ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Ali M’madi : « Coract : pour apporter des solutions concrètes aux préoccupations du pays »

Alors que le pays est plongé dans le gouffre, une structure apolitique bientôt lancée proposera des réponses aux préoccupations multiples de notre pays. Elle est dénommée Coract et interviendra dans plusieurs secteurs au développement.

Vous préparez le lancement de Coract, une structure apolitique, selon vous, dans le but d’apporter des réponses aux préoccupations multiples de notre pays. Pouvez-vous donner plus de précisions ?

Effectivement, avec quelques amis naturellement préoccupés par l’avenir de notre pays, nous travaillons depuis plusieurs mois pour la mise en place d’un Think Tank dénommé Coract (Comores Réflexions Actions). Le but est de réfléchir sur l’ensemble des problématiques de notre société et essayer de proposer des réponses. Ce n’est pas un parti politique ni un syndicat, il y en a déjà trop dans le pays. Notre objectif est de dire à tout le monde : les décideurs politiques, les acteurs économiques et les citoyens qu’il y a des solutions simples que l’on peut mettre en œuvre pour sortir notre pays de l’ornière. Nous croyons que les Comores ce n’est pas un pays fini. Nous allons donc y travailler de façon régulière en dehors de tout appareil politique, car ce que nous souhaitons proposer va s’adresser à toutes celles et tous ceux qui ont une volonté d’aider les Comores et les Comoriens à s’émanciper, notamment économiquement et socialement. Ce ne sera pas un travail pour l’opposition ou pour le régime en place, je le répète on s’adressera à tous les décideurs politiques, économiques et même aux structures associatives.

Quelle politique de développement faut-il mettre en place pour le développement du pays?

Tu sais, la population comorienne réclame d’abord une réponse rapide à ses besoins prioritaires : pouvoir travailler et gagner sa vie dignement, avoir un système de santé efficace et une éducation digne pour ses enfants. C’est à partir de ces bases que l’on peut bâtir un pays et une nation. Bien évidemment on pourra parler ensuite de justice, de sécurité et de développement durable.

Pour nous, la politique de développement qu’il faut mettre en place urgemment pour notre pays c’est celle qui tiendra compte de ces priorités-là. Et notre rôle sera d’apporter des réponses concrètes susceptibles de changer la donne une fois qu’elles seront mises en œuvre. Notre rôle aussi sera de promouvoir un débat ouvert et démocratique sur l’avenir des Comores et inciter la mise en place des politiques publiques susceptibles de garantir l’intérêt général et la cohésion de notre société.

Comment allez-vous donc procéder concrètement ?

Coract ce ne sera pas une seule personne, mais des équipes d’experts de tous les domaines. Leur mission sera de réfléchir sur les préoccupations de nos concitoyens, d’analyser les politiques mises place par les décideurs, afin de formuler des propositions concrètes qui permettront de parvenir au développement tant attendu ou d’appuyer les bonnes mesures prises par les autorités. C’est pour cela que nous appelons les hauts fonctionnaires, les dirigeants d’entreprises, les intellectuels, les jeunes actifs et les étudiants à se joindre à nous pour mettre ensemble le meilleur de nous-mêmes au service de l’intérêt de tous les Comoriens.

Comment analyser-vous les pénuries qui sévissent le pays depuis plusieurs semaines maintenant ?

Tu sais, ces pénuries ne sont pas les premiers pour nous, et ne seront malheureusement pas les dernières. Nous sommes le seul pays au monde qui importe tout et qui n’exporte presque rien du tout. Nous sommes dépendants à 100% de l’extérieur.  Avoir temps en temps des pénuries de produits pétroliers, ça peut s’expliquer même difficilement. Mais pour le reste non. Notre pays est capable de trouver des solutions pour aller petit à petit vers une autosuffisance alimentaire et pour stabiliser son énergie. Il nous faut juste travailler dans ce sens et inciter les décideurs à prendre des mesures dans ce sens. Pour les pénuries actuelles, je ne suis pas bien placé pour apporter un jugement, mais à travers ce qu’on lit ici et là et dans les réseaux sociaux, il y aurait eu un manque d’anticipation de la part des autorités. J’espère en tout cas que la situation va se stabiliser rapidement.

Que pensez-vous du dialogue national avancé par le président Azali et ses proches ?

Personnellement, je trouve que c’est un bon début. Il faut apaiser le pays si on veut aller de l’avant. Cette situation ne profite à personne, même pas à ceux qui détiennent le pouvoir aujourd’hui. Je crois qu’un dialogue franc et sans arrière-pensées reste une bonne voie pour faire en sorte que le pays ne s’effondre totalement.

Pour revenir à Coract, quand est-ce que et surtout comment comptez-vous lancer vos activités ?

Nous avons déjà plusieurs outils prêts, notamment un portail Internet. Plusieurs experts se sont déjà inscrits pour participer à la réalisation des travaux. Mais comme vous le savez, nous avons besoin de réunir le maximum d’experts dans plusieurs domaines essentiels. En tout cas, le lancement c’est pour bientôt.

Nous sommes conscients de l’immensité des enjeux et de la complexité du contexte où se trouve notre pays, d’où l’intérêt d’avoir des équipes compétentes capables de réfléchir et de partager avec tous les acteurs, nationaux et internationaux, le résultat des réflexions sui en seront issues. Nous avons besoin aussi de partenaires fiables pour nous aider à produire suffisamment et à faciliter la mise en œuvre des solutions proposées. Et pour nous contacter, il suffit de nous écrire à cette adresse : coractasso@gmail.com.

Propos recueillis par KDBA          

 

 

 

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