ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Natuk Mohamed Mouzaoir-dialogue national : « Gagner ensemble l’avenir »

En vacances aux Comores les mois derniers, Natuk Mohamed Mouzaoir, secrétaire national du parti Ulezi a, avec le président d’honneur du parti, remis un courrier au chef de l’Etat pour le dialogue national devant aboutir à une stabilité politique dans le pays. Un appel attendu par Azali Assoumani qui dernièrement, il a appelé les forces vives pour un dialogue national. Interview.

Le 06 juillet dernier, le chef de l’Etat a appelé au dialogue national. Un processus que votre parti Ulezi avait demandé avant le 26 mai. Quelle lecture faites-vous de la disposition du président Azali et certains opposants pour ce dialogue national ?

Pour une énième fois, le 6 juillet 2021 le président Azali a réitéré son appel au dialogue national. Si nous reconnaissons tous que le parti Ulezi est le précurseur de l’idée de dialogue inter comorien, néanmoins il en reste modeste pour dire que l’essentiel c’est d’aller de l’avant sans chercher à revendiquer la paternité du sujet. Voici près de 4 mois que nous avons lancé l’idée et elle est embrassée aujourd’hui par beaucoup d’acteurs y compris ou surtout par le chef de l’Etat. Le parti Ulezi appelle solennellement le président de la République à convoquer cette impérieuse rencontre inter comorienne pour la réconciliation nationale afin de gagner ensemble l’avenir.

Cet appel du président est-il un pari gagné pour Ulezi ?

En lançant un appel, le 29 mars 2021, au président de convoquer de manière inclusive tous les acteurs politiques et de la société civile incluant la diaspora comorienne, le parti Ulezi avait essuyé de sévères critiques de ses partenaires politiques et autres. C’est tout à fait dans les normes de fonctionnement des grandes sociétés animées de démocratie, mais ce n’était pas un pari. Nous l’avons toujours précisé dans nos expressions écrites que dans cette dynamique d’idée il n’y aura pas de vainqueur ni de vaincu, seul le peuple comorien en sortira la tête haute. Si nous sommes ravis aujourd’hui de l’aboutissement de notre suggestion, nous le dédierons en premier lieu au peuple comorien qui a bien voulu accepter de nous écouter et de nous soutenir.

Si le dialogue national se tient, Ulezi participera-t-il ?

Dans le cas où se tiendra ce dialogue, le parti Ulezi répondra présent. La position de notre mouvement est de condamner toute politique de chaise vide surtout quand il s’agit des questions relevant des intérêts supérieurs de la nation. Jamais le parti Ulezi ne refuserait d’écouter, mais il dédaignerait plutôt de s’engager si les attentes du peuple ne sont pas satisfaites, à savoir : l’unité nationale, l’intégrité territoriale, la paix sociale, la stabilité politique, les institutions fortes, le développement économique.

Que dire de la vie chère en Union des Comores ?

Tout d’abord je tiens à souligner qu’aucun citoyen du monde ne peut ignorer la crise sanitaire qui frappe de plein fouet la planète et particulièrement les états vulnérables. Mais notre gouvernement ne peut pas continuer à se cacher derrière des excuses et abandonner son peuple à son triste sort. Si gouverner c’est prévoir, force est de constater qu’aujourd’hui : la flambée des prix des produits de première nécessité est à son summum.  Les pénuries de tous genres sont graves et inquiétantes, l’explosion du taux de chômage des jeunes interpelle plus d’un et inquiète beaucoup de familles, les migrations sanitaires sont des phénomènes grandissant et qui appauvrissent encore plus davantage le pays. Encore une fois le choix de la politique sociale du régime actuel est hors sol et l’option de sa politique économique est à côté des normes acceptables. Pour comprendre ce phénomène, il faut regarder le matraquage fiscal contre les opérateurs économiques de la place qui se répercute directement sur le portefeuille du citoyen. Comme toute chose étant égale, la loi de finances 2021 n’est pas innocent. En effet le gouvernement a fait le choix d’augmenter ses recettes fiscales en période de crise sanitaire, le résultat d’une telle décision se ressent directement dans l’assiette du citoyen. Au moment où les autres pays pour faire face à cette crise pandémique ont choisi le « quoi qu’il en coûte » pour accompagner leurs concitoyens, le gouvernement Azali préfère asphyxier son économie. Dans un pays qui produit moins et qui importe tout, le gouvernement aurait beaucoup à gagner en choisissant l’investissement, en subventionnant la consommation et accompagnant les opérateurs économiques, surtout les micro-entreprises qui sont de véritables poumons de notre économie.

Propos recueillis par Kamaldine B. A

 

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