ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Anjouan : Une vague de pénurie alimentaire

Les Comores traversent une pénurie des produits alimentaires et une hausse des prix. Cette crise ne s’observe pas seulement à Ngazidja, elle est aussi présente à Ndzauani. Le gouvernement est pointé du doigt puisque l’île manque de la farine, de l’huile, du sucre et du riz. Les commerçants manquent les mots pour exprimer leur douleur. Un bateau serait attendu prochainement au port de Mutsamudu.

« Il y a effectivement plusieurs produits en manque et d’autres dont les prix sont en hausse. Nous ressentons l’inefficacité de nos responsables. Nous ne comprenons pas pourquoi cette année, c’est si dure. Il y a aussi beaucoup de farines pourris par cause de sur-stockage de l’année dernière. Le peu de farine qu’il y a, fait vivre seulement les boulangeries. Nous sommes à une étape où la population peut sombrer à tout moment. Personne ne comprend pourquoi c’est ainsi », regrette un commerçant grossiste.

Bientôt le ravitaillement ?

Selon ce même commerçant, un bateau transportant des produits alimentaires est attendu au port de Mutsamudu selon les importateurs potentiels de produits vivriers. Les produits attendus ne sont pas connus et la date d’arrivée du bateau. « Les importateurs nous rassurent mais affichent une certaine négligence », confie-t-il.

Le manque de denrées alimentaires ne se concentre pas seulement sur la farine mais également sur d’autres produits tels que le riz, le sucre, l’huile. « Il y a un manque de plusieurs produits de première nécessité, la farine en manque. Le peu étant disponible est périmé et est destiné à la survie des boulangeries. D’autres produits se voient augmentés leurs prix. Aujourd’hui il y a un manque du riz dans les magasins. Malgré qu’Onicor nous rassurent mais tout peut y arriver. La population est sous l’inquiétude constamment. Même les produits agricoles viennent à manquer. Il y a un manque à combler dans tous les domaines », ajoute le commerçant.

Des restaurants dans la crise

Dans cette guerre, les boulangeries, les restaurants, les consommateurs, subissent  conséquemment. « Nous avons peu de stock. Nous ne savons pas ce qui se passe. Je commande la plupart de mes produits à Mayotte, de la farine, du fromage, en petite quantité. Cela me coûte cher mais que faire ? Je ne peux pas me permettre de fermer car il y a un manque de produits, pour je ne sais quelle raison  », indique une gérante de restaurant et ajoute que « nous ne savons pas encore quand les produits seront là. Les autorités désinforment ce qui se passe. Et tant que tout ne sera pas comme avant, je continuerai à acheter mes produits à Mayotte. Et c’est le pays qui perd de l’argent. Et le pire c’est que nous qui subissons les conséquences pendant que d’autres s’enrichissent par manque de certains produits pour augmenter les prix. »

Comment en finir avec les pénuries des produits alimentaires ?

La solution serait une table ronde pour décrypter le problème et y remédier, selon Nourou Abdillah, commerçante. « Il faut déjà savoir où est ce que ça bloque, pour trouver des solutions. Le problème est simple, il y a un manque. Mais qui ne fait pas son travail ? A quelle étape ça bloque ? Faire la traçabilité des commandes jusqu’au bout de la chaîne et y remédier, soit par remplacement des mauvaises personnes, soit en débloquent  l’argent qu’il faut. Que sa soit au niveau des administrations publiques ou des sociétés privées. Il faut que chacun assume son rôle et fasse ce qui doit se faire. Voilà la solution », propose-t-elle.

Ahmed Zaidou

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