ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Dialogue national : Que pensent les comoriens ?

Le chef de l’Etat, Azali Assoumani a fait appel à tous les partis politiques et la société civile à un dialogue inter-comorien. Une initiative saluée par certains citoyens et remise en cause par d’autres. Les avis se divergent.

Plusieurs citoyens ont, hier lundi, exprimé leurs avis par rapport à la tenue du dialogue inter-comorien prôné par le chef de l’Etat. Certains ont affirmé que le gouvernement ne veut que détourner les esprits de l’opinion publique en se référant à la tenue des assises nationales de 2018. Djibaba Ali, jeune comorien n’a pas caché son mécontentement face à cette tenue du dialogue national. Des stratégies de manigances, de tromperies et une manière de s’éterniser au pouvoir, ce sont les mots employés par ce jeune rencontré. « Nous sommes conscients de la stratégie menée par le président Azali et ses partisans pour la tenue de ce dialogue inter-comorien. C’est une manière de détourner les esprits afin qu’il (le président Azali) reste au pouvoir jusqu’à plusieurs années. Ce sont des stratégies de manigances, de tromperies et une façon de s’éterniser au pouvoir à longue durée. Nous nous rappelons aux assises nationales de 2018 et la suspension de la Cour constitutionnelle. Les élections anticipées de 2019 étaient un symbole de la honte pour le pays. Si le chef de l’Etat appelle les partis politiques et la société civile au dialogue national, c’est une manière de faire ce qu’il veut en 2024. Mais, rien ne changera dans le pays tant que l’on ne respecte pas les lois et les droits humains dans le pays. Azali ne court que pour ses intérêts personnels », a critiqué farouchement, le jeune Djibaba Ali.

Un dialogue sans l’opposition ?

Fatima Mbalia, vendeuse au petit marché de Moroni s’est interrogé sur l’organisation d’un dialogue national sans tenir compte de l’opposition. C’est en se référant à la déclaration du porte-parole du gouvernement, Houmedi Msaidié faite, les semaines dernières lors d’un conseil de ministres. « J’ai entendu la déclaration faite par le porte-parole du gouvernement en conseil des ministres, les semaines dernières. Il a dit, je cite : le dialogue inter-comorien aura lieu avec ou sans l’opposition. Comment un gouvernement qui entre en conflit avec l’opposition pour des raisons politiques ne considère pas le clan de l’opposition ?  Comment peut-on dialoguer sans son adversaire ? Dans le sens propre du mot dialogue inter-comorien, il s’agit de se mettre à table entre la société civile, le clan de l’opposition et le gouvernement pour discuter des problématiques liées à la vie sociopolitique. Sans l’opposition le gouvernement aura donc un moyen de discuter ? L’Union africaine ne doit pas exiger le président à organiser des telles initiatives à la con », a martelé madame Fatima Mbalia.

Pour Halifa Himidi, un père de deux enfants, pense que le chef de l’Etat a plusieurs chantiers à mettre en œuvre au lieu de la tenue d’un dialogue national. Selon lui, les citoyens comoriens ont des difficultés liées à la vie quotidienne, à la scolarisation des enfants, au commerce, entre autres. « Je ne refuse pas la tenue d’un dialogue entre deux ou trois parties en conflits. Mais, il faut savoir que le chef de l’Etat doit prioriser tout ce qui est lié à la vie quotidienne, à l’éducation, au commerce, à la création d’emploi au lieu d’organiser un dialogue qui ne nous apportera rien. Le pays est dans le calvaire. Ce n’est pas le moment opportun pour la tenue de ce putain dialogue national », a-t-il dit.

Un dialogue pour mettre fin à la crise politique

Tout le monde n’exprime pas le même avis. Abdallah Hassane alias Madou  croit aux résultats escomptés du dialogue inter-comorien. Selon lui, la tenue de ce dialogue permettra aux partis politiques de résoudre les problèmes liés à la politique et aux échéances électorales de 2024 et 2025. « Cette initiative vise à résoudre tous les problèmes liés aux échéances électorales », a-t-il défendu.

Abdoulandhum Ahamada

 

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