ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

L’Exim Bank  Comores s’est à nouveau distinguée en recevant pour la deuxième fois consécutive le prix de la meilleure banque de l’année. Un prix décerné par le magazine anglais the Banker, une revue spécialisée du Financial times sur les performances du monde bancaire.  

Pour la deuxième année consécutive, Exim Bank Comores reçoit le prix de la meilleure banque de la place, décerné par le magazine anglais The Banker, une revue spécialisée dans le monde bancaire. Cette banque qui  ne compte que 20 ans d’activité aux Comores est distinguée par son dynamisme et sa forte présence dans la région notamment à Djibouti, Tanzanie et Ouganda.   

Ce prix n’est pas le fruit du hasard à en croire Exim Bank Comores selon qui « cette distinction récompense la solidarité financière et l’adaptation des offres de la banque aux attentes de la clientèle. Elle constitue également l’aboutissement d’une politique reposant sur une amélioration continue des services proposés par nos agences réparties sur l’ensemble du territoire ».

Et de poursuivre : « nous remercions nos clients pour la confiance renouvelée. Nous nous félicitons de cette distinction qui témoigne ainsi de l’engagement sans faille de l’ensemble de notre personnel et de sa capacité à proposer des services innovants sur le marché bancaire ».

D’après The Banker, Exim Bank continue de reconstruire régulièrement ses finances après avoir renoué avec les bénéfices en 2019 (après avoir enregistré une perte en raison de la mise en œuvre du provisionnement IFRS 9 l’année précédente), affichant sa troisième augmentation annuelle consécutive des bénéfices nets.

Selon toujours le magazine, les fonds propres de catégorie 1 et les actifs augmentent de 30,6 % et 18 %, respectivement. Alors que le coefficient d’exploitation s’est détérioré, passant de 53,7 % à 59,4 %, les prêts non productifs ont continué à diminuer.

« Au cours de la période sous revue, Exim Bank Comores a investi 1,8 million de dollars dans la filiale ougandaise du groupe bancaire via un plan de participation au capital. Le groupe est entré en Ouganda en 2016, en acquérant la participation majoritaire du gouvernement ougandais dans Imperial Bank Uganda avant de la rebaptiser Exim Bank Uganda », a indiqué The Banker.

Et d’ajouter : « de retour aux Comores, la banque a dévoilé son application My Exim, permettant aux clients de consulter le solde de leurs comptes en temps réel, de télécharger des relevés et d’accéder aux détails de leurs comptes. La banque est en passe de devenir la première banque commerciale du pays à fournir une solution de paiement électronique des taxes, permettant aux clients et aux agences de dédouanement d’effectuer des paiements de droits de douane en ligne via un portail électronique de taxes. »

Exim Bank continue également à affiner son activité de transfert de fonds, leader sur le marché, en fournissant un service rapide et fiable qui a amélioré l’expérience du client et a permis à la banque de gagner de nouveaux clients, à en croire le magazine.

KDBA

Le secteur avicole est devenu un refuge pour plusieurs jeunes entrepreneurs. Nombreux sont ceux qui affluent vers ce secteur où l’accompagnement de l’Etat est quasiment inexistant. Mais avec peu de moyen, les aviculteurs arrivent à développer leurs activités. Rouchdi Affane, un entrepreneur de son Etat, s’est lancé dans l’aviculture. Il y a un an, il s’est installé à Nioumadzaha Bambao. Dans un entretien exclusif  à Al-fajr, cet aviculteur a évoqué son expérience et les démarches poursuivies pour démarrer son activité. Selon lui, sa ferme avicole peut produire 2000 à 2100 poules par jour. Son ambition est d’élargir l’activité d’élevage. Interview.

Qu’est-ce qui vous a motivé à investir dans l’aviculture ?

J’ai passé ma vie en France dans le domaine de l’élevage en tant que technicien en aviculture. J’ai eu une formation de technicien vétérinaire. Je suis retourné aux Comores pour m’investir. Ma passion est toujours l’élevage. Donc, j’ai fondé une entreprise d’élevage, à Anjouan, après avoir obtenu l’appui de la banque de développement. A l’époque du séparatisme à Anjouan, tout était saccagé et détruit. J’ai pris la fuite pour l’île de Mayotte où j’ai reçu une subvention du gouvernement français et j’ai créé une entreprise de 2004 à 2016. En 2016, j’ai repris mes activités à Anjouan pour l’entreprise la Stafer, qui employé deux salariés. Finalement, j’ai vécu une expérience en aviculture.

Pourquoi avez-vous choisi de vous installer à Nioumadzaha Bambao ?

Depuis un an, j’ai décidé de m’investir à Ngazidja parce que le secteur de l’aviculture est promoteur, car dans l’île, la demande est très forte. Il y a également moins de problèmes administratifs par rapport à Anjouan. En plus, je voudrais rester tout près des autorités gouvernementales. J’ai donc choisi la ville de Nioumadzaha Bambao puisque mon grand frère possède un terrain inexploité et une source d’eau à proximité. Le choix de la ville c’est fait par sa proximité avec la capitale, Moroni.

Pouvez-vous nous dire comment fonctionne votre entreprise. Quelle est la capacité de production de cette ferme ?

Normalement, je possède deux salariés qui y travaillent durement. J’ai investi de mes fonds propres. L’élevage n’est pas un métier de bricolage. Il faut une maitrise sur l’approvisionnement de la provende. Les personnes qui importent de la provende doivent faire en sorte de réduire le délai de livraison car s’elle passe deux mois dans la mer, elle sera périmée. L’élevage a toujours des problèmes. Il faut un plan de profilexie. Techniquement, les trois premières semaines, les poussins ont besoin de l’électricité continue pour être chauffé. Je chauffe mes poussins à partir du charbon. Après les premières semaines, ils n’ont pas besoin de chauffage. Cependant, mon entreprise possède 2400 pondeuses. Je ramasse  2000 à 2100 poules par jour. Statistiquement, les comoriens consomment 11 à 12 œufs par habitat et par an. L’année prochaine, espérons que le taux de consommation s’élèvera au nombre de 15.

Vous n’avez pas peur de la concurrence des autres aviculteurs ?

Réellement, j’admets que je ne peux pas avancer les choses, moi seul. J’ai besoin d’être concurrencé par un nombre d’éleveurs comoriens pour assurer une quantité suffisante de production et d’alimentation. Mon intention c’est d’aller de l’avant. Mais, il faut admettre que le pays, le manque de compétence dans le domaine de l’élevage des poules se fait sentir. Pour répondre à votre question, je n’ai pas peur de la concurrence. Par contre, les autorités gouvernementales et les institutions qui financent les projets d’élevage doivent vérifier les capacités des éleveurs puisque le pays a besoin des hommes compétents et dévoués pour nourrir le peuple comorien. Et les comoriens préfèrent consommer locale. Les importations des poulets détruisent la production locale. Les poulets passent des jours en mer et peuvent être détériorés avant d’arriver aux Comores. Nous devons encourager la production et la consommation locale.

Propos recueillis par Abdoulandhum Ahamada

 

Ailes de poulet : La crise s’accentue

Ailes de poulet : La crise s’accentue

Les cinq conteneurs d’ailes de poulet arrivés aux Comores la semaine dernière n’ont pas suffi à mettre fin à la crise. En cette période des festivités de grand mariage, l’on constate un flux de demande malgré la quantité insuffisante importée. Se procurer de la volaille en ce temps-ci devient un véritable parcours d’obstacle pour le citoyen.

Les cinq conteneurs récemment arrivés pour pallier le manque de ce produit se sont avérés rapidement insuffisants. En cette période des festivités de grand mariage, la demande est nettement supérieure à l’offre. « C’est normal que la crise du poulet persiste encore. La demande a fortement augmenté à cause des cérémonies culturelles. Toutefois, il faut limiter l’achat. Une seule personne ne peut pas acheter plus six cartons d’ailes de poulet pendant que les autres n’en ont pas trouvé un », peste Mohamed Soilihi devant des vendeurs en détail au marché  Volo-volo.

Celui-ci qui est venu faire ses courses dans ce principal marché de la capitale souligne que le pays est en période de crise et qu’il fallait faire en sorte à ce que chacun puisse repartir avec ne serait-ce que quelque chose à se mettre sous les dents.

« Ce n’est pas normal que les vendeurs en détail, eux aussi se laissent aller dans le favoritisme en ne vendant qu’à des connaissances », a-t-il ajouté.

Et de poursuivre : « nous sommes tous dans le besoin et nous sommes tous des comoriens pourquoi vendre les ailes de poulet à des personnes spécifiques. C’est de la mauvaise foi de leur part ».

Les vendeurs, quant à eux réfutent ces assertions. « Certes la demande à augmenter mais nous ne vendons pas seulement à nos clients fidèles », se défend Saindou Assoumani, vendeur des ailes de poulet à Volo-volo. « C’est faux, on accepte de vendre 5 à 10 cartons d’ailes à une seule personne. Nous sommes conscients que la quantité de ce produit arrivé au pays est insuffisante. Nous faisons en sorte que tout le monde puisse acheter avec le prix homologué par le gouvernement », conclu t-il.

Kamal Said Abdou

Après les membres du gouvernement, les élus. Au tour du secteur privé de recevoir les vœux du nouvel an. Une occasion pour la présidente de la nouvelle Opaco, Sitti Djaouharia Chihabiddine d’apprécier les progrès enregistrés par le pays en terme de croissance économique. Reconnaissant, les mesures prises par le gouvernement pour soutenir le secteur, la patronne de la nouvel Opaco juge toutefois que ces mesures sont insuffisantes et que le gouvernement pourrait mieux faire.

Dans son intervention, au nom du secteur privé, la présidente de la nouvelle Opaco salue le progrès enregistré par le pays en termes de taux de croissance économique qui est de 3,5% contre 2,4% en 2021.

Elle reconnait par ailleurs que le pays continu à subir les bouleversements nés de la Covid-19 et amplifiés par la guerre dans le domaine des approvisionnements caractérisé, notamment par des pénuries incessantes des produits de première nécessité sur le marché comorien, dit-elle. « Des mesures que nous saluons ont été prises pour apporter des réponses, telles que l’achat d’un bateau et la mise en place de la ligne de garantie de 5 500 millions pour accompagner les importateurs à inonder le marché. Ces mesures n’ont pas été suffisantes pour pérenniser les résultats », a-t-elle concédé.

Avant de poursuivre : « tout d’abord, le bateau acheté ne répond pas complètement aux besoins exprimés à savoir disposé d’un bateau capable de transporter des conteneurs des ports régionaux de transit ».

Pour l’inflation galopante, la patronne de Vaniacom Sarl reste convaincue qu’il existe des solutions  pour circonscrire la hausse généralisée des prix. A l’en croire, les autorités devait agir sur les taxes et coûts internes en ce qui concerne les produits de première nécessité.

« Il est vrai que nous faisons face à un dilemme, concilier l’augmentation des recettes de l’Etat et l’atténuation  de la hausse des prix des produits. Nous croyons fermement que la baisse des taxes diverses et faux frais internes imposés par l’autorité portuaire, l’allégement des frais de manutention de Moroni Terminal et la suppression des frais liés au scanner ainsi que la réduction des frais exorbitants de l’Inrape, pourraient maintenir les prix à un niveau acceptable », a-t- elle préconisé.

En termes des textes réglementaires, la patronne des patrons de la place admet que le pays n’est pas mal servi, l’application fait par contre défaut.

 « Notre pays n’a pas à rougir de ses textes législatifs et réglementaires qui régissent l’environnement des affaires. Toutefois, ils souffrent des défaillances dans leur application et créent un manque de prévisibilité nécessaire aux opérateurs économiques », a-t-elle reconnu.

Et de poursuivre : « nous avons un pays reconnu pour sa paix et sa stabilité. Mais, l’opérateur économique peut voir sa vie basculer en si peu de temps sans être sûr de pouvoir user de garanties que lui confèrent les lois et règlements. Une situation qui fait peur aux investisseurs locaux et étrangers ».

Le dialogue public-privé, un outil vertueux

La nouvelle Opaco mise sur le dialogue public-privé puisque, selon elle, ce dialogue permettra de débattre des questions importantes du pays portées par les organisations patronales, Opaco, Modec, Synaco et Ankiba, l’Uccia et les chambres insulaires. « C’est en effet ce cadre de partenariat entre le public et le privé qui permettra d’approfondir les sujets et thèmes importants de l’émergence économique de notre pays. Tout le secteur privé accompagne le réseau des chambres de commerce pour trouver des solutions sur la souveraineté alimentaire, la sécurité de nos approvisionnements avec une approche régionale intégrant les ports de Dar es salam, Mtwara, et Longoni, la mutualisation des commandes avec le STC à Maurice, l’amélioration des infrastructures commerciales comme les entreprises sous douanes, la gestion des infrastructures des ports inter-îles et la gestion des espaces commerciales à l’aéroport », a-t-elle conclu.

Abdoulandhum Ahamada

En cette période d’inflation galopante, le pétrole lampant est considéré comme le moyen le moins coûteux. Malgré que la population peine à en acheter. Chaque jour, les stations-services sont prises d’assaut par les bidons. Le pétrole lampant se vend au prix d’or.

Malgré la distribution régulière des produits pétroliers par Comores Hydrocarbures, les lieux de vente de ce produit est prix d’assaut par des jerricanes. Le prix de litre ne cesse de grimper chez les revendeurs en détail.

Ce qui multiplie la raréfaction de ce produit dans cette période de crise économique. « C’est normal que le prix de litre soit grimpé. On passe des heures pour pouvoir acheter un bidon de 5 litres. On ne peut pas perdre tout notre temps devant la station et aller vendre le litre à bas prix », indique Maman Zaharia. A un moment où le  gaz est aussi rattrapé par la hausse des prix, plusieurs ménages préfèrent le pétrole lampant par son prix bas.

Quant à Ahmed Abdallah, revendeur de pétrole lampant « la demande a augmenté sans que la quantité la suit. Les comoriens aiment la panique. On trouve une personne avec 2 à 3 bidons de 20 litres. Et si nous continuons à leur fournir les litres demandés, d’autres clients n’en auront pas. On est obligé de leur dire qu’il y a une rupture de stock  », a-t-il fait savoir.

Et Maman Zaharia de répliquer. « Ils ne vendent le pétrole qu’à leurs fidèles clients avant que ces dernières revendent dans nos villes et villages à un prix exorbitant. Ce qui ne correspond pas aux prix fixés. Je pense que les responsables de la société Comores Hydrocarbures doivent mener une enquête. Si cela continue, la pénurie du pétrole lampant persistera ».

Kamal Said Abdou

Aussitôt arrivées, c’est la course poursuite pour en avoir au moins un carton des ailes de poulet. A Malouzine où un importateur avait un conteneur, à peine la nouvelle rependue le lieu était aussitôt pris d’assaut par la population. Les plus chanceux partiront avec des cartons pendant que les autres retourneront bredouilles. La quantité faible des ailes fera monter très vite les enchères. Au magasin, le carton se vend à 12 000fc. Il sera revendu par la suite à 14 000fc, 15 000fc voir 15 500fc. 

Après presque un mois de pénurie, cinq conteneurs de poulet ont débarqués lundi dernier au port de Moroni.

Aussitôt transportés à l’importateur et ce dernier de se trouver en rupture du produit. Il faut préciser que la quantité importée était nettement insuffisante pour un produit très demandé par la population.

« Je suis venue acheter des ailes de  poulet. Mais à ma grande surprise, j’apprends que la quantité commandée est d’ores et déjà épuisée. Mais le pire, ce que certains ne s’en prive pas de profiter l’occasion pour spéculer en revendant aux plus offrants. Alors que le carton se vendait à 12 000fc au magasin », regrette Maman Allaouia.

Si au magasin, le carton se vendait à 12 000 fc au magasin, les revendeurs eux le vendent à 14 000, 15 000, voir 15 500fc.

Selon elle, la quantité importée est insuffisante pendant que le pays maque de tout. Il faut noter que les ailes se sont progressivement imposés comme étant un aliment de base pour les comoriens. Par ailleurs les prix ont augmenté et ont atteint leur niveau le plus élevé. « Nous assistons à une anarchie des prix. Chacun fixe le de son produit à son propre gré, sans aucun contrôle. Et la crise poursuit son cours. Une situation qui ne favorise pas les vendeurs de brochettes et la population en général », a-t-elle avancé.  

Nassuf. M. Abdou

 

Alors que le pays est frappé de plein fouet par une pénurie d’ailes de poulet ces derniers mois, des opérateurs économiques ont importés 5 conteneurs et sont arrivés hier au port de Moroni. Un ouf de soulagement malgré son insuffisance. D’aucuns estimaient qu’avec 5 milliards de francs comoriens mis sur la table par le gouvernement sous forme de prêt, le pays ne vivra pas aussi une pénurie d’ailes de poulet. Hélas !

Les conséquences de la pénurie des ailes de poulet se font déjà sentir. Mais l’arrivée de cinq conteneurs au port de Moroni donne au bol d’air aux consommateurs. L’année 2023 s’annonce d’ores et déjà  meilleure. L’absence de cette viande avait provoqué la spéculation des prix pour les importateurs qui en avaient en stockage.

A l’heure actuel, l’on ignore quel sera le prix d’un kilo celui d’un carton. Au grand dam des revendeurs. « Cinq conteneurs de poulet c’est insuffisant pour les Comores surtout que nous traversons une pénurie et que ce produit est très prisé. Le manque d’approvisionnement des ailes de poulet affaiblit nos activités. Si les importateurs réussissent à faire venir d’autres cargaisons, le prix sera certainement revu à la baisse. Pour finir, c’est une bonne nouvelle car les ailes de poulet sont rares et que les prix sont élevés », a expliqué Charif ben Ilias, vendeur des produits carnés.

KDBA

Dans son discours annuel sur l’état de la nation, le locataire de Beit salam est revenu sur le plan économique et financier. Et selon lui, des réformes majeures  sont menées dans le secteur de l’économie  afin d’améliorer l’environnement des affaires  et promouvoir l’intégration régionale et la compétitivité de l’économie nationale.

« Les réformes en cours  dans le secteur des finances publiques vont significativement contribuer  à accroitre le niveau du financement du plan Comores émergentes  et en diversifier les sources », a déclaré le président Azali Assoumani.

Alors que l’évolution des conditions macroéconomiques ne fait pas ressortir de risques majeurs pouvant menacer la stabilité financière, mais les vulnérabilités découlant de l’environnement interne et externe appellent à la vigilance et continuent de faire l’objet d’une surveillance rapprochée. « Nous avons engagé des actions d’envergure,  pour garantir la stabilité bancaire et financière ainsi que l’épargne,  notamment celui des petites et moyennes entreprises,  la dynamique de financement de l’économie,  l’accroissement du taux de bancarisation de la population et  la préservation de l’emploi », a indiqué le chef de l’Etat comorien.

Et de préciser que « c’est ainsi  que la Snspf a été restructurée,  en vue de séparer les activités bancaires et postales  en créant deux entités, la banque postale et la poste. Une mobilisation de financements conséquents  a été faite par le gouvernement,  en vue d’atteindre les objectifs fixés. Avec la BFC,  le gouvernement a fait le choix  d’ouvrir le capital de la banque à un partenaire bancaire africain, la BOA,  filiale du groupe banque marocaine du commerce extérieur,  avec 66% du capital et 34% pour l’Etat. »

Concernant la dette publique comorienne,  il a été décidé,  de créer un marché de titres de dettes publiques. Cette réforme fondamentale va offrir aux banques et aux particuliers  un nouvel instrument de placement et à l’État  une diversification des financements du développement. « Notre pays  qui est passé de la catégorie de pays les moins avancés à celle du groupe des pays à revenus intermédiaires,  a fait le choix d’engager de nouvelles réformes,  soutenues par le FMI et la banque mondiale,  pour stimuler les sources de croissance,  renforcer la performance des entreprises publiques,  consolider le secteur financier  et améliorer la gouvernance », a rappelé le président Azali Assoumani.

Ce dernier a évoqué la mise en place des réformes fondamentales,  pour assurer les équilibres des marges budgétaires,  financer les dépenses sociales et les infrastructures,  renforcer la viabilité de la dette,  maitriser les dépenses publiques et,  à terme,  accroître la résilience des Comores  aux catastrophes naturelles.

KDBA

 

Sur un an, selon le rapport de l’institut national de la statistique des études économiques et démographiques (INSEED), l’indice des prix à la consommation a enregistré une augmentation de 18,2%. Cette hausse de l’inflation est due à l’accélération des prix des produits alimentaires, boissons non alcoolisées, boissons alcoolisées et tabac, articles d’habillements et chaussures, meubles, articles de ménage et entretien courant de la maison , logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles,  loisirs et cultures, enseignement ainsi que santé. L’année 2022 est marquée également par la pénurie des produits alimentaires et carnés.

L’inflation a atteint son pic. Sur un mois, les prix à la consommation ont augmenté de 2,1% en novembre. Ce niveau élevé d’inflation rythme le quotidien des comoriens. L’inflation s’est accélérée, au cours des six premiers mois de l’année, pour atteindre 11,4% en juin après 5,8% en mai 2022 et portant ainsi sa moyenne au cours de la première moitié de l’année 2022 à 7,3%. Dans sa note de conjoncture du premier semestre 2022, la banque centrale des Comores a noté une hausse d’inflation.

« En juin 2022, l’indice des prix à la consommation a enregistré une hausse mensuelle imputable principalement à la hausse des prix des services de logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles (+31,9%) et transports (+28,7%), suite à l’augmentation des prix des produits pétroliers en fin mai 2022. L’augmentation des prix des services de logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles s’explique essentiellement par la hausse du prix de l’électricité (+51,9%) et des combustibles comme le pétrole lampant (+40%). Pour ce qui est des services de transports, la principale hausse observée a concerné le transport routier interurbain (+50%). Parallèlement, les prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisés (notamment les poissons et fruits de mer), des meubles, articles de ménages et entretien courant du foyer ainsi que des services d’hôtellerie et restauration ont augmenté respectivement de 1,8% ; 6,8% et 6,6% par rapport au mois de mai 2022 en conséquence des hausses de l’électricité et des transports », a noté la banque centrale au premier semestre 2022.

Cette augmentation tire son origine de la hausse des prix des produits importés (+8,5%) notamment les produits pétroliers et les produits alimentaires (les céréales, les huiles et graisses, etc) en raison de la hausse des cours mondiaux des produits énergétiques et des denrées alimentaires dont le principal facteur est la guerre en Ukraine.

Dans le même sillage, les produits locaux ont enregistré une hausse de 7,1% tiré essentiellement par la hausse observée au mois de juin au niveau de l’électricité, des services de transports et des poissons et fruits de mer.

En effet, l’Inseed a publié son rapport et a noté une inflation de 18,2% l’année entière contre 10,6%, l’estimation de la banque centrale dans sa note de conjoncture du premier semestre de l’année dernière. Au cours de l’année 2022, les principaux produits alimentaires se sont renchéris par rapport à l’année 2021 où le taux d’inflation est estimé à 0,1% en 2021 après 0,9% en 2020 et 3,7% en 2019.

Pénurie des produits alimentaires

La hausse des prix rogne le pouvoir d’achat de la population. La pénurie des produits alimentaires et les produits carnés ont suscité un climat de psychose. Ce contexte de mal-vivre teinté de grande anxiété pour les citoyens lambda n’est pas de nature à favoriser le développement socio-économique dont ils ont besoin aujourd’hui. Comment faire preuve de résilience, de détermination et d’engagement face aux défis sécuritaires dans un climat de famine ?

Une enveloppe de 5 milliards de francs comoriens aux opérateurs économiques pour  importer des produits alimentaires, n’a pas su résolu la crise. Si les produits alimentaires n’ont jusqu’alors infléchi, ce n’est pas la faute du gouvernement. On observe un manque de transparence de la part des opérateurs économiques, selon le directeur général de l’économie.

Pourquoi y-a-t-il une pénurie des ailes de poulet ? Les produits carnés sont devenus rares dans le marché, notamment les ailes de poulet et la viande congelée. Deux produits plus consommés, mais leur rareté dans le marché inquiète plus d’un. D’aucuns estimaient qu’avec les 5 milliards mis sur la table par le gouvernement, le pays ne vivra pas aussi une pénurie des ailes de poulet. Hélas ! Avoir un carton d’ailes de poulet ou un kg d’ailes de poulet aujourd’hui est incertain.

Rareté et flambée des prix de la farine l’année précédente. Le flux des importations est aujourd’hui sous tension pour des raisons liées à la guerre en Ukraine. La crise économique place le pain au premier plan de la nourriture pour ceux qui n’ont plus autre chose à mettre sous les dents. Des rayons à moitié vide. La production insuffisante du pain commence à délier les langues des plus réservés. Dans les marchés, la spéculation  du prix du riz alimenté par sa rareté se fait sentir. Ce qui ne présage pas un bon début du nouvel an.  

KDBA

 

 

 

Economie : Commerce informelle, le paradoxe

Economie : Commerce informelle, le paradoxe

Le secteur informel a pignon sur rue surtout dans les grandes agglomérations du pays. Un secteur employant des milliers des jeunes et qui aurait dû être un maillon essentiel et indispensable pour l’économie, si et seulement si les autorités décident d’agir. La restructuration de ce secteur, permettra sans nul doute de résoudre, en partie l’équation du chômage des jeunes.       

Ils sont plusieurs jeunes à investir les rues de nos villes pour tenir des commerces de rue sous l’œil incrédule des autorités. Un secteur informel qui pourrait constituer un réservoir d’emploi pour des jeunes en quête d’emploi, à condition que les autorités décident d’agir en restructurant un secteur qui permet par ailleurs à des milliers des personnes à subvenir aux besoins de leur famille.   

La particularité de ce secteur aux Comores, ce qu’il concerne plusieurs secteurs parmi lesquels, le commerce, la pêche, le bâtiment, l’artisanat et l’agriculture. Said Nahouza, diplômé en Langues étrangères appliquées à l’université des Comores n’a pas hésité à s’installer à Volo-volo pour ses activités commerciales.

Ce jeune vendeur de vêtements pour femmes à Volo-volo estime que le secteur informel peut jouer un rôle central dans  l’avenir. « Si nous nous concentrons sur les ultimes objectifs du développement, il est évident que nous parviendrons à sortir des milliers des jeunes dans l’extrême pauvreté. Nous arriverons à lutter contre la malnutrition, l’illettrisme et les maladies. Si les autorités arrivent à structurer le secteur informel, il peut se développer, générer de revenus et créer des emplois pérenne », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « individuellement et collectivement, nous devrons structurer les stratégies et programmes économiques et sociaux du secteur informel afin d’opérer un changement socioéconomique rapide et d’asseoir une base s nationale solide pour le développement durable et autocentré pour promouvoir ce secteur. Certes le secteur informel ne fournit pas autant d’emplois mais l’avenir est rassurant s’il est structuré. »

De son côté, Ali Saandi, vendeur de rue affirme que l’Etat ne créé pas d’emplois pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail. Selon lui, le secteur informel n’arrive pas à se développer. « C’est une activité à fort risque. Parfois nous vendons nos produits à perte et parfois. Le gouvernement ne nous accompagne point. Nous n’avons pas accès au crédit au moment opportun. Imaginez ceux qui se déplacent de Moroni vers les villes et villages pour espérer vendre leurs produits. Ils payent des frais de transport et ils ne vendent plus. Ils prennent des risques », fait-il observer.

Pour Farid Abbas, un économiste de son Etat, dans le pays, l’informel qui se veut être un levier essentiel pour une croissance durable et inclusif est un chantier.

 « Il s’agit de tout un cercle vertueux qui devrait contribuer à placer les Comores dans une nouvelle ère économique. Il est bien évident que le secteur informel pénalise celui du formel via plusieurs canaux, dont la concurrence déloyale qu’elle engendre, le manque à gagner à termes de recettes fiscales, la vulnérabilité des emplois et autres. L’intégration de l’informel s’impose plus que jamais, au regard du contexte actuel caractérisé, entre autres, par une tentative de relance économique bien qu’elle est accompagnée par des tensions inflationnistes », a-t-il analysé.

Inquiet de la monter des activités des marchands ambulants, l’économiste appelle les autorités compétentes à les intégrer aux processus de décision visant à accroître l’économie nationale.

Le secteur informel comprend des activités légales qui contribuent à l’économie mais ne sont pas taxées ou réglementées par le gouvernement ou couvertes par des accords formels. « Le secteur informel domine l’économie comorienne, ce qui limite la  capacité du secteur privé à se développer et à être pourvoyeur d’emplois décents. Pour autant, nous aurions tort de combattre ce phénomène par la répression et nous devons l’endiguer par des mesures et des dispositifs de sensibilisation et d’accompagnement telle est la conviction de l’Anpi », a défendu la directrice de l’agence nationale pour la promotion des investissements (ANPI), Mme Nadjati Soidiki.

Le secteur informel représente une part importante de l’économie comorienne. Il couvre une grande diversité d’activités, d’acteurs, de situations et ne peut donc pas être considéré comme un ensemble homogène. Si certains arrivent à en tirer un profit substantiel, la grande majorité des travailleurs de l’informel vit dans la précarité, évoluant parfois d’un univers à l’autre. Notons que l’économie informelle est la conséquence directe du chômage. Ce secteur ne fleurit pas dans l’archipel.

Nassuf. M. Abdou