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40 ans de littérature : De l’oralité à l’écriture contemporaine

La littérature comorienne célèbre cette année quarante ans d’écriture. Pourtant, son histoire remonte bien avant les premiers romans : elle commence avec l’oralité. Contes, proverbes, chants et récits, transmis de génération en génération, ont constitué le socle de l’imaginaire comorien, donnant voix à la mémoire, aux traditions et aux valeurs de l’archipel. C’est à partir de cet héritage que les premières œuvres écrites ont émergé, dans les années 1980, afin de formaliser et de diffuser ces histoires sur le papier.

Le jalon fondateur de la littérature comorienne demeure l’année 1985, avec la parution de La République des imberbes, premier roman signé Mohamed Toihiri. À travers ce texte, l’auteur mêle humour et critique sociale pour raconter les tensions et les contradictions d’une société insulaire en pleine mutation. Ce roman ouvre la voie à une génération d’écrivains désireux de mettre en mots la réalité comorienne tout en s’inscrivant dans l’espace francophone.

Depuis, la littérature comorienne a gagné en diversité et en profondeur. Parmi les œuvres marquantes, on peut citer Les Vagues de l’exil de Salim Hatubou, qui explore la vie de la diaspora comorienne ; Le Chant des îles d’Aboubacar Saïd Salim, recueil de poésie inspiré par la mer et les traditions orales ; Sous le soleil de Ngazidja d’Ali Zamir, une série de nouvelles consacrées au quotidien et aux petits drames des habitants de l’île principale ; ou encore Échos de l’archipel de Karima Soule, qui mêle mémoire, modernité et engagement féministe.

Les années 1990 et 2000 voient l’écriture comorienne s’affirmer à travers des romans sociaux, des essais et des pièces de théâtre abordant les enjeux politiques, économiques et culturels. Parallèlement, la poésie et la littérature jeunesse contribuent à préserver le shikomori et les traditions orales, tout en donnant naissance à de nouvelles formes narratives.

Aujourd’hui, la littérature comorienne est vivante et plurielle. Elle s’exprime à travers les livres, les revues, les réseaux sociaux et les festivals littéraires, en abordant des thématiques contemporaines telles que la diaspora, les migrations, l’écologie ou l’émancipation des femmes. Comme le souligne une écrivaine comorienne : « La littérature comorienne est un miroir de notre société : elle raconte nos îles, nos traditions et nos espoirs, tout en ouvrant le dialogue avec le monde. »

Hidaya

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