ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Vers la fin de la campagne électorale, l’ancien président de l’assemblée et candidat malheureux aux présidentielles de 2016, Bourhani Hamidou soutient le candidat du parti Juwa, Ahamada Mahamoudou. Un soutien qui a surpris le camp du pouvoir.

Bourhani Hamidou

La grande surprise. Bourhani Hamidou brise son silence. Un coup de tonnerre pour la mouvance présidentielle et les proches du pouvoir. Le soutien de l’ancien président de l’assemblée, enfant chéri de la région de hambou torture certains esprits des politiques, et de l’opposition et du pouvoir. Après un bon moment de silence sur la scène politique nationale, le candidat malheureux de 2016 revient avec force en soutenant Ahamada Mahamoudou, candidat de Juwa. Une déclaration faite la semaine dernière. Et personne ne s’attendait à un soutien pareil. Un soutien qui adoube la candidature de Me Mahamoudou.

Cette grande personnalité politique de la région de Hambou et proche de l’ancien rais Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, défend peut-être une bonne cause pour tous. Depuis que le président Azali Assoumani est investi président de l’Union des Comores le 26 mai 2016, Bourhani Hamidou, ancien président de l’assemblée nationale, s’est exprimé une fois dans sa résidence à Moroni. Mais depuis ce jour-là, cet homme ne s’est pas prononcé. Les événements politiques tenus en 2018, l’enfant de Hambou notamment à Singani a pris ses distances et il n’a pas appelé à soutenir ni à faire chaise vide.

Mais, choisir le destin des comoriens, Bourhani Hamidou n’est pas indifférent. Lui aussi a le droit de choisir son destin, raison pour laquelle, il appelle ses amis et proches de s’unir en faveur de Me Mahamoudou. A Hambou, la région du président-candidat Azali Assoumani, les candidats de l’opposition peinent à rassembler des électeurs en leur faveur. Mais, l’ancien président de l’assemblée de l’Union des Comores renverse la tendance. A Hambou, la guerre des chiffres.

KDBA

Le week-end dernier, le candidat aux présidentielles, Hamidou Karihila est accueilli en fanfare à Anjouan. Des milliers de personnes se sont déplacées en compagnie du candidat aux élections des gouverneurs, Mohamed Djanfar. Dr Karihila insiste toujours dans ses discours, le respect des accords de Fomboni, gage de la paix du pays.

Après une grande démonstration de force dans l’île autonome de Mohéli, le vendredi dernier, Hamidou Karihila s’est rendu à Anjouan où il a été accueilli en grande pompe. Un accueil laissant l’espoir en plaçant Hamidou Karihila parmi les candidats du premier plan. A Sima Anjouan, les femmes chantaient et acclamaient. Deux noms des candidats seulement à savoir Hamidou Karihila aux présidentielles et Mohamed Djanfar aux gubernatoriales.

 

Dans son allocution, Hamidou Karihila s’est accentué sur la stabilité et la cohésion sociale. « Une fois élu chef de l’Etat, je rendrai le pouvoir à Anjouan en 2021 en respectant l’esprit des accords de Fomboni, gage de la paix, de la stabilité et de l’unité du pays. Mais aussi, de libérer les prisonniers politiques », déclare-t-il. Et lui de promettre également « je vais mettre en place le Madjilis des Ulémas pour que toutes les iles soient représentées et dissocier le ministère des affaires islamiques du ministère de la justice pour bien s’occuper de notre religion. »

 

Selon Dr Karihila, durant sa mandature, 40% des femmes feront partie de son équipe gouvernementale ainsi que candidates aux élections législatives de 2020. Une occasion de donner la femme sa place dans la politique nationale. Pour la création d’emplois, le candidat s’engage à créer au moins 400 projets dans une année sous un financement à hauteur de 10 millions de francs comoriens à travers l’argent du RAU. Le candidat s’engage aussi des soins gratuits.

 

Pour rappel, à Mohéli, Karihila qui a tenu son meeting le vendredi, a été satisfait de l’accueil qui lui a été réservé. Le candidat promet la construction du port de Mohéli. Dans ses discours à Mohéli et à Anjouan, c’est la même rengaine. Il s’est appuyé sur des axes communs pour développer sa politique en appelant les comoriens à voter en sa faveur, le dimanche prochain.

 

KDBA

Une démonstration de force à Anjouan

La CEII en partenariat avec la commission électorale nationale indépendante (CENI) a convoqué les représentants de tous les candidats des prochaines élections dans un atelier d’échange et d’orientation s’est tenu hier à Moroni. C’était pour les conduire à former leurs assesseurs des bureaux de vote.


Un atelier d’échange au Cufop

 Une formation d’harmonisation des élections présidentielles et gubernatoriales. C’est pour mieux se préparer et lutter contre toute sorte de malentendu et d’aider les différents représentants à accompagner leurs assesseurs. Les formateurs ont appelé ces représentants à organiser des élections libres, transparentes, démocratiques et crédibles. C’est à l’issu de la formation des grands formateurs tenue à la Ceni que les représentants sont appelés pour une bonne orientation de leurs assesseurs. Les formateurs ont distribué le code de bonne conduite des assesseurs des partis politiques et des candidats dans les bureaux de vote. Ils ont montré quelques points importants notamment le rôle d’un assesseur et ce qu’il est censé à faire pour le bon déroulement de ce scrutin. Ce code a précisé entre autres les conditions à remplir, la conduite, le droit et le devoir, les processus dans les bureaux de vote à la fin des opérations de vote.

Un des formateurs, le chargé de communication de la CEII, Ibrahim Ben Ali Selemane a souligné qu’il était nécessaire de les appeler pour les orienter plus sur la bonne conduite. Pour lutter contre les difficultés dans les bureaux de vote, les représentants des candidats ont eu une occasion de poser des questions afin de pouvoir former leurs assesseurs quelques jours avant le scrutin. Pour Ibrahim Ben Ali Selemane, « il faut placer la bonne personne qu’il fautt dans le bureau de vote. » Il se félicite car tous les candidats ont été représentés.

H.H

Une proposition de loi d’amnistie est soumise à l’assemblée nationale. Abdou Oussein, président de l’assemblée n’a pas exprimé le contraire. Selon Abdou Oussein, cette loi doit être passée en conseil des ministres et à l’assemblée pour approbation. Mais la suppléance du président ne lui rassure pas que cette loi sera adoptée.

Les parlementaires comoriens se montrent unanimes sur la question des condamnés politiques. Une proposition de loi d’amnistie est soumise à l’assemblée nationale. Mais le mot du gouvernement sur la loi est indispensable. Abdou Oussein, président de l’assemblée nationale se dit prêt à accompagner les parlementaires. Entant que président de cette institution, Abdou Oussein n’a pas écarté sa responsabilité. « J’ai ordonné mon directeur de cabinet d’envoyer cette proposition au conseil du gouvernement », affirme-t-il. Le président de l’assemblée nationale a indiqué que cette proposition de loi « bien qu’elle soit soumise au parlement, elle doit être aussi discutée en conseil des ministres puis retournée à l’assemblée pour approbation. Et cela doit être fait en session extraordinaire. »

 Selon le président de l’assemblée, « c’est le président de la République qui doit convoquer une session extraordinaire », et pourtant souligne-t-il, il ne reste que quelques jours avant la tenue des élections. Ce qui n’est pas sûr que cette procédure pourra aboutir à temps, dit-on. « Moi entant que président de l’assemblée, j’ai exercé mon rôle », dit-il. « La convocation d’une session extraordinaire est-elle possible vu la présidence suppléante. De toute façon, moi je ne sais pas », laisse-t-il penser.

Kamal Saïd Abdou

Surnommé affectueusement « Campagnard », le colonel Mohamed Soilihi mise sur une stratégie de proximité avec les Comoriens pour tenter de battre le président Azali Assoumani à la présidentielle du 24 mars.

Mohamed Soilihi est bien entré en campagne le 13 janvier dernier pour la présidentielle du 24 mars. Une bataille de plus pour ce colonel qui a déjà su tenir tête aux mercenaires de Bob Denard lors du coup d’État de 1995. Ce n’est pourtant pas pour ses faits d’armes que cet officier réputé est surnommé « Campagnard » dans son pays, mais bien pour ses origines sociales. Il n’hésite d’ailleurs pas à les mettre en avant, à mesure que ce novice en politique voit sa cote monter auprès de la population. Jusqu’à bousculer les ambitions de son ancien compagnon Azali Assoumani, qui l’avait sèchement remercié de ses fonctions à la tête de la société nationale d’électricité début 2017.

Jeune Afrique : Pourquoi êtes-vous candidat à la présidentielle du 24 mars ?

Mohamed Soilihi : Face au désordre institutionnel installé par le pouvoir en place, les problèmes de gouvernance et de pauvreté qui s’accentuent et l’échec de la classe politique dans son ensemble, j’ai estimé qu’il était de mon devoir de me présenter.

Vous êtes crédité de bons scores jusqu’à présent. Pourquoi, selon vous ?

Parce que les Comoriens ne croient plus dans une classe politique qui, dans son ensemble, n’a jamais respecté ses promesses. Ils ont soif d’une vraie alternance, portée par une personnalité en qui ils peuvent avoir confiance.

Vous êtes peu connu du grand public, quelle est votre stratégie de campagne ?

J’ai choisi justement la proximité, le contact avec la population pour à la fois mieux connaître leurs attentes et leur présenter mes solutions. J’ai parcouru les trois îles [Grande Comore, Anjouan et Mohéli, ndlr] et j’ai même été en France rencontrer la diaspora. Je peux également m’appuyer sur de nombreux mouvements apolitiques locaux qui soutiennent ma candidature.

« Je ne suis pas un politique et je n’ai donc pas d’approche partisane. »

Pour défendre quel programme ?

D’abord la refonte de l’actuelle Constitution, très loin de renforcer l’unité du pays malgré ce qu’affirme une présidence qui concentre aujourd’hui tous les leviers du pouvoir entre ses mains. Il faut ensuite trouver une réponse durable à la question énergétique, sinon aucun développement économique ne sera possible. Je veux enfin veiller à la moralisation de la vie publique.

Quelles sont vos différences par rapport aux autres opposants ?

Je ne suis pas un politique et je n’ai donc pas d’approche partisane. Mon objectif, à travers cette candidature, est d’amener le peuple à être exigeant avec ses gouvernants, pour que ces derniers développent un sentiment de redevabilité en proposant des solutions pragmatiques, dans le respect des ressources publiques.

« Avec Azali Assoumani nous n’appliquons pas les mêmes méthodes et nous ne défendons plus dorénavant les mêmes valeurs. »

Pensez-vous disposer du soutien d’une partie de la hiérarchie militaire ?

L’armée est ma deuxième famille et comme dans toutes familles, les avis peuvent diverger. J’entretiens par exemple une longue relation avec Azali Assoumani, mais si nous portons les mêmes galons, nous n’appliquons pas les mêmes méthodes et nous ne défendons plus dorénavant les mêmes valeurs. Ce qui nous sépare est plus grand que ce qui nous unit.

Nous constatons ces derniers mois un très net recul des libertés individuelles. Le pays redécouvre des termes oubliés comme ceux de « prisonniers politiques ».

Redoutez-vous des débordements durant ces élections ?

Seulement si le parti présidentiel refuse de jouer le jeu démocratique et tente de faire pression sur les institutions électorales.

Ne craignez-vous pas, avec 12 opposants, de renforcer les chances d’une réélection du président sortant dès le premier tour ?

Avec 13 listes il est mathématiquement impossible qu’un seul candidat puisse passer au premier tour. Et avec sa cote de popularité en baisse, le candidat-président pourrait bien ne pas en faire partie du tout.

Source : Jeune Afrique

Candidat aux élections des gouverneurs de l’île autonome de Ngazidja, Mohamed Ibrahim Abdallah trace sa ligne politique sur 10 axes stratégiques pour le développement de l’île. Très méconnu sur la scène politique nationale, le surnommé Mohamed Cheikh privilégie dans sa mandature une nouvelle vision de gouvernance axée sur le renforcement de l’action internationale des collectivités communales.

Le candidat Mohamed Ibrahim Abdallah

« Ce mode de coopération international au développement va favoriser les relations de jumelage des communes avec des collectivités d’autres pays à travers des conventions », déclare Mohamed Ibrahim Abdallah. Son programme ne se limite pas sur la coopération communale. Le renforcement des communes lui préoccupe car, il est conscient que la promotion d’une politique volontariste dans le domaine intercommunal pour la collecte et le traitement des ordures, est primordiale. Dans cette lancée, une fois élu gouverneur de Ngazidja, Mohamed Ibrahim Abdallah va poursuivre avec l’Etat le renforcement du cadre législatif et réglementaire, l’assistante technique et appui dans le domaine de la mobilisation des ressources et du partenariat, la promotion du secteur privé en accompagnant la diaspora de Ngazidja dans la création d’entreprise au pays.

Au niveau de la santé et de l’environnement, le candidat s’engage à la lutte contre le dépôt des ordures sauvages et plastiques, l’accès à l’eau potable : protection des rivières, construction des réserves d’eau potable ainsi que la création des parcs forestiers. Quant à la religion, ce jeune candidat envisage le renforcement et l’encadrement des écoles coraniques. « Nous allons former et renforcer les capacités des enseignants des écoles coraniques. Mais aussi la création d’une association Massadjid chargée de la mise en valeur et l’entretien des mosquées de Ngazidja », promet-il.

Un axe qui va de pair avec l’éducation. Dans ce secteur, Mohamed Ibrahim Abdallah va renforcer la recevabilité sociale des enseignants et autres intervenants du système éducatif. Il souhaite également l’encadrement des collèges et lycées tout en appuyant les associations qui travaillent dans le secteur de l’éducation.

D’autres axes bénéfiques pour le développement du pays et de l’île en particulier sont mis étalés. Il s’agit de la culture et la cohésion sociale, la coutume et le progrès social, la jeunesse et l’insertion, le tourisme et la bonne gouvernance. « Je m’engage à mettre en place un model démocratique dans la gestion des affaires de Ngazidja », dixit-il.

KDBA

Diminué depuis quelques mois par les emprisonnements massifs de ses leaders au premier rang desquels l’ex-président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, le parti mise sur cette élection anticipée pour sortir la tête de l’eau. Et c’est Me Mahmoudou qui porte cette mission après avoir été désigné comme plan B.

Il fallait saisir sa chance. Le jeune avocat issu de la région de Oichili, l’une des moins favorisées de la Grande-Comore, ne pouvait pas espérer mieux. Être le candidat à l’élection présidentielle du plus grand parti du pays. Il ne pouvait que saisir l’occasion pour tenter d’entrer à Beit-Salam, être le tombeur du colonel Azali de plus en plus contesté, et marqué l’histoire politique de sa région. Et depuis deux semaines, l’avocat, jusqu’ici inconnu dans le paysage politique national, inscrit des points et est désormais considéré comme le seul candidat en mesure de battre le président-candidat qui veut rester au pouvoir encore 10 années.

Et les chances de qualification pour le second tour font l’unanimité après les deux démonstrations de force réalisées à Moroni Ajao et à Mutsamudu Anjouan. Les deux dissidents du parti Juwa, Fahmi Saïd Ibrahim et Jaffar El-Maceli, ne peuvent que s’en prendre à eux-mêmes, nous dit-on, s’ils ne parviennent pas à réunir les foules faute de soutien au sein du parti. En tout cas le pari audacieux du parti de l’ex président Sambi est jugé intelligent par plusieurs observateurs.

« Oichili dominé par un politique qui n’a jamais réalisé sa cause »

Un candidat jeune, avocat, jamais impliqué dans les affaires politiques. Cela répond parfaitement à la demande de la jeunesse et de la société civile comoriens qui attendaient désespérément le renouvellement de sa classe politique. Me Mahmoud est également issu de Oichili, une région peu favorisée politiquement et économiquement et dominée par un personnel politique qui n’a jamais réussi à faire avancer sa cause. Aujourd’hui, avec Me Mahmoud le Oichili a une chance de conduire les destinées de l’archipel. Mais encore faut-il que la région se mobilise massivement en sa faveur.

La réduction du train de vie de l’Etat

En ce qui concerne son projet, le jeune avocat parle de la mise en place d’une justice juste et indépendante qui sera au service de la population et non des gouvernants. Il promet aussi de lutter contre la pauvreté du pays et de réduire le train de vie de l’Etat. Il s’engage surtout à rendre le pouvoir aux Anjouanais en 2021, conformément à la constitution issue des accords de Fomboni. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’un programme qui va dans le sens de ceux qui dénoncent le régime Azali depuis la suppression de la Cour constitutionnelle au mois d’avril 2018. Il reste à voir si l’engouement suscité en faveur de cette candidature et le rejet du pouvoir en place seront traduits dans les urnes le 24 mars prochain. Il faudrait aussi que l’élection soit libre et transparente. Ce que l’opposition en général craint très fortement. 

Un soutien musclé

Le parti dans son ensemble se mobilise à revivre les couleurs jaune et vert, symbole de Juwa. Un parti prêt à se sacrifier pour le pays. Tous les sambistes, les militants, partisans et sympathisants de Juwa s’unissent à barrer la route au régime en place.

Kamal dine Bacar Ali

L’ancien secrétaire d’Etat et candidat aux présidentielles du dimanche prochain, Hamidou Karihila, dans cette interview développe sa contribution au service de la nation surtout dans des secteurs clés.

Vous avez étalé votre programme de développement, quels sont les secteurs qui vous paraissent prioritaires?

Mon programme est composé au total de 16 engagements sur plusieurs secteurs socioéconomique et politico-institutionnel. Président de l’Union des Comores, je m’engage à réduire le salaire du Chef d’Etat à 50% pour soutenir le sport et les handicapés. Il est inadmissible qu’une seule personne quelque soit son statut soit payé de tant de millions alors que le citoyen fonctionnaire gagne moins de 60 mille de nos francs et non parlons  plus de ceux qui n’ont pas du tout de travail à faire. Je prendrai 30% pour soutenir le sport et 20% pour les handicapés. En parlant justement du sport, il sera prélevé  25 francs de chaque vente du kg de riz, 15% du salaire de chaque Ministre et chaque Directeur de société d’Etat pour soutenir les différentes fédérations sportives du pays afin qu’elles organisent leurs championnats, participent à leurs compétitions régionales et internationales mais aussi pour construire des infrastructures sportives dans les régions du pays notamment. J’accorderai aux femmes  une place importante dans mon gouvernement. 40% de mes Ministres seront femmes. Aussi 40% de mes candidats aux législatives seront des femmes. Et toute entreprise créée et/ou dirigée par une femme aura une réduction de 10% de taxes douanières et impôts.

Dans votre programme également, vous envisagez appuyer le journalisme. Comment ?

En ce qui concerne votre profession, le journalisme, je m’engage à garantir la liberté d’expression et de soutenir les medias financièrement afin qu’ils fassent leur boulot dans les meilleures conditions. Ainsi les Directeurs de l’Ortc et Alwatwan seront recrutés par concours. J’instaurerai dans le budget un chapitre de subvention aux médias privés. Les conditions d’attribution seront définies en collaboration avec le conseil National des Médias. Il y a aussi un prélèvement d’une taxe de 5% dans la vente d’un ticket de téléphone de 2 000 kmf pour l’appui aux medias publics et privés.

Ancien ambassadeur dans le monde arabe, la religion musulmane ne fait pas, une de vos priorités ?

Si. Pour protéger les valeurs et les principes de notre religion et pour garantir la paix et la cohésion entre les comoriens, je m’engage à mettre en place un Madjilis des Ulémas représentatif qui se charge de toute question relative à la religion musulmane dans notre pays, à,prôner pour un islam de tolérance et de créer un ministère des affaires islamiques à part entier pour se charger de toutes questions relatives à la protection de l’islam

 

 

La création d’emplois et l’insertion des jeunes font écho dans votre projet de société. Comment comptez-vous financer le projet de création de 400 emplois à chaque année que vous avez annoncé dans votre projet de société?

Force est de constater que la jeunesse comorienne est confrontée à d’énormes difficultés liées à leur formation et à leur intégration dans la vie active avec un chômage avoisinant les 62%. C’est bombe à retardement. On doit agir vite pour éviter le pire car aujourd’hui les déstabilisations constatées dans beaucoup des pays tirent leur origine dans le chômage des jeunes notamment.

En me présentant dans ces élections, j’ai un projet immense qui tient compte justement aux problèmes de la jeunesse surtout en ce qui concerne l’emploi. Président de l’Union des Comores, je m’engage à utiliser l’argent de la Redevance Administrative Unique (RAU) pour financer au moins 400 projets à hauteur de 10 millions le projet en faveur des sortants de l’université. Notre but ici est aussi d’encourager les jeunes à s’orienter dans le priver en créant leurs propres entreprises. Je m’engage également à créer un Fonds spécial destiné à la formation technique et professionnelle des jeunes déscolarisés.

En ce qui concerne le milanantsi, comment comptez-vous accompagner ce processus qui contribue au développement du pays ?

Le Milanantsi continue de gagner les cœurs des Comoriens. Aujourd’hui, l’on constate que même ceux qui, dans la passé,  s’y opposaient farouchement, l’ont fait ou ont l’intention de le faire. L’on constate également que le Milanantsi est une source du développement économique. A travers l’Anda les communautés construisent et aménagent  nos villes et villages. Il Finance des projets de développement communautaire tels que la santé, l’éducation, les infrastructures routières, culturelles et sportives etc. mais aussi le Milanantsi est garant de la paix et de la stabilité sociale dans nos localités et de la solidarité entre les communautés. Bref, malgré des dépenses excessives constatées ici et là dans son organisation, le Milanantsi devient incontournable dans le développement socioéconomique du pays.

Ainsi force est de constater heureusement que la plupart des localités du pays s’efforcent à reformer le Milanantsi au profit du développement. Par ce constat nous nous engageons à accompagner ces bonnes initiatives de restructuration du Milanantsi. Ainsi je m’engage, une fois élu Président de l’Union des Comores à intégrer officiellement le Milanantsi dans la constitution comme étant une composante légale de nos institutions. Autre engagement que je prends s’agit de la création d’un Secrétariat d’Etat auprès du ministère des Affaires Sociales afin de coordonner cette réforme importante. Ce Secrétariat d’Etat sera dirigé par un Notable et composé d’un Cabinet et de départements.  Notre démarche consiste à donner une forme légale et positive au Milanantsi déjà entré dans les cœurs des Comoriens et dont l’impact socioéconomique s’avère incontestable.

Recueillis par Kamal dine B.A

À moins d´une semaine, jour pour jour, de la présidentielle du 24 mars, la campagne électorale se poursuit. Le pays s´apprête à élire son huitième président de son histoire mouvementée, marquée par des coups d´Etat. Analyse.

L’année 2019 s’annonce décisive pour l’Union des Comores. Le pays s’apprête, le 24 mars prochain, à élire le huitième chef d´Etat de son histoire mouvementée. Treize candidats sur les 20 postulants sont retenus par la chambre administrative de la cour suprême pour participer à la prochaine élection présidentielle, dont la campagne se poursuit dans l´ensemble du territoire national. Azali Assoumani, premier et troisième président de l´Union des Comores, a préféré mettre en jeu son mandat pour le destin des comoriens.

Fort de soutien du parti Juwa, Ahamada Mahamoudou apparaît parmi les favoris des présidentielles, en compagnie du candidat de l´Alliance de la Mouvance Présidentielle, Azali Assoumani, du candidat malheureux aux élections de 2016 et ancien gouverneur de Ngazidja, Mouigni Baraka Said Soilihi, de l´ancien secrétaire d´Etat chargé du monde arabe Dr Hamidou Karihila, de l´ancien militaire Soilihi Mohamed Campagnard. D´autres candidats n’arrivent pas pour l’instant à rassembler leurs partisans pour leurs candidatures.

La question de la tournante

Sur 13 candidats en lice, nombreux sont ceux qui, la question de la tournante est préoccupante. Le tour d´Anjouan en 2021 s´impose pour eux en respectant les accords de Fomboni de 2001 qui ont vu la consolidation de la paix nationale. Pour la paix et la stabilité de l´Union des Comores, la tournante doit être respecté selon la plateforme des 11 candidats contre Azali Assoumani. Et si, un des 11 candidats de l´opposition est élu chef de l´Etat, il aura deux ans de mandat afin de passer la main le 26 mai 2021, à un anjouanais, pour la protection de la paix.

Quelle place pour l´économie ?

Malgré un taux de croissance de 3 %, l’économie comorienne ne décolle pas. Quelques routes sont bien réhabilitées et construites ces dernières années, mais les infrastructures restent, en général, en piteux état et la crise énergétique que connaît le pays depuis toujours n’en finit pas. Qu’il s’agisse de restructurer l’État et son administration pléthorique pour assainir les dépenses publiques ou de lancer la nécessaire diversification créatrice de richesse et d’emplois dans un pays où le chômage est plus de 40%.

Les différents candidats ne font donc pas de la relance économique la priorité de leurs programmes, avec la lutte contre la corruption, endémique sur l’archipel. Si l´économie du pays connait un taux de croissance de 3%, c´est à travers la flambée des taxes douanières, l´énergie, depuis 2016. Certains candidats s´engagent à la réduction des salaires des élus au service du développement, aux frais douaniers et quelques prix des produits exportés. Et ça s’arrête là.

L´insertion des jeunes ?

Au grand dam des citoyens, la lutte contre le chômage doit être prioritaire pour chaque candidat. Malgré les engagements des candidats pour la création d´emplois, personne ne définit pas son plan d´action de l´insertion de la jeunesse désespérée. Le président-candidat avait promis « un jeune=un emploi » lors des échéances présidentielles de 2016, mais rien de concret. La création d´emplois est un souci majeur et l´important ce n´est pas d´annoncer la création d´innombrable emplois, mais, de faire savoir d’où proviendra le financement ou le domaine d´insertion.

La santé et l´éducation

Pendant qu´un pays ne soit pas émergeant sans la santé et l´éducation, les candidats qui se montrent prêts à faire décoller le pays mettent en priorité la santé et l´éducation. Et autant que le président Azali a lancé le projet de construction du centre hospitalier universitaire d´El-Maarouf, le nouveau président n´a pas droit à l´erreur. Au niveau éducatif, les nouvelles autorités devraient négocier avec les syndicats afin d´éviter les grèves et améliorer leurs modes de vies, d´où, les avancements. Mais les candidats n´arrivent pas à faire du secteur éducatif, le fer de lance du développement du pays. Bref, le manque de programme ou projet de société se constate.

Et la diaspora !

Dans ce contexte socialement délicat, le vote de la diaspora comorienne est perplexe. A chaque élection, les candidats battent campagne en France et une fois au pouvoir, le vote de la diaspora n´est jamais mis sur table. Pour la première fois dans l’histoire du pays, le vote de la diaspora comorienne surtout de la France était très attendu en 2016. Estimée à près de 300 000 personnes, rien qu’en France, la diaspora contribue au développement économique et social de l´Union des Comores. Peu des candidats ont annoncé de donner la diaspora comorienne le droit de vote.

Kamal dine Bacar Ali

Candidat aux élections des gouverneurs à Ngazidja, Mohamed Elhad Abbas, promet une barrière contre la famine, afin de permettre un niveau de vie bien améliorée. Dans son programme, la vie du quotidien, l’énergie, le secteur primaire, entre autres animent l’ancien ministre de la justice et candidat aux gubernatoriales dans le souci de construire l’île de Ngazidja.

Mohamed Elhad Abbas.

Nourri par la volonté de servir le développement économique du pays en particulier l’île de Ngazidja, Mohamed Elhad Abbas, candidat aux gubernatoriales,  place au centre de ses projets,  une vision politique qui tant  à lutter contre la pauvreté à Ngazidja. « Mon vœu le plus cher, reste celui de voir dans les cinq ans à venir le niveau de vie des habitants de l’ile de Ngazidja avec des infrastructures régionales modernes répondant au besoin de tout un chacun », déclare Mohamed Elhad Abbas. Selon lui, il reste une grande tache à faire au niveau insulaire pour qu’un sentiment de bien-être soit installé dans les foyers.

Mohamed Elhad Abbas se contente à promouvoir l’économie sur  plan agricole, et à profiter également la mer et le tourisme pour construire l’île de Ngazidja. « Tous ces secteurs constituent un tremplin au développement », dit-il. Les difficultés que traversent les régions éloignées de la capitale Moroni dont, l’accès à l’eau potable, l’électricité et des instruments scolaires et sanitaires, l’ancien ministre de la justice promet de barrer la route contre l’accroissement de cette situation alarmante. « Je ne laisserai aucune personne pouvant contribuer à atteindre mon objectif quel que soit sa position politique, ses origines insulaires ou racines. Je ferai en quelque sorte que tous les habitants de Ngazidja soient chez eux en sécurité », assure-t-il. « Nous allons moderniser le plateau technique des centres de santé de district et un personnel adéquat », renchérit le candidat Mohamed Elhad Abbas.

Nassuf. M. Abdou (stagiaire)