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Tribune : Une diplomatie comorienne proactive dans un monde en recomposition

La participation du président Azali Assoumani au 11ᵉ Sommet de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique à Malabo s’inscrit dans une dynamique politique majeure, révélatrice d’un repositionnement stratégique des Comores sur la scène internationale. Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude, les crises multiples et les recompositions géopolitiques, la voix portée par le Chef de l’État apparaît à la fois cohérente, ambitieuse et résolument tournée vers l’avenir.

En tant que partisan de cette vision, il est essentiel de souligner que l’intervention du Président ne relève pas d’un discours de circonstance, mais bien d’une ligne politique structurée. Elle repose sur une lecture lucide des défis contemporains et sur une volonté affirmée de faire des Comores un acteur à part entière du dialogue international. Cette posture traduit une maturité diplomatique croissante et une capacité à inscrire les priorités nationales dans les grands enjeux globaux.

Sur le plan climatique, le Président a su porter avec force la réalité des États insulaires, notamment leur vulnérabilité face aux effets du dérèglement climatique. Mais au-delà du constat, il a proposé une orientation stratégique claire : transformer cette vulnérabilité en levier de développement. L’accent mis sur les énergies renouvelables et l’économie bleue traduit une vision moderne et proactive, en parfaite adéquation avec les exigences du développement durable. Cette approche démontre que les Comores ne se positionnent plus uniquement comme demandeurs d’aide, mais comme porteurs de solutions.

La question du numérique, quant à elle, est abordée avec une profondeur particulière. En insistant sur la nécessité de maîtriser les technologies, et non plus seulement d’y accéder, le Président pose les bases d’une véritable souveraineté numérique. Cette orientation est cruciale pour éviter une marginalisation accrue des pays du Sud dans l’économie mondiale. Elle ouvre également des perspectives importantes pour la jeunesse comorienne, en matière d’innovation, d’entrepreneuriat et de création de valeur.

L’appel à une industrialisation locale vient compléter cette vision en proposant une refondation du modèle économique. Il s’agit de sortir d’une logique de dépendance pour aller vers une économie de transformation, capable de générer des emplois et de valoriser les ressources nationales. Cette ambition est essentielle pour répondre aux défis sociaux, notamment celui de l’emploi des jeunes, et pour renforcer la résilience économique du pays.

La dimension sociale de cette dynamique n’est pas en reste. L’implication de Ambari Daroueche Azali, notamment à travers sa visite d’un centre d’autonomisation des femmes soutenu par Constancia Mangue Nguema Mbasogo, illustre une approche complémentaire du développement. Elle met en lumière l’importance du capital humain, du savoir-faire local et de l’inclusion des femmes dans les politiques publiques.

Par ailleurs, la question du financement du développement, abordée avec insistance par le Chef de l’État, constitue un enjeu fondamental. En plaidant pour des mécanismes plus justes et adaptés, il s’inscrit dans un combat politique essentiel pour l’ensemble des pays en développement. L’introduction d’outils comme l’indice de vulnérabilité multidimensionnelle représente une avancée potentielle vers une meilleure prise en compte des réalités spécifiques des États les plus fragiles.

Dans un contexte international tendu, marqué par des conflits persistants, l’appel à la paix et au dialogue renforce la crédibilité diplomatique des Comores. Il traduit un attachement aux principes du multilatéralisme et une volonté de promouvoir des solutions pacifiques aux crises internationales.

Surtout, il convient de souligner avec force que cette vision est pleinement soutenue par le RDDC, sous la conduite de Fakihi Mradabi. Le mouvement voit dans cette orientation une traduction concrète de ses engagements en faveur du renouveau, de la modernisation de l’État et de l’émergence économique des Comores. Ce soutien n’est pas simplement politique ; il est idéologique et stratégique, car il repose sur une convergence profonde de visions quant à l’avenir du pays.

Le sommet de Malabo apparaît ainsi comme un moment de consolidation, où la vision portée au sommet de l’État trouve un écho et un appui dans les forces politiques nationales engagées dans la dynamique du renouveau. Cette synergie entre leadership institutionnel et soutien politique constitue un atout majeur pour la mise en œuvre des réformes nécessaires.

En définitive, cette participation ne doit pas être perçue comme un simple exercice diplomatique, mais comme une étape significative dans la construction d’un projet national ambitieux. Le défi reste désormais celui de la concrétisation. Mais avec une vision claire, un leadership affirmé et le soutien d’acteurs politiques engagés comme le RDDC, les conditions semblent réunies pour faire de cette ambition une réalité tangible au service du développement des Comores.

Fakihi Mradabi

Président du RDDC

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