ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Vie chère : Arrestation des vendeurs à la hausse des prix

Pénurie de produits alimentaires, hausse des prix, la même rengaine. Même si Abdallah Ali Rafiou, directeur général du commerce intérieur, déclare qu’ « il n’y a pas eu de hausse de prix dans notre pays », lors d’un entretien accordé hier à Al-fajr. Des vendeurs des produits alimentaires et produits carnés ont été appréhendés.

L’étincelle qui embrase la population comorienne. La hausse des prix des produits carnés et produits alimentaires en cette période où ces produits deviennent rares a tout chamboulé. Ce qui fait que depuis la semaine dernière, la direction du commerce intérieur de Ngazidja est en guerre contre la hausse des prix. Des arrestations ont eu lieu. « Certes, la conjoncture existe mais il n’y a pas eu une hausse des prix dans notre pays », a déclaré Abdallah Ali Rafiou, directeur général du commerce intérieur. Bien que des personnes soient arrêtées pour avoir vendu des produits à des prix exorbitants, « ils n’ont pas payé leurs amendes. Normalement nous devons encaisser 400.000 à 500.000 franc comoriens pour les amendes et aucun rond n’est versé », a souligné le directeur général du commerce intérieur.  

Le manque de moyen financier et technique fait défaut selon directeur général du commerce intérieur. « Nous n’avons pas des véhicules pour faciliter notre travail n’en parlons plus un budget », déplore-t-il.  Malgré ce constat alarment mais Abdallah Ali Rafiou a rassuré qu’une personne qui vendait du riz ordinaire  pour 7 500 kmf le sac dans la région de Hambu a été arrêtée. « Il y a des gens qui ont acheté des cartons de viande pour 21 000 kmf pour aller les vendre à 30.000 kmf. J’étais obligé d’intervenir personnellement pour leur arrêter. Un des opérateurs de notre pays a voulu m’agresser physiquement à travers des bandits », a-t-il témoigné.

Celui-ci a regretté sur le fait que la loi de la concurrence ne soit pas appliquée aux Comores. « Et pourtant elle a été promulguée en 2017 mais elle n’a jamais été appliqué. Faute de quoi, la commission n’est jusqu’à maintenant mise en place », a souligné Abdallah Ali Rafiou. Revenant sur les prix exorbitants, Abdallah Ali Rafiou a mentionné que des personnes profitent de cette période pour pénaliser les comoriens. A entendre le directeur général, « nous ne pouvons pas rester sans mot, il faut agir car la loi est là  pour punir ceux qui ne la respectent pas. »

Selon une source, la police nationale a mis la main sur deux personnes vendredi dernier qui vendaient des cartons des ailes de poulet à des prix exorbitants. Et d’autres personnes ont été arrêtées. En pleine pénurie des denrées alimentaires, les prix explosent.

A noter que face à cette crise, des organisations de la société civile exhortent le gouvernement à prendre des mesures pour en finir avec ce fléau. Ce collectif exige la réduction des taxes douanières, l’application stricte des mesures suite aux accords d’Anjouan, le retour des tarifs des communications mobile, d’avant le 15 août et plus de disponibilité, stabilité et accessibilité des produits de premières nécessités.  « Nous déplorons l’indifférence, le manque de prévision et d’organisation des décideurs. Nous demandons des mesures claires, concrètes, urgentes et réalistes. En clair, nous souhaitons une prise en compte par le gouvernement de la situation de précarité de la population les prix doivent être revus à la baisse, les services de contrôle des prix et de contrôle de qualité, sommés de prendre leurs responsabilités et tout cela en toute transparence et efficacité », ont manifesté les organisations de la société civile.

Malgré tout cela, le directeur général du commerce intérieur confie qu’aucun prix n’est revu la hausse. Et bien que plusieurs personnes soient arrêtées après avoir vendu des produits à des prix exorbitants mais malheureusement aucun sous n’est versé.

Kamal Said Abdou

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