ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Violences sexuelles : Les causes sont multiples

La recrudescence du nombre des cas de violences faites aux femmes et filles inquiète l’opinion publique. Le manque de contrôle des enfants, la forte consommation de l’alcool et de la drogue, la négligence des responsabilités chez les parents, entre autres, sont répertoriés comme facteurs majeurs de ce fléau.

Les actes de violences faites aux femmes et enfants sont monnaie courante aux Comores. Une situation difficile qui demande des mesures efficaces avec des solutions adéquates et durables. Selon les données du service d’écoute et de protection des enfants, de janvier à juin 2021, 104 cas de violences sont enregistrés, à Ngazidja, dont la majorité des cas sont des enfants de 11 à 17 ans. À Anjouan comme à Mohéli, plusieurs cas ont été également enregistrés. Des chiffres alarmants. Des enfants de 11 à 17 ans, violées et agressées sexuellement. Les causes sont multiples. Youssouf Saïd, un prêcheur avance l’idée selon laquelle, plusieurs parents ont laissé leurs enfants trainées dans les rues, sans contrôle ni surveillance. C’est le moment où, selon lui, les violeurs et agresseurs sexuels profitent l’occasion de détruire l’avenir des enfants.

Des enfants sans contrôle familial

« Auparavant, les écoles coraniques ont été considérées dans nos villes et villages comme des lieux d’enseignement et d’éducation, à valeurs islamiques, de nos enfants. Actuellement, cette vision est non applicable, selon le temps. À cette époque contemporaine, les enfants sont laissées librement sans contrôle ni surveillance. Certaines filles de 11 à 17 ans sont parfois trainées dans les rues sans aucun contrôle. Ce constat est fait dans Moroni comme dans les milieux ruraux », a analysé Fundi Youssouf  Saïd. Et lui d’ajouter : « Parfois, des filles de 13 à 18 ans résident à Moroni dans une chambre à louer sans que ces parents contribuent à un centime de franc. La fille, en sortant de l’école, a besoin de manger et payer le loyer de la chambre. Où peut-elle trouver ces dépenses colossales ? Donc, le violeur se sert à des appâts pour détourner la raison de ces enfants. Si ces dernières refusent sa proposition, l’agresseur sexuel ou plutôt violeur serait obligé d’utiliser sa force physique. Alors, les parents ont une part de responsabilité en cas de leurs viols ou agressions sexuelles ».

Selon une source anonyme, la consommation de la drogue et de l’alcool permet aux femmes et les enfants d’être victimes de ces actes de violences ou agressions sexuelles. « Plusieurs adolescents consomment trop d’alcools et de formes de drogues. Ces substances provoquent des désirs sexuels chez ces jeunes immatures et ivres. Ces jeunes-là sont des malhonnêtes et irrespectueux. Il existe aussi des formes d’agressions sexuelles dans les foyers commises par des pères adoptifs chez les mineures car les femmes ont laissé aisément le temps à leurs maris (qui ne sont pas des pères biologiques) à savourer les désirs sexuels de l’enfant», a-t-il dit.

Le rôle de la justice

Selon notre source, le gouvernement a une grande part face à cette situation alarmante. « Le gouvernement doit veiller à l’éducation des enfants. Certaines filles trainent dans les rues sans surveillance. Il faut que le gouvernement intervienne pour des cas pareils. De même, en cas de viols, la justice doit jouer son rôle en matière de comparution du coupable et d’enquête pour que les agresseurs aient de réticence. Si l’acte est confirmé, la justice doit rendre son verdict avec une justice juste et équitable. Car parfois, la victime peut être mal jugée à des multiples raisons familiales, d’amitié, de connaissances, entre autres. Chacun doit prendre sa part de responsabilités », a critiqué notre interlocuteur.

Abdoulandhum Ahamada

Laisser un commentaire