ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Fermeture des débits de boissons alcoolisées : Les avis se divergent

Samedi dernier, la police nationale a procédé à une opération de fermeture de plusieurs débits de boissons alcoolisées. Plusieurs causes ont été évoquées dont la recrudescence des cas de délinquance juvénile. Certains citoyens condamnent cette opération menée par la police nationale comme d’autres, l’apprécient. Les avis se divergent.

La police nationale en collaboration avec le procureur de la République a fermé plusieurs lieux de vente d’alcool, à Moroni, la nuit du samedi dernier. Une initiative salutaire selon plusieurs citoyens. Selon eux, l’Union des Comores est un pays musulman et la religion islamique a interdit la consommation de l’alcool. « Je salue l’initiative menée par la police nationale, en fermant certains points de vente d’alcool, à Moroni. Plusieurs jeunes adolescents consomment trop d’alcool dans les lieux publics, des lieux inconnus, entre autres. L’alcool provoque plusieurs conséquences non seulement dans la santé humaine mais aussi ça provoque des actes de violences et d’agressions physiques et sexuelles, des accidents mortels et la déscolarisation des enfants. Raison pour la quelle l’Islam a interdit la consommation de l’alcool. Alors, la police nationale a le droit de continuer à fermer ces points de vente », a expliqué Mohamed Saidou.

Pour Ahmed Abdou, celui-ci a indiqué que certes, l’alcool conduit aux jeunes à faire des actes barbares, mais, selon lui, le gouvernement doit arrêter le dédouanement de l’alcool en Union des Comores. « Je suis convaincu que les boissons alcoolisées menacent la sécurité civile, notamment la délinquance juvénile, mais, le gouvernement autorise ouvertement la commande et le dédouanement des bouteilles d’alcool. Le gouvernement octroie des licences à des grandes sociétés, magasins et détaillants. Si le commerçant a sa licence pourquoi la police nationale ferme son point de vente ? Qui va récompenser ses dépenses financières alors qu’il a un stock de peut-être, 1000 à 2000 bouteilles de vins ? Récemment, plusieurs actes meurtriers sont enregistrés dont les auteurs ont été en état d’ivresse. Oui. Mais en réalité, la police nationale mène ces opérations dans une à deux semaines sous prétexte de maintenir la sécurité des citoyens. Et après deux semaines tout reviendra à l’état normal », a-t-il critiqué avant de se demander : « est-ce que c’est maintenant que le gouvernement sache que l’alcool conduit à la débauche ? C’est maintenant que le gouvernement prend acte aux accidents mortels dont les auteurs sont à l’état d’ivresse ? »

Dans ce sens, le jeune Nasser Ali Hamadi pense que plusieurs grossistes auraient incité la police nationale à mener ces opérations de fermetures de débits de boissons alcoolisées sous réserve que les commandes de l’alcool (chez les grossistes) trainent dans les étagères. « Actuellement, plusieurs personnes achètent de la bière, du whisky, entre autres, à Mayotte, à Maurice, à Madagascar,…sans l’autorisation des grossistes. Alors, peut-être que la police nationale joue une double face en annonçant des motifs de fermeture de points de vente causés par la délinquance juvénile. Pourquoi la police ne ferme pas la société AGK, Ahmed Resto, entre autres, lesquelles vendent massivement des bouteilles de bières et de whisky si elle (la police nationale) se focalise sur l’insécurité du pays. Or, même des filles d’une vingtaine d’années achètent des bouteilles de vins dans ces grandes sociétés et magasins. C’est une histoire assez complexe. Mais, on verra la suite de cette histoire », a-t-il dit.

La fermeture de ces cambuses et points de vente n’impacte pas l’économie du pays ? Selon un citoyen, la fermeture de ces lieux pourrait provoquer des conséquences économiques. « En réalité, le ministère de finances a établi la loi des finances 2021-2022 avec un tel total de recette annuelle. Ces points de vente ont des licences d’autorisation de vente d’alcool. En fermant ces lieux pourrait déséquilibrer les recettes financières annuelles. Alors, est-ce que la police nationale continuera-t-elle à la fermeture des débits de boissons alcoolisées ? », s’interroge-t-il.

Abdoulandhum Ahamada

 

 

 

 

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