ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

France-Comores : Une relation à nul autre appareil

A l’occasion du 14 juillet, fête nationale de la France, Jacqueline Bassa-Mazzoni, ambassadrice de France auprès de l’Union des Comores est revenue sur la relation entre les Comores et la France. La culture, la langue que ces deux pays partagent sont entre autres les liens solides de ces deux pays, selon l’ambassadrice.

C’est sa toute dernière célébration de la fête nationale de la France aux Comores. Jacqueline Bassa-Mazzoni n’a cessé de rappeler la relation bilatérale entre la France et les Comores. Une relation définie par des valeurs partagées. « Nous sommes unis dans nos différences, nos populations, nos cultures, la langue que nous avons en partage et les projets ambitieux que nous souhaitons voir réaliser, notamment à travers le plan de développement France-Comores coordonné par l’ambassade et mis en œuvre par l’agence française de développement et expertise France », a-t-elle déclaré.

Un adieu

« La relation entre la France et les Comores, elle est à nul autre pareil. C’est une relation exceptionnelle et indéfectible. Il y a, par ailleurs, une raison personnelle toute particulière qui explique l’émotion que j’ai ce soir à m’exprimer devant vous : vous le savez sûrement, je quitterai mes fonctions d’ambassadrice, dans quelques jours afin de profiter après presque 4 ans d’engagement sans faille au service de la relation franco-comorienne. Pour reprendre les mots d’un auteur français qui nous est cher, Charles Péguy : Dans mon cœur, les Comores seront toujours présentes. Dans mon cœur raisonnera la puissance et la beauté de votre archipel. Dans mon cœur, je ne vous oublierai jamais », a-t-elle laissé entendre.

S’agissant de l’appui de la France dans la lutte contre la Covid-19, Jacqueline Bassa-Mazzoni a rappelé la mobilisation de la France dès le premier trimestre 2020 avec plusieurs vols sanitaires apportant de l’aide des îles de la Réunion et de Mayotte ainsi que de la Métropole. Ces actions ont été menées sous la coordination de l’ambassade avec l’appui du centre de crise et de soutien du ministère français des affaires étrangères, les FASZOI associés au soutien des conseils régional et départemental de la Réunion, des agences régionales de santé de la Réunion et de Mayotte, avec un financement de l’Union européenne. « J’ai souhaité l’attribution immédiate de budgets afin de soutenir la mobilisation de la Croix Rouge française et du Croissant Rouge comorien et une réorientation de crédits afin de soutenir le ministère de la santé », a-t-elle indiqué. « Notre relation bilatérale est marquée, par ailleurs, par la mise en œuvre du document cadre de partenariat dont le plan de de développement France-Comores, ainsi que par les programmes du service de coopération et d’action culturelle et de ses partenaires », précise Jacqueline Bassa-Mazzoni.

Des accords-cadres

Selon l’ambassadrice, Plusieurs accords importants ont été signés afin de convenir d’un cadre de coopération pour le PDFC. L’accord faîtier a abouti après une année de travail, accompagné par l’accord d’établissement relatif à l’installation d’un nouvel opérateur français aux Comores « expertise France ». C’est ainsi que l’ambassade est engagée sur plusieurs projets d’ampleur dans les domaines de l’éducation, de la société civile, de l’agriculture, de l’emploi, de la culture, du patrimoine et de la gouvernance. « Je voudrais en particulier saluer le projet de lutte contre les violences faites aux femmes et aux mineurs ainsi que les actions en faveur de la formation des professionnels de la justice aux Comores avec la réalisation du 1er concours des auditeurs de justice. Nous espérons que le projet « appui à l’Etat civil » pourra être opérationnel dès que possible en association avec l’UNICEF », dixit-elle.

Une chambre de commerce franco-comorienne

D’autres projets devront voir le jour rapidement, notamment  le transport maritime inter iles, le service civil d’aide à l’insertion, la dialyse, selon Jacqueline Bassa-Mazzoni. Cette derniere a tenu de souligner que si le plan de développement France-Comores a pris quelques retards, c’est à cause de la crise sanitaire. Toutefois, plusieurs projets importants sont maintenant lancés ou sur le point de l’être avec l’agence française de développement et expertise France, en partenariat étroit avec les autorités comoriennes. 

La diplomate française n’a pas manqué de rappeler l’effort exceptionnel que recouvre ce plan de 150 millions d’euros au bénéfice des populations, de la satisfaction de leurs besoins essentiels et du développement des opportunités socio-économiques. A entendre l’ambassadrice, cette politique au long court en faveur de la croissance et du développement est ambitieuse, et engage tous les acteurs institutionnels, le secteur privé et la société civile, y compris bien sûr la diaspora. Cette politique doit contribuer à une amélioration de la qualité de vie des populations. «  Avec la relance annoncée de la chambre de commerce franco-comorienne, nous sommes très optimistes pour le développement de ce secteur », a-t-elle conclu.

Kamal Saïd Abdou

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