Le gymnase de Mutsamudu dans l’île d’Anjouan était en ébullition après l’éclat de plusieurs vérités et secrets du fonctionnement du système bancaire de la Meck Mutsamudu. Entre cris, bagarre, calomnie, bousculade, les votes n’ont pas eu lieu dimanche dernier, au gymnase de Mutsamudu. L’assemblée générale est finie prématurément. Aucune nouvelle équipe du conseil d’administration n’est élue. Un membre de l’Union des Mecks a assisté aux événements. Un rapport va être envoyé à la BCC, organisme régulateur des banques.

Un candidat unique lors des votes. Plusieurs candidats déchus ont exposé les motifs illégitimes avec des arguments et des preuves. Plusieurs documents de l’Union des Mecks sont signés par la gérante de la Meck Mutsamudu. Le bilan financier et les candidatures retenues sont critiqués par les membres. Tour à tour, les présidents des différents conseils ont exposé leur bilan d’activité. En chiffres, la Meck Mutsamudu contient 10 300 membres et 3,5 milliards d’épargne. « Nous avions une assemblée générale pour l’exercice 2019 et 2020, chose faite. Prochainement, nous allons vous dresser le bilan de l’exercice de 2021. Il fallait renouveler les membres du bureau exécutif. Certains candidats sont déchus à cause des conditions d’éligibilité », a-t-on expliqué. Après que l’assemblée est avortée entre disputes, injures et bousculades, un rapport doit être envoyé à la BCC et à l’union des Mecks pour la suite des événements. En attendant, c’est la même équipe qui est là.
Des candidats se révoltent
Nombreux candidats se plaignent du fond et de la forme des lettres envoyées aux candidats déchus pour leur informer de leur inéligibilité. Elles sont signées par la gérante de la Meck Mutsamudu. Un fait critiqué et jugé hors la loi par bon nombre de candidats déchus. « Vous avez fait acte de candidature pour être membre du conseil d’administration. Après examen de votre dossier, nous sommes au regret de vous informer que votre candidature est rejetée, pour inéligibilité, conformément à l’article 36 alinéa 11 des statuts harmonisés des MECK de base, adoptés par la Meck Mutsamudu », lit-on dans une lettre envoyée à Tadjouddine Salim, candidat aux élections de conseiller. « En effet, vous êtes apparentés au second degré avec une salariée de la Meck (oncle d’un agent de caisse), créant une situation de conflit d’intérêt susceptible de nuire aux intérêts de la Meck », poursuit la lettre.
L’imbroglio
Selon le destinataire de la lettre, « il n’y pas d’alinéa 11 dans le statut de la Meck. Pour le cas de parenté au second degré, à la dernière assemblée, il n’est pas adopté, voté. C’est inadmissible ». Pour Ediamine Ambdi, candidat à la présidentielle « rien n’est dans la loi. La commission de dépouillement mise en place est composée de nos opposants directs et de certains candidats. La lettre disant que je ne suis pas éligible aux votes est un papier de l’Union de Mecks signé par la gérante du Meck Mutsamudu. Il se base sur l’article 36. Ce dernier ne dit rien sur l’éligibilité d’un membre. Mon éligibilité est là », s’est-il défendu. Le président de la Meck Mutsamudu, Mohamed Abdallah s’explique ainsi : « la loi est faite et est là depuis longtemps. Un candidat est non éligible. Dans l’article 34, une partie dit le faux et usage de faux et détournement. Le document en notre possession, dit que cette personne est non éligible pour faux et usage de faux ».
Ahmed Zaidou








