ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Yasser Ali Assoumani : « Anjouan ne sera jamais le Somaliland des opposants »

Il est sur tous les fronts. Que ça soit professionnel ou politique, il s’illustre par son dévouement et son abnégation en apportant une couche de  couleur là où le devoir l’appelle. En ce moment charnière de l’histoire politique de notre pays où son île natale est en première ligne, Yasser Ali Assoumani ne se fait pas prier. Il est au four et au moulin, à cheval entre Moroni et Mutsamudu.  

Les bruits de bottes pour lesquelles  l’opposition  en a fait une arme politique pour déstabiliser le pays ne le dérange outre mesure. Puisque lui, la vigilance est une seconde nature. C’est pourquoi il ne laisse rien au hasard. Raison pour laquelle il a établi un agenda de travail lui permettant à chaque week-end  d’être physiquement à Anjouan. La raison, dit-il, c’est qu’il n’aime  pas se faire raconté, il veut être au charbon pour jouer pleinement son rôle de gardien du temple. Dans l’ile aux jasmins comme à Ngazidja et Moheli, le directeur général de l’Adc à l’œil et l’ouïe un peu partout. Rien ne l’échappe. En lui posant la question de savoir pourquoi tant de motivation ? La réponse est simple. « C’est notre pouvoir autant le défendre aussi longtemps que Dieu le Tout-puissant nous prête vie », répond-il.

« Sambi a été le premier à tripatouiller la constitution de 2001 »

Sur ce point, Yasser Ali Assoumani a raison, car, il fait bien partie des hommes du sérail du président de la République  Azali Assoumani. Autant dire  qu’il est plus qu’un compagnon de route. Réagissant à l’actualité brûlante  du moment, relative à ceux qui fixent la fin du mandat de l’actuel chef de l’état le 26 mai 2021, Yasser Ali Assoumani  membre du bureau fédéral du parti Crc n’est pas allé du dos de la cuillère. Selon lui, le président Azali a un mandat de 5 ans qui court constitutionnellement jusqu’en mai 2024. Par contre ceux qui parlent de 2021, « de quelle constitution font-ils référence ?», s’est-il interrogé. Et d’ajouter « s’ils sont sérieux, ils doivent s’en souvenir que Sambi a été le premier à tripatouiller la constitution de 2001 pendant son règne à travers une réforme constitutionnelle qui, non seulement a changé la durée constitutionnelle du mandat en s’octroyant une année de plus mais il l’a aussi abâtardie de sa quintessence en supprimant le chapitre relatif à l’autonomie des îles. Privant ainsi Anjouan ce à quoi les habitants se sont battus ».

Selon le leader de la jeunesse force de la République, cette opposition qui souffre de l’Alzheimer ne se rappelle plus qu’après le référendum constitutionnel du 30 juillet 2018 le pays s’est doté d’une loi fondamentale à l’issue de laquelle s’est organisée des élections présidentielles anticipées au cours de laquelle tous les opposants se sont portés candidats.  Mais, après qu’ils ont raté la marche du podium, ils ont décidé de jouer le trouble-fête. Pour le commun des mortels, ils se réveillent non pas avec la gueule de bois après leur échec cuisant, mais plutôt avec les sentiments nostalgiques des accords de Fomboni. « Aujourd’hui,  le pays est en marche. Il est sur la bonne voie. Les réformes structurelles administratives économiques et financières commencent à donner les résultats escomptés. A commencer par la régularité de paiement des salaires des agents de l’Etat. Les chantiers relatifs aux infrastructures routières, la construction et réhabilitation des hôpitaux, l’acquisition des groupes électrogènes flambant neufs et l’installation des stations d’énergies renouvelables à Foumbouni et à Pomoni pour relancer l’économie d’ailleurs plombée par la covid’19. Les partenaires bi et multilatérales apprécient à juste titre l’évolution socioéconomique et politique, qu’a entrepris notre pays dont le taux de croissance se situe à 3% », a-t-il expliqué.

Pas de crise politique

Tous les signaux sont au vert pour l’ancrage de notre pays dans le cercle fermé des pays émergents. Sur le front diplomatique le président Azali est élu vice-président de l’Union africaine. Convaincus de l’ascension fulgurante et positiveforgeant le bilan du régime, les opposants désespérés de pouvoir conquérir le pouvoir par une alternance politique sont entrain de s’agiter espérant créer une situation de transition alors qu’il n’y a pas crise politique.  Selon Yasser Ali Assoumani « nous avons en face des politiciens qui n’ont pas l’habitude de respecter les durées constitutionnelles des mandatures. A chaque fois qu’un président de la République est élu, la classe politique créée toujours des situations exceptionnelles de crise, pour pouvoir imposer de solutions exceptionnelles, notamment des conférences et des dialogues nationales dont la finalité est d’éclabousser le projet de société pour lequel le président est élu », indique-t-il.

Barrer la route aux ennemis de la nation

Sur ce chapitre,   l’ancien candidat  aux élections du gouvernorat de Ndzouani en 2016 est ferme et catégorique. « Il n’y a pas crise politique dans notre pays. Et « Anjouan  ne sera jamais le Somaliland des opposants », déclare Yasser Ali Assoumani. « Et ceux qui veulent en créer pour leurs propres intérêts devront rendre compte de leurs actes devant la justice. La récréation est terminée », a-t-il insisté. Les complots visant à attenter à la vie d’autrui et à porter atteinte à la sûreté de l’Etat doivent cesser. Pour de telles futilités les autorités nationales ne seront pas tolérantes.  Dans cet ordre d’idées, Yasser Ali Assoumani a lancé un appel de rassemblement des militantes et militants du parti Crc à Anjouan pour faire front contre les ennemis de la nation surtout ceux, tapis à l’ombre, informant régulièrement les exilés qui sont à Mayotte et en France. Et pour être solidaires et efficaces sur le terrain, il a prôné la réconciliation de cœur entre les militants et les cadres du parti afin que la mobilisation soit effective. La démarche ne saurait être percutante sans l’adhésion des partis membres de l’Alliance de la majorité présidentielle. C’est ainsi que Yasser Ali invite les leaders de ses partis à collaborer ensemble dans une plateforme politique  régionale visant à harmoniser les efforts en vue de se tenir vent débout contre les ennemis du développement de notre pays.

KDBA

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