ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Anjouan : Le maire de Ouani sera jugé le 26 octobre

Le maire de Ouani est placé sous mandat de dépôt à la prison Koki. Il est accusé de détournement de deniers publics. Au sein de la mairie, le sujet divise les avis et le procès du maire est prévu le 26 octobre prochain.

Le maire est convoqué à la gendarmerie par plainte déposée par son troisième adjoint au maire, Ahmed Mohamed Allaoui, pour détournement de fonds. Il est passé en audition, et a témoigné sur cette affaire. « Le maire nous a demandé de lui faire état de ses activités depuis mars jusqu’à octobre 2020, chose que nous avons fait. Depuis août 2020 en février 2021, la prise des postes du conseil communal, le plaignant est chargé des affaires financières de la mairie. S’il y a malversation, le plaignant doit le prouver. Le dossier est transmis au procureur de la République. Les deux parties sont auditionnées depuis lundi. Mercredi dernier à notre grande surprise, le juge Ben Omar ordonne que seul le maire ait invité. Selon sa femme, le maire serait accusé de détournement d’un montant de 2 millions kmf. Le juge placé le maire en détention provisoire à Koki sans preuve valable », a expliqué Salim Ali, secrétaire général à la maire.

Lors de la passation, le 3e adjoint au maire est chargé des finances et des relations. Au mois d’octobre, l’état des lieux est présenté. « Au mois de décembre, nous avions prévu de faire le second conseil communal, sur 3 points. Faire le bilan financier, qui n’est pas fait, car le chargé n’a aucun bilan mensuel, rédiger le règlement intérieur, et faire une commission de développement du plan communal. Deux conseils, ne sont pas faits à cause de l’adjoint au maire qui n’a pas fourni les documents nécessaires. Il y a aussi l’affaire sur la démolition de la mairie que ce dernier ne cautionne pas », a-t-il poursuivi.

Selon lui, accuser le maire de détournement de fonds et de malversation, ça doit être justifié. Il doit sortir un dossier palpable et citer l’origine des fonds. Cet argent, n’est enregistré nulle part. Et lui, il avait les dernières signatures au compte de la mairie. Il s’autorisait à retirer de l’argent sans le consentement du maire. « Au moment de la Covid-19, il y a eu une commission pour une campagne de désinfection de masse. Il a consulté le compte et après plusieurs versements de fonds, nous ne savons rien de la gestion de cet argent. C’est parmi les choses qui ont créé la mésaventure avec le maire. Nous avons des preuves à l’appui », témoigne Salim Ali.

« Le premier défaut sont les insignes et des signatures de la mairie qu’il voulait et utilisait à son gré sans droit. J’ai proposé au Maire de porter plainte, il a eu juste confiance. Il a retiré de l’argent au compte de la SNPSF, après imitation de la signature du maire, avec preuve à l’appui. Dans les autres comptes et après changement de signature, il était toujours signataire principal aux comptes. Il a refusé de rendre les chéquiers de la SNPSF et de la Meck. Nous avons deux preuves à l’appui pour faux et usage de faux et usurpation de titre et abus de confiance contre lui. Je propose au Maire de porter plainte. Il a négligé cette option », confie-t-il. 

Selon le directeur de la collectivité locale, Saindoune Ali, une commission de maire serait mise en place pour déterminer les causes et les faits de l’inculpation du maire. Le préfet de Mutsamudu, Ali Boura rappelle qu’en 1998, à Mayotte, un maire est jugé et enfermé. Il n y a jamais eu de Maire qui est jugé et emprisonné.

Selon la doyenne d’âge « nous ne sommes pas au courant de cette affaire entre les adjoints au maire maires et le maire. Nous ne savons pas les raisons. La loi dit si le maire est poursuivi, durant cette période, il doit y avoir un intérim. Soit les adjoints ou soit le doyen d’âge. En tant que doyenne, il me doit de prendre la place du maire pour signer les documents qui pressent. J’accepte de faire des signatures sur les affaires courantes pendant 2 semaines. Aujourd’hui, il a voulu que le ministère et le gouvernement fassent ce conseil », dit-elle.

« Nous ne savons rien, nous les conseillers. Les adjoints au maire doivent prendre leur responsabilité. Nous ne sommes jamais appelés. Lorsque le maire est poursuivi, la loi dit, il n’y a besoin de quorum et le conseil doit-être immédiat », ajoute-t-elle.

Ahmed Zaidou

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