ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Abdou Chatoi Chamir : « Nous demandons un bilan en matière de création depuis 2016 à nos jours »

Le président des Comores, Azali Assoumani clame à plusieurs reprises l’emploi des jeunes comme pilier du développement. Le secrétaire général du mouvement Dja’alwakt, Abdou Chatoi Chamir appelle le gouvernement comorien à la création d’emplois des jeunes au lieu des discours politiques.

Le président Azali Assoumani a proclamé, en 2016, un jeune=un emploi, que pensez-vous de ce slogan ?

En réalité, les jeunes sont les piliers du développement d’un pays. Ils doivent être motivés et orientés pour s’aligner au développement socio-économique. Le président Azali a dit haut et fort un jeune=un emploi, en 2016. Mais, c’est une manière d’hypnotiser les esprits des jeunes pour prendre le pouvoir. Car, Azali a été entouré par des jeunes (lors de la campagne présidentielle 2016). Il faut, cependant, penser que ce même Azali a licencié plus de 5000 à 7000 jeunes à l’époque du ministre Fahmi Saïd Ibrahim. Les jeunes avaient une confiance à ce slogan. Mais, ce n’est qu’un discours politique. Un jeune=un emploi est un mensonge et un rêve. Les jeunes représentent 60% de la population comorienne. Certes, certains jeunes sont responsables de leurs échecs mais, le gouvernement doit soutenir et appuyer ces jeunes afin d’éviter les voyages clandestins vers la France (plusieurs jeunes sont noyés au large de la mer méditerranée et de la mer de Mayotte par Kaswa-kaswa).

Pensez-vous que le gouvernement a l’ambition de créer d’emplois pour les jeunes ?

En réalité, le gouvernement n’a pas du tout la volonté de créer des emplois aux jeunes. Ce sont des discours politiques pour mentir aux jeunes comoriens. Si les projets gouvernementaux sont une réalité, pourquoi depuis 2016 rien n’est concret ? 5 ans de rêve ? Certes, le gouvernement crée des projets pour la population comme le cas des routes, des plantations des panneaux solaires,… toutefois, il est évident que les jeunes n’ont pas bénéficié un projet dédié aux jeunes. C’est un constat déjà fait. Et tout le monde le sait parfaitement. Le pouvoir actuel ne pense qu’à rester au pouvoir jusqu’à 2030. Imaginez, nous avons vécu une crise de pétrole, une pénurie d’alimentation, pénurie de riz et un blackout de 3 jours, comment le pays converge vers l’émergence d’ici 2030 ? Nous voulons des projets concrets, des pratiques plutôt que des théories ou discours politiques.

Les jeunes veulent s’investir mais les impôts sont à la hausse, quelle est votre réaction face à cette situation ?

Le gouvernement doit soutenir les jeunes en matière de création d’emplois et d’auto-emplois. Or, ce n’est pas le cas. Lorsque les jeunes créent leurs propres entreprises ou sociétés, le gouvernement impose des impôts ou patentes à la hausse. Dans ce cas, c’est un frein du développement du pays. De même, ces patentes ou vignettes sont parfois escroquées. Alors, il faut faciliter les dossiers administratifs et adoucir les patentes ou impôts. Puisqu’il est normal que les jeunes contribuent financièrement pour contribuer à l’évolution du pays et payer les fonctionnaires, créer des emplois, entre autres, mais les jeunes entrepreneurs sont obligés de prendre la fuite en échappant les dimes imposés. Le pouvoir en exercice préfère s’enrichir au détriment des jeunes entrepreneurs. Avec les patentes, les registres commerciaux, les vignettes, les dossiers administratifs, les jeunes se sentent fatigués et lassés. Raison pour laquelle la majorité des jeunes prenne la fuite vers l’Europe. Il faut faciliter les jeunes en matière de formalités administratives.

Pourquoi les investisseurs étrangers fuient le pays ?

Un investisseur veut avoir des bénéfices. Alors, ils doivent s’investir dans un pays où il y a un état de droit, de justice fiable, d’une meilleure éducation, entre autres. Bref, un investisseur demande des conditions respectées. Le président est en train de nommer des fonctions au ministère de la justice. Est-il un domaine indépendant ? Nous demandons au gouvernement, un bilan de 2016 jusqu’à nos jours en matière d’emploi des jeunes.

Propos recueillis par Abdoulandhum Ahamada

 

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