ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Mab Elhad : « L’art comorien s’invite au Bénin »

De son vrai nom, Elhad Abdérémane Boinafoumou, exposera ses œuvres sur la culture comorienne qui intégreront les manifestations envisagées par le consulat comorien en faveur des comoriens au Bénin à l’occasion de la fête de l’indépendance des Comores. De cette occasion, l’artiste (poète et photographe) Mab Elhad a répondu à nos questions.

Vous êtes conviés à une exposition au Bénin qui se tiendra bientôt, comment expliquez-vous votre invitation ? Quels sont donc vos sentiments ?

Permettez-moi de remercier votre rédaction de l’intérêt que vous accordez à l’épanouissement de la scène culturelle comorienne. En fait, j’ai été désigné par le conseil d’administration et la direction de la Meck-Mmoroni, pour participer à une formation sur la « gouvernance dans les institutions de micro-finance », en ma qualité d’élu. Il s’avère que tous les ans, la SEPHOB, une association artistique des photographes béninois organise son festival international de photographie. Ce qui a occasionné l’opportunité du consul des Comores au Bénin, M. Akibou Chakran de me suggérer une exposition photographique mettant en valeur la culture comorienne à l’occasion de la célébration de la fête nationale de l’indépendance des Comores.  C’est ainsi que le message de l’exposition se fera dès dimanche prochain sous le haut patronage du consul des Comores en présence des étudiants comoriens au Bénin.

Pour mes sentiments, je suis sincèrement comblé de contribuer à faire connaitre mon pays au-delà de nos frontières. Comme vous le savez, après avoir exposé mes œuvres photographiques et promu mes écrits poétiques dans l’Océan indien et en France, me voilà que j’emporte la beauté des îles de la lune vers l’Afrique de l’Ouest. Comme les stars du football comoriennes, les artistes des autres domaines contribuent à vendre l’image positive de nos îles en tant qu’ambassadeurs de notre pays, malheureusement aucune reconnaissance à l’endroit des artistes peintres et photographes comoriens ne se fait sentir, quand bien même nous revenons avec des trophées. La scène littéraire et surtout artistique reste l’enfant mal aimé de la culture comorienne. J’ai donc apprécié les propos du président de l’Union des Comores affirmant que cette fête nationale est dédiée à la scène sportive et culturelle des Comores. C’est déjà un début pour nous autres artistes.

L’art comorien s’invite-t-il alors au Bénin ?

Oui bien sûr. L’art comorien est à l’honneur au Bénin. Honnêtement tous les ans, des manifestations ne serait-ce que dans le domaine de la photographie se tiennent dans l’Océan indien et en Tanzanie où j’ai eu l’honneur d’y participer à mes propres frais, de même qu’en Afrique de l’Ouest. Que ce soit au Sénégal, au Mali, en Afrique du Sud, les rencontres de Bamako, biennale qui se tient régulièrement aussi au Sénégal, et pourtant jamais au grand jamais, un comorien n’a jamais pu participer et pourtant ce ne sont pas les invitations qui manquent, mais de part d’importance donner au financement de telles manifestations reste un leurre pour le commun des photographes comoriens. Mon club poétiqu’Art MAB Elhad voudrait contribuer à l’organisation d’une manifestation locale dans un proche avenir. Dans le but d’encourager les plus jeunes à faire découvrir leurs talents et faire connaître de plus belles nos îles.  Donc je pense que le jour où nous aurons un ministre de la culture chargé des arts, nous pourrons prétendre voir le bout du tunnel en faveur de l’épanouissement et de la promotion de la scène artistique comorien. Pour ne citer qu’un exemple, dites-moi quelle institution publique expose des œuvres d’artistes plasticiens ou photographes comoriens hormis la Meck-Moroni et le ministère des affaires étrangères ?

Quel sens apportez-vous à cette exposition ?

Un sens d’ouverture et d’épanouissement de l’art comorien grâce au patriotisme des étudiants comoriens et de leur consul ainsi que le concours de la Meck-Moroni et la SEPHOB auxquels je rends un vibrant hommage. C’est un honneur pour moi de représenter les Comores à un tel événement et vous en remercie de m’avoir donné l’occasion d’annoncer la scène photographique comorienne que l’art photographique dans notre pays à sa place, mais qu’il faut que les nouvelles générations y croient et y donnent un sens à leur passion. Je pense que nos ambassades comme les consultas de notre pays ont des opportunités pour donner une impulsion à l’épanouissent de notre culture, si les autorités estiment la nécessité, à titre d’exemple, ma sortie en Tanzanie, je le dois à l’ambassadeur des Comores dans ce pays, M. Badaoui. Aujourd’hui, c’est au consul du Bénin de donner ses lettres de noblesse à la photographie comorienne, je trouve cela salutaire. Ainsi, l’émergence culturelle doit bénéficier de sa place aussi c’est une nécessité.

Propos recueillis par KDBA

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