ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Politique : L’opposition refuse de dialoguer avec Azali

Le chef de l’Etat, Azali Assoumani a tendu la main à tous les partis politiques pour un dialogue national. Une délégation de l’Union Africaine conduite par le commissaire aux affaires politiques, de la paix et sécurité, Bankolé Adeoyé a rencontré hier l’union de l’opposition, la mouvance présidentielle et la société civile à la réponse de l’appel du président Azali. L’union de l’opposition et la société civile ont refusé de dialoguer avec Azali.

L’union de l’opposition, la société civile et la mouvance présidentielle ont, chacune, rencontré, hier, la délégation de l’Union Africaine, appelant au dialogue national. Après la rencontre, le président du parti RDC et CNT, a annoncé que l’opposition ne participera plus à ce dialogue national car selon lui, le mandat du président Azali a pris fin, le 26 mai dernier. « Nous avons répondu au commissaire que le mandat présidentiel du colonel Azali a pris fin, le 26 mai dernier. On ne participera pas au dialogue national avec Azali car il n’est pas légitime. Azali  doit penser à la vie quotidienne des citoyens et le bon fonctionnement du pays. Azali a annoncé que si l’opposition a eu des idées, elle pourrait les proposer. C’est un manque de respect envers nous », a-t-il déclaré.

« Azali ne respecte pas ses promesses »

Pour le secrétaire général du parti Juwa, Hassan El-Barwane, « le président Azali ne respectera plus ses promesses ». « Nous avons tout balancé au commissaire concernant la situation sociopolitique que traverse le pays. Azali a bafoué la constitution, en supprimant la Cour constitutionnelle, des élections contestées en 2019, des assises sans résultats positifs, entre autres. Azali ne respecte pas ses promesses. Il n’est pas plus intelligent que nous tous. Dans sa récente lettre, Azali a appelé les partis de l’opposition à préparer la tenue des élections de 2024, notamment, la mise en place de la CENI, de la Ceei. Azali est en train de préparer les élections présidentielles du 26 mai 2029. On ne pratique pas une politique de chaise vide aux Comores », a-t-il martelé.

L’opposition y participera si…

Le candidat malheureux aux dernières présidentielles, Ahamada Mahamoudou s’est interrogé quant au refus de l’opposition au dialogue si cela ne permettra pas au président Azali de créer une autre facette de l’opposition. « Nous avons, certainement, refusé le dialogue avec Azali. Mais, ne va-t-il pas créer un autre regroupement soi-disant opposition pour tromper l’opinion publique ? Nous pouvons rester ainsi sans participer à la vie politique actuelle avec Azali. Il n’a pas tenu compte des décisions prises lors des assises nationales de 2019. Le dialogue avec Azali est conditionné par : un dialogue parrainé par la communauté internationale, la libération sans condition des prisonniers politiques. Azali ne doit pas être médiateur de ce dialogue et enfin, un dialogue dans un terrain neutre », suggère-t-il.

Respecter les libertés fondamentales au préalable

Quant aux organisations de la société civile, elles veulent le respect de la démocratie et de la liberté d’expression, avant de passer au dialogue national. Selon M. Soulaimana, représentant de la société civile, pour un dialogue national, il faut que l’Union africaine soit médiatrice et le respect de la constitution nationale soit assurée. « Actuellement, nous vivons dans une situation difficile marquée par le non-respect de la démocratie et la liberté d’expression, des problèmes économiques qui enfonce la vie quotidienne des citoyens. On ne refuse pas le dialogue mais le président Azali et ses gouvernants doivent changer, tout d’abord, leurs manières de gérer le pays avant de passer au dialogue national. Les citoyens ont perdu confiance de ces gouvernants. Azali doit comprendre que les comoriens ne sont pas du tout d’accord pour sa manière de gouverner le pays. Il faut la liberté d’expression, une démocratie respectée selon la constitution, avant de passer à ce dialogue », a-t-il montré.

Par contre, le clan de la mouvance présidentielle (AMP) a dit « oui»  au dialogue national, selon le secrétaire national de l’AMP, Ali Mliva Youssouf. « Nous sommes prêts à passer au dialogue national pour un climat de paix et de stabilité politique. Une nécessité de consolider nos forces pour la paix et la tranquillité du pays. Nous allons accompagner la vision du président Azali.  C’est un désaccord avec les opposants, mais, il faut se converger vers la réconciliation nationale », a-t-il défendu.

Abdoulandhum Ahamada

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