de lever le siège devant le centre hospitalier et de poursuivre la grève chacun chez soi », a-t-il précisé.

Il ajoute : « Nous pensions pouvoir maintenir la grève à l’hôpital tout en assurant le service minimum, mais cela n’a pas été possible. Nous avons donc convenu que chacun rentrerait chez lui pour observer le mouvement. ». Il a également souligné que si les autorités peuvent mettre en demeure les fonctionnaires de l’État, cette mesure ne s’applique pas aux agents contractuels. Au moment où nous mettions sous presse, les majors des différents services du principal centre hospitalier avaient sollicité une rencontre avec les grévistes.

La Ctc soutient les grévistes

Dans une déclaration conjointe, la Confédération des travailleurs comoriens affiche son soutien aux grévistes. Elle regrette toutefois la mainmise du gouvernement à travers le parquet général alors que les grévistes réclament un droit. « C’est notre combat à nous tous », précise la Ctc qui constate une sorte d’abus juridique pour le gouvernement et une exploitation. Parlant de celles-ci, la ctc revient à la convention 95 de l’Oit en son article 4 qui rejette tout salaire non raisonnable, c’est-à-dire, un salaire minable par rapport au travail fourni. « C’est la raison pour laquelle la Ctc hausse le ton pour dénoncer la violation de cette convention  dont les Comores ont ratifié », explique la Ctc.

Outre cette convention de l’Oit violé, il en est ainsi la violation flagrante de la convention de lutte contre l’esclavage. Cette convention selon la Ctc, protège le salarié contre les abus de son patron et surtout l’exploitation d’un salarié comme esclave. 65000 kmf est le salaire mensuel perçu par un agent de la santé. « ça c’est qu’on appelle nouvelle forme d’esclavage », précise la Ctc. Le doigt du gouvernement sur la gâchette. La direction générale d’El-Maarouf est contraint de trouver un compris. Selon certaines sources, un ordre de plus haut sommet de l’Etat aurait mis la pression sur la direction générale afin de n’est pas compromettre la stabilité de l’hôpital de référence en une période où le gouvernement attend son inauguration. Cette haute autorité aurait encore blâmé l’intervention du parquet général pour chasser les manifestants dans leur lieu de travail ainsi que les intimidations contre les grévistes. El-Maarouf s’abstient de commenter, néanmoins, une conférence de presse est prévue aujourd’hui pour annoncer les nouvelles. Pour les grévistes, hors de question de faire une marche arrière dans leur combat malgré les manœuvres déployées pour affaiblir le mouvement.

NMA

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