Alors que des étudiants comoriens montent au créneau après avoir été refusé le visa d’études en France pour des motifs « faibles », le consul de la République française à Moroni, Pierre Blondel a répondu à nos questions et a porté des éclaircissements. Selon le consul, les motifs sont prévus par la loi française, votée par le Parlement.

Le collectif des étudiants comoriens demandeurs de visa auprès de l’ambassade de France dénonce le fait que les demandes seraient refusées pour des motifs qu’ils jugent « faibles ». Qu’en pensez-vous ?
Vos lecteurs doivent savoir que le nombre de visas étudiants a été multiplié par deux en deux ans, passant de 300 visas en 2019 à 600 visas en 2020. Pour 2021, le nombre sera très probablement plus important car la demande est en augmentation de près du double par rapport à l’année précédente. Cela signifie que la France attire toujours plus la jeunesse comorienne et que celle-ci considère les universités françaises comme un modèle. C’est une bonne chose. Il est vrai que certains se voient refuser leur demande. Nous sommes parfaitement conscients de la déception des personnes qui n’obtiennent pas de visa. Le niveau des études en France est exigeant et demande un engagement fort. Certains projets d’études sont peu cohérents. D’autres sont portés par des candidats dont le niveau de français est clairement insuffisant pour permettre au candidat d’espérer suivre des études en France avec succès. Nous proposons à ces personnes de suivre une année de cours à l’Alliance française et de se présenter à nouveau l’an prochain. Les motifs sont prévus par la loi française, votée par le Parlement. Face à ces demandes, le système doit être le plus juste et équitable possible.
Les étudiants « sont contraints de payer un droit d’inscription de 40.000 francs comoriens, payable deux fois et 5.100 francs comoriens pour le droit de test payé à la Bic ». C’est anormal. Que répondez-vous ?
Ce n’est pas tout à fait exact, car les candidats doivent effectivement passer un test linguistique obligatoire et payer pour cela 5 100 Kmf. Ensuite c’est en fonction du résultat de ce test que les étudiants sont invités, soit à payer 40 000 Kmf (une seule fois) pour commencer la procédure « Etudes en France » à Campus France, soit à se rapprocher de l’Alliance française pour améliorer leurs compétences linguistiques en français et retenter leur chance l’année suivante. Les candidats avec un niveau trop faible en français sont avertis que leur visa sera refusé au vu de leur niveau linguistique, avant de payer les 40 000 Kmf.
Les étudiants dont la date du rendez-vous est au-delà de la date de la rentrée académique en France sont inquiets. D’abord ils craignent de ne pas être acceptés par leurs universités ou leurs écoles. Avez-vous prévu des mesures particulières pour ces cas de figure ?
Les établissements d’enseignement supérieur français sont indépendants et restent cependant très flexibles sur la date de rentrée des étudiants compte-tenu notamment de la situation sanitaire. Chaque dossier est traité au cas par cas et des autorisations de rentrée tardive sont facilement délivrées. On peut noter aussi qu’aux Comores le calendrier est décalé, l’année universitaire se termine fin août et l’année scolaire vient de prendre fin. Les candidats ont donc besoin de temps pour présenter un dossier complet (notamment le dernier diplôme acquis). Tout cela est pris en compte naturellement.
Recueillis par KDBA








