ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Covid-19 : La carte vaccinale obligatoire dans les établissements scolaires

Déclaré obligatoire à Mwali par le gouverneur de cette île, depuis lundi, le fameux pass sanitaire est aussi obligé dans les établissements scolaires et universitaires dans l’ensemble des îles par le ministre de l’éducation.

Le ministère de l’éducation nationale via son communiqué du mardi 12 octobre rend la vaccination obligatoire pour tous, les élèves et étudiants, enseignants et le personnel administratif de plus de 18 ans. « Ainsi, l’inscription à l’université, l’accès et la fréquentation à tout établissement public et privé d’enseignement ou de formation sont conditionnés par la présentation de la carte de vaccination contre la covid-19 » lit-on dans le communiqué.

Les avis se contredisent sur l’obligation du pass sanitaire dans les lieux publics. « Ça sera une belle chose qu’on le mette en application. Nous serons tous protégés et cela annonce que les activités et festivités coutumières seront ouvertes », dit-on. « Après les arrestations sur le non port du masque, on nous oblige le pass sanitaire. C’est un choix que nous avons fait de ne pas se faire vacciner. Et même les grands pays comme la France, certains refusent de se faire vacciner », a-t-on avancé.

« Il faudrait éviter la psychose et les intox de la vaccination forcée pour les enfants »

Pour Sidi Abdallah, enseignant au primaire, l’obligation du vaccin dans les établissements reste un grand pas difficile à franchir. « Pour l’université et les lycées, l’âge peut y faire. Pour les collèges et les écoles primaires, il sera difficile de contrôler le pass sanitaire vu la moyenne d’âge d’élèves. Et pour le personnel d’administration et les professeurs, cela reste important de faire la vaccination et présenter la carte pour protéger les étudiants », soutient-il.

Cet instituteur se demande, « comment savoir si telle personne n’a pas l’âge pour le vaccin ? Certaines personnes iront à l’université sans l’âge demandée. Et ceux qui sont au lycée sans carte d’identité, comment savoir si l’élève dit vrai sur son âge ? Et dans tout cela, il faudrait éviter la psychose et les intox de la vaccination forcée pour les enfants. » Pour les parents rencontrés, ils disent n’avoir pas le choix que de demander leurs mômes de se faire vacciner.

Une légère participation

La troisième cohorte de vaccination est au ralenti pendant que les autorités sanitaires ambitionnent à une immunité collective. A Anjouan, l’on constate une légère participation des personnes dans les sites de vaccination. « Nous avons débuté la première dose du vaccin avec un délai de 21 jours. La population vient avec réticence. Les probabilités de réticence restent nombreuses. Il y a ceux qui refusent et ceux qui ont peur. Les statistiques montrent qu’il y a un grand nombre de la population qui ne s’est pas vaccinée », explique Dr Elhabib Ben Alfen.

Et lui d’ajouter « pendant ces deux dernières cohortes, nous étions à 20 % de personnes vaccinées. Nous attendons toujours pour vacciner la population. Les fièvres que nous avons, n’ont pas forcément de lien avec la pandémie ou la vaccination. Nous avons beaucoup d’épisodes de fièvre pendant l’année. C’est après un passage à l’hôpital, que le médecin détermine la cause de la fièvre. Il y a aussi ce qu’on appelle la coïncidence. Il se peut que vous alliez avoir de la fièvre et qu’elle se manifeste après la vaccination. Cela se soigne et cela ne doit pas être un facteur de réticence au vaccin»

« Pour atteindre à l’objectif, nous devons mettre un peu de pression »

Selon Dr Elhabib Ben Alfen, rendre le pass sanitaire obligatoire est une affaire du gouvernement. « C’est la décision de l’Etat. Nous ne sommes que des exécutants. À Mohéli, ils ont eu l’accord du gouverneur pour l’instaurer. Nous attendons les mesures pour les appliquer. Nous devons tout faire pour assurer l’immunité collective à 60 %. Nous sommes à 20 % et pour atteindre l’objectif. Nous devons mettre un peu de pression », indique-t-il.

Ahmed Zaidou 

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