ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Politique : Fathou et la rude épreuve de se faire un prénom

S’il doit l’essentiel de sa jeune carrière politique à son patronyme, Nour El Fath Azali alias Fathou, conseiller privé du chef de l’État, et dont les ambitions politiques réelles ou supposées nourrissent les fantasmes, ne cache pas son désir de sortir de l’ombre du père.

Dans une interview fleuve paru dans le quotidien de l’État Al-watwan mercredi 20 octobre, le conseiller privé du chef de l’État en charge des investissements, Nour El Fath Azali, célèbre sous le surnom de Fathou, a essayé de répondre avec une certaine habileté aux 18 questions qui lui sont posées par le journal. La surprise aurait été l’absence de la question sur l’affaire Padora Papers du nom de cette enquête menée par un consortium interaction sur les paradis fiscaux, et dans lequel le fils aîné d’Azali Assoumani est cité.

 En dépit d’éléments incriminants, le fait qu’il soit cité comme détenteur d’une société offshore à Dubaï donne du grain à croquer aux opposants à Azali. Mais pas question pour le concerné, sûr de lui, de se laisser abattre : « Si aujourd’hui il n’y a pas transaction, il n’y a rien, c’est qu’il n’y a rien. Qu’on arrête de se créer des scénarios dans nos têtes. Il n’y a rien, je n’ai pas fait d’évasion fiscale. Je n’ai pas fait de détournement de fonds. D’autres s’interrogent pourquoi je suis cité. Je suis le conseiller privé du président, fils du président. C’est sûr que c’est beau de parler de ce genre de personnes dans ce genre d’article. Ça fait toujours le buzz. La preuve en est, ça continue à faire le buzz or il n’y a rien, du moins d’après l’article publié à mon égard qui m’incrimine », s’est-il énergiquement défendu auprès de nos confrères d’Al-watwan, et ce après une première réaction auprès de Mayotte la 1ère dans la foulée de la publication de l’enquête, au début du mois d’octobre.

 Mais il n’y a pas que contre ces accusations que Fathou se défend. Dans la même interview, l’on retrouve des passages dans lesquels l’on déduit clairement qu’il a une envie dévorante d’avoir son prénom. Et c’est tout à fait légitime. « Moi c’est Nour El Fath Azali dit Fathou, Azali, lui, il a déjà son nom. Nous autres essayons de faire notre bout de chemin. Alors ne mélangeons pas tout », répond celui qui n’est pas sans savoir qu’on ne parle pas de lui sans l’associer, à tort parfois, à son père. D’ailleurs, d’aucuns lui prêtent des intentions présidentielles en 2024. Est-ce le chemin dont il parle ? « S’il y a une chose dont je suis vraiment conscient, c’est qu’il y a beaucoup de personnes qui ont de la légitimité que moi, qui ont été là avant moi, et qui ont accompli beaucoup de choses par rapport à moi, que ça soit au sein du pouvoir ou dans l’opposition. Je tiens à faire remarquer [à ceux qui me prêtent ces ambitions] que les Comores ne sont pas une monarchie ». Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il ne se présentera pas. En tout cas, fils du président ou pas, rien ne le lui interdit. 

A.O.Y

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