ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Soifaoui Said Halidi : « La situation est alarmante dans nos hôpitaux »

Soifaoui Said Halidi connu sous le nom de Makani, un ancien conseiller politique du président Azali I, et actuellement à la retraite, nous parle de l’état des hôpitaux des Comores en particulier à Anjouan. Dans cet entretien exclusif, il fait un constat amer.

Comment expliquez-vous l’état des hôpitaux aux Comores plus particulièrement à Ndzuani ?

L’état des hôpitaux est un sujet important d’ordre sanitaire. Etant vieux et malade, je ne fais que me soigner à l’extérieur. J’aurai pu me faire soigner aux Comores mais je suis obligé de partir à l’étranger pour des soins médicaux puisque l’état de nos hôpitaux est déplorable. Je cite l’hôpital de Hombo qui était le principal hôpital qui accueillait les malades avec des médecins qui travaillaient avec rigueurs. Maintenant, nous attendons à ce que cet hôpital soit développé, amélioré avec les nouvelles générations, mais c’est vraiment dommage, désolant. L’hôpital de Hombo est bien l’œuvre de Sambi, financé par le Qatar. Quand on voyait cet hôpital, on était tous contents. Vous voyez comment il est détérioré. Il a été bien construit et aussitôt que Sambi passe la main à son successeur, la donne a changé. La situation est alarmante dans nos hôpitaux.

L’hôpital est opérationnel ?

Je laisse aux jeunes d’en juger. Ce que je sais, l’hôpital est dirigé par un jeune, Ibrahim Salim Mari et il fait un bon travail. Mais un hôpital demande beaucoup de moyens et je me demande si l’hôpital sera opérationnel comme il le faut.

Qu’en est-il de l’hôpital de Bambao M’tsanga ?

 Nous avons tous applaudi et salué l’initiative. Mais à quoi sert-il ? C’est devenu un musée. On y va pour des photos. Cet hôpital ne nous sert à rien. Nous avons besoin des vrais hôpitaux, de suivi et des spécialistes car c’est fait pour sauver la vie des citoyens. L’hôpital de Bambao est un théâtre. Il n’y a aucun spécialiste ni des équipements meilleurs. On s’attendait à ce que ces deux hôpitaux (Bambao M’tsanga et Hombo) soient suffisants pour répondre aux besoins de la santé des comoriens, en vain. Ils sont mal gérés. Il y une négligence. 

Le gouvernement s’est engagé à construire un nouvel hôpital et les travaux sont en cours. Qu’en pensez-vous ?

La construction de l’hôpital El-Maarouf va provoquer la mort des petits hôpitaux. Que les nouvelles générations fassent attention car nous avons déjà souffert de cela. Quand je suis malade, je demande d’aller me soigner à l’extérieur mais avec le confinement on ne peut plus voyager. Récemment le gouverneur Anissi a été malade, il est évacué par l’Etat au lieu de déplacer les médecins et d’être traité sur place. Imaginez combien de millions sont dépensés. On nous dit que cet hôpital en chantier à Moroni aura des spécialistes et des équipements meilleurs. Espérons qu’il n’y aura plus d’évacuations sanitaires à l’étranger. Si j’étais toujours le conseiller du président de la République, je n’aurai jamais demandé à Azali de m’évacuer, une fois malade. Je lui proposerais de dialoguer avec nos partenaires chinois pour nous former et nous examiner sur place.

Et les comoriens qui risquent leurs vies pour se faire soigner à Mayotte ?

Pendant longtemps, ma femme a eu des bons soins. Elle a été accueillie par des spécialistes et gratuitement. Généralement les gens qui partent en kwassa sont malades. Et s’ils vont à Mayotte c’est parce que le système de santé aux Comores est dégradé. Notre système de santé est malade.

Recueillis par Ahmed Zaidou (Stagiaire)

 

 

 

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