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Patrimoine : Les niches du palais Ujumbé en étude

Les travaux d’études des niches du palais Ujumbé ont démarré depuis samedi dernier, à Anjouan. Des travaux confiés à deux architectes françaises. Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’inscription de ce monument historique des Comores à l’Unesco.

Toutes deux ont été accueillies à l’aéroport de Ouani par les directeurs du Cndrs, de la culture, et des membres du CPC. Une étude de terrain a démarré ce samedi au palais Ujumbé. Une étude des niches récemment découvertes sera menée par deux architectes et membres du collectif. Un projet du même collectif dans une lutte acharnée pour l’inscription des monuments historiques des Comores à l’Unesco. Une visite de courtoisie au maire de la ville, qui dit soutenir l’équipe. « J’ai découvert ce matin que nous avions à Mutsamudu, un trésor. Il nous a été partagé par les experts que je remercie infiniment. Nous allons relayer l’information pour que le monde entier puisse le partager. Nous avons déjà appuyé le collectif du patrimoine des Comores et nous allons continuer à le faire. C’est quand même très important que le palais de la ville de Mutsamudu, le palais des sultans fasse partie des monuments mondiaux de l’Unesco. Nous allons faire tout ce qui est dans le pouvoir pour que ça se réalise », s’exprimé le maire de Mutsamudu Zarouki Bouchrane.

Une ville culturelle d’ici 2023

Pour Marie-Noël Tournoux, membre du Collectif, experte en patrimoine, directrice de projet à l’institut du patrimoine mondial de recherche et de formation pour la région Asie et Pacifique sous les auspices de l’Unesco, à Shanghai (Chine), « nous avons eu des réunions techniques suite à la découverte des niches. Nous sommes venues faire un travail, une mission urgente d’inventaire de tous les décors architecturaux et photographique et de repérage. Nous allons faire un rapport et un document qui sera un état des lieux et un inventaire. Une mission pour voir l’état de conservation du décor », a-t-elle expliqué. Et elle d’ajouter que « en regardant des éléments de décors, nous remarquons une pièce d’apparat qui devait exister. Il devait avoir d’autres salles. Nous avons comme résultat la prise en compte de tous les éléments, faire une analyse globale des décors, une hypothèse d’une pièce en plus, mais qui reste à confirmer, à savoir aussi déterminer l’emprise maximale du palais. Nous avons informé la mairie de l’importance des travaux. Avec ville culturelle d’ici 2023, nous pouvons espérer que ça permettra de valoriser le travail et de faire une conférence internationale. Si jamais le dossier d’inscription au patrimoine mondial, c’est absolument nécessaire. »

Faire un inventaire à l’échelle du détail

Une seconde mission pour le Dr Chéhrazade Nafa, architecte et urbaniste, experte en patrimoine, professeur école de Chaillot et maître de conférences en écoles d’architecture, Chercheuse Labo EVCAU dit être venue aux Comores en 2011 pour le premier inventaire urbain des Comores. « Ma deuxième mission est précise et fait évoluer la première mission. Il y a eu de décors sur des décors et parmi eux, nous constatons des panneaux entiers représentés avec des éléments décoratifs précis. Notre travail consiste à faire un inventaire à l’échelle du détail qui va recenser l’ensemble de décors muraux dont des niches qui sont précieuses de par leurs qualités esthétiques, de par le dessin et de par leur utilité. C’étaient souvent des chambres d’apparat de grande réception à l’exemple des châteaux en France », indique Dr Chérazade Nafa.

Pour la réalisation de cet inventaire technique et scientifique, il a fallu non pas de relever toutes les niches car certaines sont répétitives. « Nous sommes en train de faire des relevés des types de niches. Nous serons arrivés jusqu’à 250 niches dans les trois pièces plus une partie non étudiée. Nous avons pris des mesures extrêmement précises. Cela permet l’ingénieur du chantier de comprendre de quelle manière procédera à la restauration », a-t-elle précisé. « Après nos chantiers, notre travail sera essentiellement documentaire. Cette documentation servira pour la restauration et la mise en valeur du bâtiment », conclut-il.

Ahmed Zaidou

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