ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Immigration clandestine : Jacqueline Bassa-Mazzoni pousse à réduire les drames humains

A la veille du 14 juillet, date de la célébration de la fête nationale de la France, l’ambassadrice de ce pays en Union des Comores, Jacqueline Bassa-Mazzoni a rencontré la presse dans son domicile, à Voidjuu. C’était une occasion de dresser son bilan de quatre ans avant de revenir sur la sauvegarde des vies humaines en mer, notamment la lutte contre l’immigration clandestine entre Mayotte et les autres îles sœurs.

Le renforcement des relations bilatérales entre la France et les Comores, le mieux-être du peuple comorien, la lutte contre les drames humains sur la traversée de Mayotte… ont été prioritaires pendant son mandat d’ambassadrice de la France auprès des Comores. Alors que l’immigration des comoriens est une question sensible à Mayotte, Jacqueline Bassa-Mazzoni a misé sur la sauvegarde des vies humaines en mer tout en luttant contre cette immigration dite « clandestine ». Pendant qu’en 2013, la France et les Comores ont instauré un haut conseil paritaire pour refonder les relations bilatérales, la cinquième réunion de cette instance a évoqué la libre circulation des personnes entre Mayotte et les autres îles sœurs de l’archipel, malgré les manifestations de mécontentement des mahorais.

« Les Comores sont quatre îles géographiquement »

« Notre rôle est d’accompagner les Comores à en finir avec les drames humains. Il y a des naufrages tous les jours. La sauvegarde des vies humaines en mer est primordiale. Et je crois que pour mettre à termes ces drames humains, il faut accompagner les Comores dans son développement, offrir les populations une vie meilleure. Développer le secteur sanitaire pour que des comoriens n’aillent pas pourrir dans les eaux de Mayotte pour se faire soigner de façon clandestine. J’ai toujours dit que, penser que Mayotte est un eldorado, c’est faux. Mayotte ne fait pas figure d’eldorado », a expliqué Jacqueline Bassa-Mazzoni.

La diplomate française reconnait que Mayotte est un territoire français mais géographiquement, Mayotte est Comorienne. « Géographiquement, les Comores sont quatre îles, mais l’île de Mayotte est sous administration française. Mayotte ne peut pas donc être dans l’immigration clandestine. Il faut renforcer le partenariat pour combattre ce fléau car Mayotte ne peut pas être asphyxiée par une immigration incontrôlée par des trafiquants, d’une violence inouïe et sauvage qui peut affecter les autres îles vue qu’elle n’a pas de frontières », a-t-elle avancé.

Le visa Balladur

Pendant que des comoriens meurent dans le bras de mer entre Ndzuani et Maoré, l’ambassadrice de France à Moroni insiste sur la sauvegarde des vies humaines en mer. Et le visa Balladur ? Selon la diplomate, « le visa Balladur me taraude depuis un bon moment. Nous ne pouvons pas faire l’économie d’une réflexion sur le maintien du visa Balladur. Je vais laisser des recommandations et orientations à mon successeur, qui devront être exploitées pour l’assouplissement du visa Balladur », a-t-elle fait savoir. Jacqueline Bassa-Mazzoni estime que cette question doit être traitée ensemble avec les élus de Mayotte. Libérer les échanges entre les quatre îles, c’est du succès, indique-t-elle, des échanges économiques, commerciaux, familiaux, entre autres. « Toutefois, avant de penser éventuellement d’assouplir le visa Balladur, il faut travailler sur les écarts de développement sur l’ensemble des îles. Par-delà, on peut mener des réflexions sur le visa Balladur », préconise-t-elle.

La perte d’influence de la France aux Comores

Alors que la Chine, les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite et d’autres pays du monde occupent une place au niveau de la diplomatie, l’on voit la perte d’influence de la France aux Comores. Certes la France ne cherche pas à occuper la première place devant la Chine, les Emirats Arabes Unis…, mais elle veut plonger les relations entre la France et les Comores et privilégier les accords signés. « Depuis 1975, on a souhaité poursuivre cette relation malgré qu’il y a eu une période d’absence dans des secteurs dont l’éducation. Par conséquent, d’autres partenaires ont pris la place. Dès mon arrivée, j’ai essayé de remettre à l’ordre certaines structures plus particulièrement l’éducation pour marquer à nouveau notre présence. Il y a une somme conséquente destinée à l’éducation et c’est considérable. On peut ainsi reprendre notre place par le soft. Nous allons renforcer notre influence et ce ne sera plus une influence de pouvoir », répliquera-t-elle.

De cette foulée, la diplomatie française a évoqué dans le cadre de l’éducation, l’enseignement du français, la rénovation des lycées d’excellence sur les trois îles. « Nous pouvons reprendre notre influence. Je vous rappelle que nous avons organisé le concours de la magistrature et c’est inédit aux Comores, et c’est pour notre influence. Notre influence est d’aider les populations parce que nous partageons des valeurs communes et nous sommes légitimes auprès de la population comorienne. Nous allons monter en puissance  pour couvrir les secteurs où malheureusement nous étions absents », dixit Jacqueline Bassa-Mazzoni. La diplomatie française veut soigner les relations avec les Comores et la France s’apprête à accompagner les populations pour leurs mieux-être.

Kamaldine B. A

Laisser un commentaire