Le comité de politique monétaire et de gestion des réserves (CPM) de la Banque centrale des Comores (BCC) a décidé de maintenir inchangés les principaux paramètres de sa politique monétaire. Réuni le 10 juillet à Moroni sous la présidence du gouverneur, Dr Younoussa Imani, le comité estime que, malgré les incertitudes de l’économie mondiale et le ralentissement de la croissance nationale, les fondamentaux macroéconomiques du pays demeurent suffisamment solides pour préserver la stabilité financière.
Le CPM a consacré sa réunion à l’examen de la conjoncture économique internationale et nationale ainsi qu’aux perspectives à court terme. Au niveau mondial, le Comité relève un ralentissement de la croissance économique, attendue à 3,1 % en 2026, contre 3,4 % l’année précédente. Cette évolution est principalement attribuée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et à leurs répercussions sur les marchés de l’énergie. Dans le même temps, l’inflation mondiale devrait atteindre 4,4 %, sous l’effet du renchérissement des coûts énergétiques observé au premier semestre.
Aux Comores, l’activité économique a connu un ralentissement au deuxième trimestre, en raison notamment des perturbations provoquées par la hausse des prix des carburants. La Banque centrale anticipe néanmoins une croissance de 3 % en 2026, après 3,8 % en 2025. Cette progression serait portée par les secteurs primaire et tertiaire, la consommation des ménages ainsi que la poursuite des investissements publics dans les infrastructures.
Sur le front des prix, le comité se montre rassurant. L’inflation est restée modérée au premier trimestre 2026, avec une hausse de 0,5 % sur le trimestre. En rythme annuel, elle devrait s’établir à 3 %, un niveau jugé compatible avec l’objectif de stabilité des prix.
Le commerce extérieur affiche, en revanche, des résultats contrastés. Les exportations ont progressé de 43,2 %, atteignant 1,6 milliard de francs comoriens, grâce aux performances du girofle et de la vanille. Dans le même temps, les importations ont augmenté de 26,3 %, à 47,4 milliards de francs comoriens, sous l’effet de la hausse des achats de produits énergétiques et de biens d’équipement. « Cette évolution a entraîné un creusement du déficit commercial, désormais évalué à 45,8 milliards de francs comoriens », lit-on dans un communiqué de la BCC.
La Banque centrale souligne toutefois que les réserves de change continuent de se renforcer. À fin mars 2026, elles s’établissaient à 176,8 milliards de francs comoriens, contre 171,3 milliards à fin décembre 2025. Ce niveau permet de couvrir entre sept et huit mois d’importations de biens et services, traduisant une position extérieure jugée confortable. Le ratio de couverture extérieure du franc comorien atteint, pour sa part, 194 %, largement supérieur au minimum statutaire de 20 %.
Au regard de ces indicateurs, le comité a choisi de reconduire l’ensemble de ses instruments de politique monétaire. Les réserves obligatoires restent fixées à 10 %, le plafond d’absorption de liquidité à 15 milliards de francs comoriens et le taux maximum des appels d’offres de liquidité à 2,5 %. Les autres taux directeurs demeurent également inchangés.
La Banque centrale des Comores poursuit sa politique de prudence visant à préserver la stabilité du franc comorien, contenir les pressions inflationnistes et maintenir un environnement financier favorable à l’activité économique, dans un contexte international toujours marqué par de fortes incertitudes.
Hidaya








