ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Conflit foncier à Boueni Oichili : Le silence assourdissant des autorités locales

Alors qu’une famille a acheté une parcelle de terrain d’une vingtaine de mètres, appartenant à Boeuni Oichili. Des échauffourées avaient eu lieu entre des autorités villageoises et un jeune du village, qui, ce dernier conteste la vente de ce terrain puisqu’il estime que ce terrain appartient est acheté par son père. Une procédure judiciaire est engagée par Dhouria Ali et son mari.

Les faits remontent en 2015. Il était aux environs de 17 heures lorsque des responsables du comité villageois se sont rendus dans les lieux (quartier Dzahani) pour poser le décamètre au profit de Dhouria Ali. Bien qu’ils aient mesuré le terrain, des échauffourées ont été observés. Estimant que ce terrain appartient à sa famille, le jeune Bacar Omar Safaoui ne cède pas. Il interdit Dhouria et son mari à toute forme de construction dans ce terrain pendant que ce couple a payé la somme demandée par les autorités villageoises. Depuis la semaine dernière, une procédure judiciaire est engagée par Dhouria Ali et sa famille en revendiquant leur droit. Les deux parties ont été convoquées à la brigade de Koimbani Oichili en présence des autorités de Boeuni Oichili. Mais certains responsables préfèrent garder le silence pendant que les autres expliquent les faits en dénonçant la force exercée par le jeune Bacar Omar, qui, la parcelle de terrain vendue n’appartient pas à sa famille, dit-on. « Nous avons acheté ce terrain et nous avons donné au comité l’argent demandé. On nous a donnés le terrain mais Omar nous interdits de construire car il estime que ce terrain appartient à sa famille et le comité ne réagi plus », se plaint Dhouria Ali. Et elle d’ajouter, « nous avons décidé d’engager une procédure judiciaire car le comité villageois garde le silence. A la gendarmerie, le chef du village et Papa Hanani n’ont pas témoigné les faits. Ils n’ont rien dit. Il y a des personnes qui ont témoigné à notre faveur en expliquant les événements qui ont eu lieu. Nous demandons notre argent pour acheter un autre terrain. » De sa part, le jeune Bacar Omar Safaoui insiste que ledit terrain appartient à sa famille. « Dans cette parcelle de terrain, mon père avait planté des arbres. Après des années, le terrain a été terrassé et nous avons construit notre maison. L’endroit où le village veut donner à Dhouria nous appartient », explique-t-il. « On m’a convoqué à la brigade de Koimbani, avance-t-il, les gendarmes sont venus visiter le terrain et ils ont compris que j’ai totalement raison. Et la balle revient aux autorités locales. Toutefois, je me bâterai jusqu’au bout, il n’y aura pas de construction dans cet endroit par une autre famille. » Selon un responsable local, le comité a essayé d’éviter aux conflits fonciers mais les habitants ont mal compris. « Cette situation n’épargne personne. Tous ceux qui résident dans ce quartier, chacun aura du conflit avec son voisin. Puisque chacun s’approprie une parcelle de terrain sans l’intervention du comité villageois. Les conflits fonciers surgissent. Nous avons demandé à des solutions meilleures. Il s’agira de plancher sur les solutions pérennes pour une gestion durable et pacifique de la terre à Boueni Oichili, notamment dans ce lieu volcanique », explique-t-il. Face à ce litige foncier à Boueni Oichili, les autorités locales n’ont pas permis jusqu’ici de baisser la tension entre les deux parties. Il s’agit de la délibération d’un périmètre de 20 mètres à Dhouria Ali et son mari. A noter que les conflits fonciers sont récurrents et sont plus d’actualité. Souvent sanglants, ces conflits endeuillent les familles et menacent la cohésion sociale au sein d’une communauté. Quels sont donc les mécanismes de résolution de ce conflit foncier à Boueni Oichili ?

KDBA

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