Au cours d’une conférence de presse conjointe, le médecin mandaté par le parquet général a affirmé que le pronostic vital de l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi n’était pas engagé. Toutefois, un cabinet médical étranger a été sollicité afin de réexaminer le patient, âgé de 68 ans.
La polémique autour de l’état de santé de l’ancien chef de l’État ne faiblit pas. Le parquet général reconnaît que le détenu souffre, mais assure que son état n’est pas aussi préoccupant que ce qui est relayé sur les réseaux sociaux. Le médecin désigné par l’institution judiciaire partage cette analyse, affirmant que « le pronostic vital de l’ancien président Sambi n’est pas engagé et ne nécessite pas une évacuation à l’étranger ».
Une position qui suscite des interrogations, au regard d’un rapport médical daté du 4 juin, qui alerte sur un « haut risque cardiovasculaire », accompagné d’une dyspnée d’effort et d’une asthénie intense. Ce même rapport recommande un ajustement du traitement, ainsi que la réalisation d’une coronarographie à visée diagnostique et thérapeutique, un examen non disponible aux Comores.
Des avis médicaux divergents
Les conclusions de la contre-expertise médicale finale, datée du 6 juin 2026, évoquent quant à elles une possible pathologie cardiaque grave, notamment une cardiopathie ischémique ou un trouble du rythme. Le rapport fait état d’anomalies biologiques importantes nécessitant des examens spécialisés urgents, dont une coronarographie, et préconise une prise en charge médicale approfondie dans les plus brefs délais.
Ces conclusions, bien qu’elles mettent en lumière une situation jugée préoccupante, révèlent également un décalage avec la communication officielle. Le gouvernement continue de relativiser la portée de ce rapport, estimant qu’il alimente la polémique, tout en assurant que l’ancien président bénéficie d’une prise en charge adéquate.
De son côté, la famille de Sambi, notamment sa fille, dénonce la lenteur de la justice face à une situation qu’elle juge critique, affirmant que son état de santé « se détériore de jour en jour ». Le flou persiste ainsi autour des déclarations du médecin mandaté par le parquet.
Le recours à une expertise étrangère ravive les tensions
Le choix du médecin mandaté par le parquet général alimente également les controverses. Alors que la contre-expertise a été réalisée par cinq spécialistes issus de différents domaines, ce dernier adopte une position divergente.
Le parquet général indique toutefois qu’un « avis favorable » pourrait être donné en cas de nécessité d’évacuation sanitaire à l’étranger. Face à ces divergences d’appréciation, les autorités ont décidé de faire appel à un cabinet médical étranger pour un nouveau réexamen du patient.
Aucun détail n’a été communiqué sur l’identité de ce cabinet ni sur les modalités de sa sélection. Une procédure qui pourrait prendre du temps, alors même que l’état de santé de l’ancien président continue de susciter de vives inquiétudes.
Kamal Said Abdou









