ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Inflation : Un taux de 18, 2%

Inflation : Un taux de 18, 2%

La flambée des prix restera  certainement parmi les faits marquants de l’année 2022.  L’explosion des prix  laissera surement un traumatisme aux consommateurs. L’Inseed a, dans son rapport, publié en ce mois de décembre, noté un taux d’inflation atteignant les 18%.

L’inflation bat son record. Avec 18,2% le taux d’inflation enregistré, jamais les Comores n’ont connu une telle tension inflationniste. Les prix des produits importés grimpent d’une manière exponentielle, tirant vers le haut  les produits locaux devenant des produits de luxe. Les comoriens vivent au rythme de l’inflation. Ce qui est sûr, le pays traverse l’une des crises les plus pires de son histoire avec une inflation galopante. L’argument selon laquelle, la guerre en Ukraine serait à l’origine convainc peu.  

Selon le rapport de l’institut national de la statistique des études économiques et démographiques (INSEED), l’indice harmonisé des prix à la consommation pour le mois de novembre a connu une hausse de 2,1% comparativement au mois d’octobre 2022. « Cette variation mensuelle résulte principalement par l’augmentation des prix des produits alimentaires boissons non alcoolisées (+ 1,4%), boissons alcoolisées et tabac (+2,9%), articles d’habillements et chaussures (+1,2%), meubles, articles de ménage et entretien courant de la maison ( +0,1%), logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles (10,1%),  loisirs et cultures (+3,1%), enseignement (0,1%) ainsi que santé (1,7%). La variation annuelle, c’est-à-dire l’indice de novembre 2022 comparé au mois de novembre 2021, l’indice des prix à la consommation a enregistré une augmentation de 18,2% », peut-on lire  dans ce rapport.

Les prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées ont affiché une variation mensuelle de +1,4%. Cette augmentation provient, selon l’Inseed, principalement de la hausse des prix des produits « paix et céréales » (+4,6%), « viandes » (+2,2%), « lait, fromage et œufs », (+1,7%), « huiles et graisses » (1,7%) et « légumes et tubercules » (+7,4%). Mais également à la hausse des autres produits. Au cours de l’année 2022, les principaux produits alimentaires se sont renchéris par rapport à l’année 2021 où le taux d’inflation est estimé à 0,1% en 2021 après 0,9% en 2020 et 3,7% en 2019.

KDBA

Malgré la descente sur le terrain  du service des prix et la forte présence des agents de la police et de la gendarmerie, les prix dernièrement homologués ne sont guère respect du moins, dans le marché de Volo-volo. Ici la spéculation bat son plein.  

Depuis lundi, les équipes du service du contrôle des prix  intensifient leur présence sur le terrain, aussi bien dans les magasins que sur les marchés de la capitale.  A Volo-volo les vendeurs des produits carnés font bondir les prix sans sourciller les yeux et en toute violation du dernier arrêté ministériel.  

A Volo volo la farine se vend à 1 250 kmf le kg contre 450 à 550 kmf/kg, le prix fixé par le gouvernement. La viande coûte 4 500 kmf contre 3 750 kmf/kg, du prix fixé. Une boite de sardine coûte 500 kmf contre 350 kmf, le prix fixé.

Une envolée des prix qui tire vers le haut les tarifs de produits locaux. « C’est normal que les prix des produits locaux bondissent à leur tour. Les jeunes ont abandonné les champs. L’agriculture n’est pratiquée que par nos grands-pères et nos grandes mères. Les jeunes ne veulent pas travailler. Ils traînent dans les places publiques. Leurs souhaits, c’est de partir en France », explique Maman Asma, vendeuse des légumes au marché de Volo volo.

Cette dame âgée de 45 ans endosse la responsabilité de cette situation à tout le monde. « Nous sommes nous-même  les responsables de cette crise. Dans les années passées, tout  le monde travaillait au champ. Maintenant ce n’est plus le cas, nos enfants poireautent dans les places publiques en attendent qu’on leur envoie des mandats à money Gram ou à Ria. Comment voulez-vous venir à bout de cette crise », souligne-t-elle.

Dans ce principal marché de la capitale, la hausse des prix ne concerne pas seulement les produits importés. Elle touche également les produits locaux.

Le kilo de tomates est à 3000 kmf. Les consommateurs tout comme les vendeurs crient. Selon eux, le respect des prix homologués par l’Etat ne peut pas être appliqué pendant que le pays ne produit rien.

« Nous avons vu que depuis lundi dernier les agents du service des prix viennent ici au marché pour nous sensibiliser sur le respect de l’arrêté ministériel mais cela n’est pas possible. Il faut tout d’abord commencer par la Douane avant de venir chez nous. On vend nos produits locaux pour acheter soit de la farine ou du riz ou encore de l’huile qui sont chèrement vendus. Je pense que le travail doit commencer depuis le sommet », précise t-elle.

Aucune arrestation ni fermeture d’un commerce

Asmahani Abdou, faisant ses courses à Volo-volo ne cache pas son désarroi suite au non-respect des prix homologués par l’Etat. Pour cette mère de famille, le service de contrôle des prix ne travaille pas comme il fallait.

« Ces vendeurs véreux devront être convoqués au commissariat de police et que leurs produits soient saisis pour non-respect des prix. Tout contrevenant doit répondre à ses actes au cas contraire, le pays restera dans la spéculation », a-t-elle pesté.

 « Le service de contrôle des prix doit veiller à ce que le consommateur ne soit pas léser. Le gouvernement a homologué les prix des denrées alimentaires, il faudrait que la décision  soit respectée sur le territoire national », a déclaré de son côté Asmahani Abdou.

Au-delà de la spéculation des prix, il se pose la question de la disponibilité des produits tels que les ailes de poulet, qui sont  introuvable dans le marché.

Kamal Said Abdou

La banque centrale des Comores enregistre une évolution de la masse monétaire de 5,3% au troisième trimestre de l’année 2022. Et c’est grâce à l’augmentation des actifs extérieurs nets renforcés au troisième trimestre, passant de 100,8 milliards en juin à 107,8 milliards de francs comoriens en septembre, soit une hausse de 6,9%. Toutefois, les échanges commerciaux ont chuté à -12,6%, suite à une baisse simultanée des importations et des exportations, précise le bulletin trimestriel de la Bcc.

Après la baisse enregistrée au deuxième trimestre 2022, la masse monétaire est repartie à la hausse au troisième trimestre, passant de 191,3 milliards à fin juin à 101,5 milliards à fin septembre. Cette augmentation est consécutive à la croissance à la fois des avoirs extérieurs nets (+6,9%) et du crédit intérieur (+4,4%).

Un glissement annuel de l’agrégat monétaire au sens large, a crû de 4,1% entre septembre 2021 et septembre 2022. Les actifs extérieurs nets renforcés au troisième trimestre passant de 100,8 milliards en juin à 107,8 milliards de francs comoriens en septembre.

« En effet, cette période de l’année qui coïncide avec les grandes vacances enregistre habituellement une augmentation des réserves de change avec l’arrivée aux Comores de la diaspora pour des visites familiales et la célébration du grand mariage. Ainsi, les avoirs extérieurs de la banque centrale sont passés de 124,5 milliards kmf en juin à 132,2 milliards kmf en septembre, soit une hausse de 6,1% », lit-on dans le dernier bulletin trimestriel.

Selon les chiffres publiés par la BCC, la croissance de la masse monétaire s’est reflétée de manière différente au niveau de ses composantes. Les moyens de paiement ont enregistré une hausse de 7,9% passant de 128,2 milliards kmf à fin juin à 138,2 milliards kmf à fin septembre.

« Cette croissance est beaucoup plus portée par la circulation fiduciaire représentant 28,2% de la masse monétaire et affichant une hausse de 17,8% par rapport à fin juin (48,2 milliards kmf à 56,7 milliards kmf) et, dans une moindre mesure, par les dépôts transférables qui ont augmenté de 1,8% (80 milliards kmf à 81,5 milliards kmf) sur la même période. Pour ce qui est de l’épargne liquide, représentant 31,4% de la masse monétaire, elle est restée quasiment stable au cours du troisième trimestre 2022, autour de 63,3 milliards kmf », avance le même bulletin.

S’agissant de la situation bancaire, les situations comptables des établissements de crédit affichent un bilan consolidé de 198,4 milliards kmf à fin septembre, en hausse de 5,3% par rapport à fin juin. « A l’actif, cette progression est principalement tirée par les crédits à la clientèle dont le niveau est passé de 109,4 milliards kmf à 115,9 milliards kmf entre juin et septembre, soit un rythme de croissance de 5,9%. Du côté du passif, la hausse du bilan est entre autres portée par la progression de 3,7% des dépôts des clients s’établissant à 160,4 milliards kmf à fin septembre contre 154,6 milliards kmf trois mois avant », précise-t-il.

Par secteur, l’augmentation des crédits à la clientèle provient des entreprises publiques et privées ainsi que des particuliers. En effet, les crédits aux entreprises publiques ont amorcé leur progression entamée depuis le début de l’année avec un rythme de croissance de 37,4% faisant passer la valeur de 10 milliards kmf à fin juin à 13,7 milliards kmf trois mois après. Pour leur part, avec une augmentation de 5,7%, les crédits octroyés aux entreprises privées se sont établis à 31,3 milliards kmf à fin septembre contre 29,6 milliards kmf à fin juin. « De même, les crédits bénéficiés par les particuliers ont atteint 66 milliards kmf à fin septembre après 64 milliards kmf trois mois avant, soit un accroissement de 3,2%. A l’inverse, les crédits accordés à l’administration publique ont baissé (-24,8%) en passant de 3,3 milliards kmf à fin juin à 2,5 milliards kmf trois mois après. Dans leur structure, les crédits à la clientèle sont dominés par ceux accordés aux particuliers et aux entreprises privées qui en ont bénéficié respectivement 57% et 27% sur la période », indique la BCC.

Pour les créances douteuses, la qualité du portefeuille de crédit s’est amélioré au troisième trimestre 2022 avec un taux de créances en souffrance de 15,9% à fin septembre contre 16,7% trois mois avant, soit un repli de 4,4 points de pourcentage. « Ce taux, provisionné à hauteur de 64% a fait passer le taux net des créances douteuses de 5,9% à 5,7% sur la période sous revue », précise le bulletin trimestriel.

Nassuf. M. Abdou

 

 

 

Certains épiciers ne respectant pas les prix homologué ont vu leurs commerces fermés par le service de contrôle lundi dernier. Mais les propriétaires de ces épiciers fermés contestent cette décision estimant que le service des prix manque de cible. Selon eux, le contrôle doit tout d’abord commencer chez les grossistes.

Les vendeurs en détail et les épiciers de la capitale estiment que l’opération de contrôle de prix est une chasse à la sorcière.

Les épiciers et vendeurs en détail montent au créneau après la fermeture de certains magasins et épiciers qui ne respectent pas les prix homologué par le ministère de l’économie. « Cette opération est illogique pendant que nous, vendeurs en détail, achetons chez les grossistes pour espérer avoir une petite bénéfice. Comment est ce possible que le contrôle vise juste les épiciers et vendeurs en détail ? », s’interroge  Said Ibrahim, vendeur en détail à Volo-volo. « Je pense que le service de contrôle des prix manque de cible. « Pendant que des sanctions sont prévues a celui qui ne respectent pas l’arrêté ministériel sur les prix, nous sommes obligés de vendre nos produits conformément à l’arrêté et c’est nous qui seront les victimes. Si nous continuons à appliquer ces prix, Je pense que d’ici peu de temps, certaines épiceries de la capitale baisseront les rideaux », poursuit-il.

Selon lui, avant qu’ils soient acheminés jusqu’au magasin, ces produits de première nécessité passent à la douane. « C’est à cause de la hausse de la douane que les prix sont en hausse. Toutes les mesures doivent commencer par la réduction des tarifs douaniers avant de nous attaquer. Je pense que nous devons être les derniers après avoir exercé  ce contrôle chez les grossistes  », avance t-il. Said Ibrahim a indiqué que le contrôle des prix en soit n’est pas mauvais mais la façon de mener cette opération n’est pas bonne. De leurs côtés, certains agents du service de contrôle des prix avouent que l’opération est malmenée. Sous couvert d’anonymat, un agent de ce service avance que les vendeurs en détail et les épiciers ne doivent pas être la cible.

Kamal Said Abdou

Après le riz ordinaire, les ailes de poulet, c’est autour  du Coca-Cola en bouteille de disparaître des étagères. Depuis  presque trois semaines, cette boisson très prisée dans cette période de chaleur est introuvable dans les épiceries de la capitale.

La fermeture par le fisc  pourrait être à l’origine de l’absence de cette boisson produite dans l’île d’Anjouan. D’ores et déjà la grogne monte chez les consommateurs déplorant l’opération coup de point du service des impôts  qui a abouti à la fermeture du  principal dépôt à  Moroni. « Depuis presque trois semaines, j’ai fais le tour de Moroni pour m’acheter une boisson Coca-Cola, en vain. On m’à dit que la société est fermée », se plaint Said Omar, un consommateur rencontré à Moroni.

Ce dernier estime que c’est l’économie du pays qui est menacée dans la mesure où le plus grand nombre des comoriens préfèrent le coca cola en bouteille plutôt que les autres boissons venant de l’Afrique du Sud ou Dubai. « Notre boisson est délicieuse, elle est aussi moins chère, 250kmf », souligne-t-il. La déception n’est seulement du côté des consommateurs, elle se lise également du côté des épiciers.

« Nos clients préfèrent accompagner les sandwich avec du coca-cola en bouteille. La raison est que cette boisson est bonne pour la santé. Donc c’est une perte pour nous », déplore un épicier de la capitale. Cet épicier a fait savoir qu’il enregistre moins de clients depuis presque trois semaines.

Il a avancé que la plupart des gens qui viennent dans son épicier achètent, soit du sandwich, soit du gâteau ou encore de kimo avec boisson. « C’est un coup dur pour nos clients potentiels de la société Coca-Cola. Il faut que le gouvernement prenne sa responsabilité pour le bien être de la population. La fermeture de cette société touche non seulement les salariés qui gagnent leurs vies mais encore pour les clients qui achètent ce produit pour revendre », dit-il.

Les épiciers souhaitent la réouverture dans un bref délai de la société Coca-Cola. Une société qui contribue à la croissance de l’économie du pays.

Kamal Said Abdou

Riz ordinaire : La spéculation bat son plein

Riz ordinaire : La spéculation bat son plein

Alors que le sac de riz est fixé à 9 000 francs comoriens et 9 400 francs comoriens, des grossistes et détaillants vendent le sac de riz à des prix élevés. Sur ce, le consommateur peine à se procurer d’un sac de riz au moment où un dépotage de plus de 70 conteneurs de riz a eu lieu il y a quelques jours. A Moroni, le prix d’un sac de riz varie entre 10 000 kmf et 11 000 kmf.

La pénurie de riz ordinaire dans les marchés est observée ainsi qu’une anarchie des prix. Les vendeurs grossistes et détaillants haussent le prix du riz. Les commerçants ne respectent pas les prix fixés par les autorités concernées. Cette flambée est un nouveau coup de massue pour les consommateurs fragilisés par la hausse des autres produits de première nécessité.

A Moroni le sac de riz de 25 kg se vend entre 10 000 kmf et 11 000 kmf. En dehors de Moroni, le sac de 25 kg varie entre 11 000 kmf et 12 000 kmf. Ibrahim Hadji, qui s’est rendu dans un magasin à Moroni Coulée pour achat d’un sac de riz, a eu le tournis. « J’ai demandé le prix d’un sac de riz, on m’a répondu qu’un sac coûte 11 000 kmf. Je lui ai demandé pourquoi ce prix pendant que le prix fixé est de 9 400 kmf. Soit tu achètes, soit tu laisses faire, m’a-t-il répondu », nous-a-t-il confié.

Le désordre règne actuellement et c’est le gouvernement qui en est responsable, selon Ibrahim Hadji. « C’est une hausse de trop. Nous avons pensé que des mesures d’accompagnement seront annoncées pour désamorcer la crise », indique-t-il. Sur les marchés, la tendance à la hausse du riz entamée il y a plusieurs mois, s’est poursuivi. D’autant plus que le prix du riz a connu une hausse les mois derniers. Les prix ont progressé et ont atteint leur niveau plus élevé. Impossible de dire à quoi ressemblent les prix du riz.

Nassuf. M. Abdou

 

L’inflation n’épargne pas les Comores avec une hausse des prix à la consommation. Les produits de base sont particulièrement concernés par le phénomène. Une forte inflation qui fragilise l’économie nationale. Et à moins de neuf jours de la nouvelle année 2023, l’inflation inquiète et peut rester forte en 2023. Pour l’heure, entreprises et consommateurs subissent de plein fouet une hausse des prix. L’année 2023 s’annonce fragile économiquement.

Jusqu’où ira l’inflation ? Cette hausse des prix qui plombe le pouvoir d’achat des comoriens préoccupe les entreprises quant à leurs activités. L’indice des prix à la consommation a augmenté de 10,6% au troisième trimestre 2022 sous l’effet entre autres de la hausse des prix des services des transports et du renchérissement des produits alimentaires, selon le dernier bulletin trimestriel de la banque centrale. L’inflation moyenne sur les neuf premiers mois de 2022 est ressortie à 10,4%. Cette évolution est imputable principalement à la hausse des prix des services de transports à +22,7%, du logement, gaz, eau, électricité et autres combustibles à +21,7% et du renchérissement des produits alimentaires à +9,7%.

Une flambée des prix des produits locaux

Le renchérissement des produits alimentaires et boissons non alcoolisées a concerné l’ensemble de ces denrées avec en particulier des hausses de 23,1% pour les poissons et fruit de mer, de 9,5% pour les viandes, de 9,2% pour les huiles et graisses et de 6,1% pour les pains et céréales. « Les prix des produits locaux ont connu une hausse de 15,1% en rythme trimestriel et de 18,3% en glissement annuel. Pour les produits importés, une augmentation des prix de 6,1% est observée en variation trimestrielle et une hausse des prix de 14,8% sur une année en lien principalement avec la hausse des prix des produits énergétiques et des denrées alimentaires », précise le bulletin du troisième trimestre de la Bcc.

Côté consommateurs, l’inquiétude est bien là et si nombre de comoriens font de leur mieux pour acheter des produits avec des prix exorbitants, ils savent que l’inflation continuera en 2023 et l’économie risque une récession. « 2022 reste une année néfaste. Nous avons souffert avec la hausse des prix. Nous terminons l’année avec une crise économique et hausse des prix, et débuter une nouvelle année avec les mêmes crises. L’année 2023 s’annonce difficile au niveau économique et financier. Si le pays a enregistré une croissance de 2,2% en 2021, une croissance en repli sera enregistrée en 2022 tout en sachant que la banque centrale a revu à la baisse ses estimations de croissance pour l’année 2022. Selon la Bcc, le PIB augmenterait de 1,8% contre une prévision initiale de 3,5% », a expliqué Mohamed Soidroudine, économiste.

Tout ça va augmenter en 2023

L’économie devrait plonger en 2023. « En réalité, le gouvernement doit passer à une contre-attaque. Puisque la hausse des prix nous a effrayés toute l’année. Nous avons vu tous les aliments s’envoler (+15%) pour les produits locaux et (+27%) pour les denrées alimentaires importées. Tout ça va augmenter en 2023. L’inflation moyenne va atteindre +14%. Notre pouvoir d’achat va augmenter. Les entreprises vont augmenter leurs tarifs l’an prochain », a-t-il avancé.

La situation reste fragile et présente un profil de risque dégradé, avec des perspectives de redressement encore très incertaines. Bien que l’économie comorienne soit orientée, la situation économique reste fragile. L’économie est confrontée à une forte inflation inédite. « Nous avons une inflation généralisée, qui n’a pas commencé avec la guerre en Ukraine. Nous avons vécu l’inflation en 2021. La hausse des prix amorcée en 2021 s’est poursuit très fortement en 2022. Que va-t-il se passer en 2023 », s’interroge M’madi Abdou, commerçant.

L’inflation a atteint son pic. Et la situation apparaîtra plus critique l’an prochain sur l’ensemble du pays. En comparaison annuelle, l’inflation s’est accélérée, au cours des six premiers mois de l’année, pour atteindre 11,4% en juin après 5,8% en mai 2022 et portant ainsi sa moyenne au cours de la première moitié de l’année 2022 à 7,3%. Face à l’inflation qui ne cesse de s’amplifier et en vue d’assurer les conditions d’un retour rapide à la normale de stabilité des prix, le gouvernement comorien s’était engagé à subventionner les opérateurs économiques. Mais le pays continue toujours à s’effondrer et est marqué profondément par les séquelles de la guerre en Ukraine, à travers notamment la persistance du renchérissement des produits alimentaires, ainsi que des perturbations des chaines d’approvisionnement. Ces évolutions poussent par conséquent l’inflation vers des niveaux exceptionnellement élevés.

Inflation dans une pénurie alimentaire

L’économie continue de pâtir de cet environnement défavorable et des répercussions d’une crise alimentaire, avec une forte accélération de l’inflation. Les prix s’envolent, les produits y manquent. Au marché, les consommateurs ont beau chercher, il manque des produits dont les ailes de poulet. Dans des supermarchés, les rayons s’appauvrissent en gamme. La crise n’est pas apparemment finie. Alors que les ailes du poulet sont un produit au sommet ou de base, cette crise démontre la fragilité du système commercial. La politique du gouvernement est mise en question.

KDBA

Les Etats-Unis et l’Afrique se sont réunis du 13 au 15 décembre 2022 pour la reconfiguration de la coopération. Durant trois jours, le sommet s’était basé sur la bonne gouvernance, la démocratie, la sécurité alimentaire, les investissements. Cette réunion de haut niveau s’est achevée sur une pluie d’annonces. En effet, mardi dernier, le sous-secrétaire d’Etat des Etats-Unis chargé de la croissance économique, de l’énergie et de l’environnement, Joe W. Fernandez, dans une conférence de presse numérique, a intervenu sur les résultats du forum des dirigeants Etats-Unis-Afrique.

2,5 milliards de dollars pour la lutte contre l’insécurité alimentaire en Afrique, 75 millions de dollars pour renforcer les institutions démocratiques, 100 millions de dollars en assistance sécuritaire. Avec l’annonce de ces fonds destinés à l’Afrique, les Etats-Unis entendent apporter un soutien au maintien de la paix et la sécurité, à la bonne gouvernance ou encore aux droits humains sur un continent où nombreux pays sont critiqués d’insécurité sociale, de mauvaise gouvernance.

L’engagement américain dans le développement de l’Afrique

Selon le sous-secrétaire d’Etat des Etats-Unis chargé de la croissance économique, de l’énergie et de l’environnement, Joe W. Fernandez, il s’agit d’une assistance qui devrait s’appuyer sur l’engagement des États-Unis – un engagement de longue date – dans le développement, la croissance économique, la santé et la sécurité en Afrique au cours des trois dernières décennies, mais elle vise également à tirer parti du meilleur de l’Amérique que « nous avons à offrir : notre société civile, notre secteur privé, nos institutions gouvernementales, afin de s’associer aux pays africains pour relever les défis et les opportunités d’aujourd’hui.  Et que, encore une fois, il est essentiel de créer une base pour poursuivre la croissance. » 

« En collaboration avec le congrès, nous avons annoncé des plans pour engager au moins 55 milliards de dollars en Afrique au cours des trois prochaines années dans un large éventail de secteurs pour relever les principaux défis de notre époque.  Ils concernent un large éventail de secteurs qui reflètent notre intérêt commun et nos partenariats renouvelés – des secteurs tels que la sécurité alimentaire, la santé, le climat, le commerce et l’investissement, la croissance économique, mais aussi l’éducation, la paix et la sécurité, et la démocratie », a expliqué Joe W. Fernandez.

« En ce qui concerne l’investissement de 55 milliards de dollars, comme je l’ai dit nous avons annoncé des plans pour engager au moins 55 milliards en Afrique au cours des trois prochaines années, et nous allons travailler sur un certain nombre de questions de commerce, investissement, énergie.  Il y a beaucoup de choses que nous pourrions faire dans le cadre de « Power Africa » qui, selon nous, existent et pour lesquelles nous avons l’intention d’utiliser une partie de ces fonds. En ce qui concerne la lutte contre les investissements malveillants, ce ne peut être que positif.  Notre Congrès nous a fourni des fonds et est très intéressé à s’assurer que nous promouvons des investissements qui sont transparents, créent des emplois, respectent les normes environnementales les plus élevées.  Et donc je pense que c’est une opportunité. », a-t-il ajouté. 

1,9 milliard de dollars d’aide à la sécurité alimentaire pour l’Afrique

Quant aux flux financiers illicites, selon lui, il y a un certain nombre de programmes que Washington continue à travailler sur ces questions.  Mais les USA travaillent sur l’aspect positif de la question. « J’entends votre question sur le fait que les relations historiques entre les États-Unis et l’Afrique sont davantage liées à l’aide humanitaire, mais nos entreprises sont impliquées en Afrique depuis des décennies, et beaucoup d’entre elles ont obtenu d’excellents résultats dans plusieurs secteurs : consommateurs, mines, etc.  Et aussi, alors que nous parlons des relations entre les États-Unis et l’Afrique, n’oublions pas quelque chose dont nous sommes très fiers, c’est notre programme PEPFAR, un programme qui, à ce jour, est considéré par beaucoup comme le programme de lutte contre le Sida le plus réussi de tous les temps.  C’est un programme qui, aujourd’hui, a permis à plus de 5 millions de bébés de naître sans être infectés par le VIH.  Nous avons plus de 20 millions de femmes, d’hommes et d’enfants qui bénéficient de traitements qui leur sauvent la vie.  C’est quelque chose dont nous sommes très fiers, et c’est  un programme que nous allons poursuivre parce que la santé, comme nous l’avons découvert avec la pandémie de covid-19, est quelque chose que nous devons poursuivre et c’est une exigence, c’est une base pour la croissance », a indiqué Joe W. Fernandez. 

L’année dernière, les États-Unis ont engagé plus de 11 milliards de dollars, pour répondre à la sécurité alimentaire mondiale.  Au cours des trois prochaines années, Les USA travailleront avec le congrès pour fournir 1,9 milliard de dollars d’aide à la sécurité alimentaire pour l’Afrique afin d’aider les pays africains à atténuer les effets de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition croissante, notamment en raison de la guerre illégale et brutale de la Russie en Ukraine. 

KDBA

 

La direction générale des impôts et domaines a lancé officiellement hier la campagne de sensibilisation de paiement des vignettes et taxes diesel pour 2023. Devant la presse hier, Hamadi Mohamed Soighir, directeur général de l’Agid a annoncé que la sensibilisation va jusqu’au 2 janvier 2023.

Contrairement aux années précédentes, les impôts et taxes diesel sont payables depuis le 2 janvier jusqu’au 28 février 2023, annonce la direction générale des impôts. Cela est en raison de la nouvelle législation notamment le nouveau code des impôts. « Nous avons lancé aujourd’hui la campagne pour  sensibiliser tous les contribuables, notamment les propriétaires des voitures. Cette campagne va jusqu’au 2 janvier prochain. Chaque contribuable a l’obligation de liquider son droit. En cas de non respect du délai imposé par la loi, une majoration sera appliquée. Et nous ne voulons pas en venir à ce stade, nous souhaitons que tous les contribuables honorerons leurs engagements », a déclaré le directeur général de l’Agid avant de faire savoir que le paiement des impôts et taxes diesel peut se faire aussi au niveau des services régionaux de l’Agid.

A en croire le directeur général des impôts, c’est une manière de faciliter les contribuables dans le paiement de leurs droits. Au cours de sa déclaration, Ahamadi Mohamed Soighir a rappelé que l’année dernière, certains impôts n’ont pas été prélevés. Raison pour la quelle les vignettes de l’année 2023 porterons 2022 mais dans le reçu du paiement sera mentionné l’année 2023, selon le directeur général de l’Agid. Et lui de faire croire que le développement du pays est conditionné par la liquidation pour chaque citoyen de son obligation. « Je pense que chaque contribuable doit se sentir fier après avoir honoré son obligation », a-t-il conclu.

Kamal Said Abdou

Finances : Des acquis importants enregistrés en 2022

Finances : Des acquis importants enregistrés en 2022

Alors que l’année 2022 touche à sa fin, le ministre des finances, du budget et du secteur bancaire, Mzé Abdou Mohamed Chanfiou, a publié le rapport financier de cette année 2022. Des acquis importants sont enregistrés dans ce même rapport. L’argentier de l’Etat a misé sur la réorganisation du système fiscal en luttant également contre la corruption devant permettre le pays à atteindre les objectifs qu’il s’est fixé.

Dans le rapport financier de l’année 2022, le ministre des finances, Mzé Abdou Mohamed Chanfiou laisse entendre auprès de la FMI en dépit de la corruption qui entache le système de la fiscalité. « Sur le programme SMP négocié avec le FMI, sur un ensemble de 16 critères quantitatifs et structurels, 15 ont été jugés satisfaisants. Il reste à améliorer le repère anti-corruption qui butte sur des considérations mineures alors que les grands principes de la lutte anti-corruption, un consensus s’est dégagé », peut-on lire sur le rapport du ministère des finances. Sur ce, tient en considération la réorganisation du système fiscal pour lutter contre l’évasion fiscal qui échappe, dit-il, à certaines autorités et sociétés d’Etat. « Sur la base des importations 2021et 2022 en matière de fiscalité intérieure ainsi que des rapports établis par nos partenaires, il parait clairement que le gisement fiscal important échappe aux autorités en particulier les taxes de consommation. Une nouvelle direction des impôts qui tranche avec les errements de l’AGID est mise en place », ajoute le rapport.

Parmi les acquis enregistrés pour cette année en matière de croissance économique, il y a entre autres, la réorganisation du ministère des finances, dans le but de pouvoir répondre aux nouveaux défis du secteur économique et financier, la préparation d’un nouveau programme FEC avec l’appui financier du FMI ainsi que la renégociation des dettes non concessionnelles. « La dette TDB pour le financement de l’hôpital El-Marouf est une dette non concessionnelle qui plombe notre dette extérieure. La dette de la BAD reste non concessionnelle mais non-honorée. Après plusieurs négociations, un consensus a été trouvé pour rendre ces dettes concessionnelles et supportables pour notre pays », indique le rapport.

Nassuf. M. Abdou