ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Accusé de faux, usage de faux et forfaiture au sujet de l’enquête sur la citoyenneté économique, l’ancien député de la région de Badjini et membre du parti Juwa est libéré samedi dernier. Mais aussi Dr Chakour, dont son accusation est liée à l’agression du gendarme bénéficie lui aussi, une liberté.

Député Sidi et Dr Chakour

L’ancien député de la région de Badjini et Dr Chakour, tous deux, membres du parti Juwa sont enfin libres. La nouvelle est tombée dans la matinée du samedi dernier. Presque 8 mois depuis que le député de la région de Badjini, membre du parti Juwa et ancien vice-président de l’assemblée nationale est accusé de faux, usage de faux et forfaiture au sujet de l’enquête sur la citoyenneté économique.

Agé de 64 ans, l’état de santé du député de Badjini n’était pas stable. Dans nos éditions précédentes, Djamalidine Soiliha, avocat de Sidi a souligné que des recours ont été exercés devant la chambre d’accusation demandant la libération de son client. Parmi les motifs évoqués, l’âge, la santé et les conditions de détention de son client. Sidi est libéré par la chambre d’accusation.

Autant que cette décision ait tombé dans la matinée, Plusieurs questions tournent autour de cette décision judicaire ayant mis en liberté le député Sidi, pendant que d’autres personnes citées dans cette affaire sont en prison. Quant à Dr Chakour, accusé sur l’affaire d’agression du gendarme le 30 juillet 2018, est libre. Celui-ci a purgé sa peine. Il a été condamné à 12 mois dont 8 mois ferme et 3 mois de prison avec sursis. Mais d’autres détenus sur le même chef d’accusation se trouvent derrière les bagnes. Al-Fajr a essayé de joindre leurs avocats, en vain. Précision dans nos prochaines éditions.

Kamal Saïd Abdou

Comme il a été prevue dans la constitution de l’Union des Comores du 30 juillet 2018, une session ordinaire est ouverte le vendredi dernier. Certains parlementaires remettent en cause l’ouverture de la session au motif qu’une partie des prérogatives de l’assemblée est dévolue au gouvernement.

L’assemblée nationale

L’assemblée nationale a ouvert depuis vendredi la session ordinaire de l’année. Une session prévue par la constitution. Abdou Oussein, président de l’assemblée nationale, précise que la constitution a déjà prévu que « chaque année, il y a deux sessions parlementaires. Le mois d’octobre et le mois d’avril précisément le premier vendredi du mois. » Mais de ce grand rendez-vous parlementaire, les députés n’auront qu’attendre les directives du gouvernement. « Le gouvernement va nous envoyer les lois, mais il n’y aura pas un débat fixe », a-t-il dit.

De l’autre côté, Ibrahim Mohamed Soulé, député de Moroni nord, souligne l’état actuel qui prévaut l’assemblée nationale. Faisant référence de la constitution nouvellement mise en œuvre, le député de Moroni nord « le gouvernement nous a pris tous » déplore-t-il. Mais dit-il, c’est à la session parlementaire que les vraies questions doivent être posées « mais je ne crois pas que ça sera le cas dans la mesure ou le président de l’assemblée est de leur côté », a-t-il insisté.

 S’appuyant sur les derniers évènements à l’assemblée nationale, Ibrahim Mohamed Soulé a souligné entre autres, le cas de la loi d’habilitation sur les conditions d’éligibilité du président de la république où le chef de l’état l’a décrété par ordonnance et le projet de loi relative à l’amnistie aux prisonniers politiques. « La nouvelle constitution de 2018 a fait que lorsqu’il y aura une proposition de loi, celle-ci doit être approuvée en conseil des ministres avant qu’elle soit transmise aux parlementaires », se plaint-il. La loi des finances de cette année est mise en exécution sans l’accord des parlementaires, les députés crient. Bien que la constitution ait prévu la session ordinaire au mois d’avril, mais le parlementaire issu du parti Juwa s’interroge sur la tenue de la session « comment tenir une session et pourtant nous n’avons pas travailler sur la loi des finances de cette année ? »

Kamal Saïd Abdou

Dans un contexte tendu entre l’opposition et le pouvoir en place suite aux élections du 24 mars dernier, Mouigni Baraka Saïd Soilihi, président intérimaire du CNT a rejeté la tenue des élections aux Comores. Pour le président du Cnt « « Il n’y a pas eu d’élection, c’est un coup d’État. » 

Mouigni Baraka Said Soilihi

Des candidats aux élections présidentielles continuent à contester les résultats du scrutin du 24 mars dernier. Nombreux réclament la tenue des autres élections démocratiques, transparentes et crédibles. Urnes saccagés, bourrage et autres irrégularités constatées, selon le rapport préliminaire des observateurs internationaux. Un scrutin entaché. Mouigni Baraka Saïd Soilihi, un des candidats aux élections du 24 mars dernier rejette l’hypothèse des élections. Pour lui, il s’agit « d’un coup d’état. » L’opposition ne compte pas se branler les couilles, elle tente des actions afin de mettre fin la règne du colonel Azali Assoumani. Pour que cette démarche soit une réalité, Mouigni Baraka Saïd Soilihi a souligné que « d’abord, il faut que l’opposition s’organise. Et cela n’a pas été facile parce que, c’est douze candidats des partis politiques différents et d’ailleurs la plupart aussi, ce sont des candidats indépendants. Et c’est pour cela que nous avons créé le CNT ».

« Les résultats de la Cour suprême n’engagent pas les Comoriens »

 Pour Mouigni Baraka Saïd Soilihi, la victoire est de son côté, la création d’un conseil national de transition n’est pas en vain. Certes, le président Azali tient le monopole, mais le Cnt reste optimiste quant à la solidarité de ses membres et le soutien manifesté par la population, dixit-il. Qualifiant Azali comme un « dictateur », Mouigni Baraka estime que « nous pensons toujours que nous pourrons gagner, quelle que soit l’armada qu’il a. Il n’est pas le seul dictateur qui a cette armada. Mais après tout, ils sont tous tombés. » Bien que la cour donne faveur au candidat Azali Assoumani, avec un pourcentage de 59, O7%, le président intérimaire n’a pas mis de gants pour dévoiler le plan engagé. Vis-à-vis d’une telle victoire, Mouigni Baraka Saïd Soilihi se dit confiant du combat du CNT. Selon lui « Les résultats de la Cour suprême n’engagent pas les Comoriens. Nous comptons continuer le combat pour aller vers l’annulation de ces élections ».

Dans son mot d’ordre, le Cnt exige quelques reformes pour un véritable état de droit et le respect de la démocratie. A en croire le président du CNT, ceci demande « D’abord l’annulation des élections. Ensuite, la mise en place d’un gouvernement de transition et cette structure va bien sûr aller vers l’organisation d’autres élections, avec d’autres organes qui ne seraient pas la Céni qui ne seraient pas la Cour suprême d’Azali. »

La crise post-électorale déchire le pays, le Cnt se dit prêt à dialoguer pour l’intérêt de la nation. Pour un dialogue franc, le président intérimaire du Cnt Mouigni Baraka, a exprimé la disponibilité du Cnt sous des conditions « Nous sommes prêts à dialoguer, mais ce dialogue doit être bien sûr patronné par l’Union africaine. Mais je pense que c’est au cours de ce dialogue que tout sera décidé », précise-t-il. Le président Azali Assoumani tend la main au côté des adversaires politiques pour reconstruire le pays, de l’autre côté des arrestations, intimidations et musellement de la liberté de presse se poursuivent. Mais l’opposition se solidarise et fustige le gouvernement dans leurs agissements. « Mais les arrestations, ce n’est pas ça qui nous fait peur », a-t-il rassuré.

« Le sang, c’est Azali qui le fait… »

Dire que l’objectif de l’opposition est de faire du sang n’est plus dans leur perspective, « Et dire que la manifestation, c’est du bain de sang, le sang c’est Azali qui le fait parce que c’est lui qui a des armes » insiste-il. Un pouvoir affaiblit, mais qui fait semblant de continuer le combat. Le Cnt se mobilise et fait front contre le pouvoir d’Azali Assoumani. De cela, Mouigni Baraka affirme entre autres que « la réalité ici, c’est le pouvoir qui est faible. Mais la réalité du pouvoir, c’est dans la capitale. Donc, lorsqu’il y a soulèvement dans toutes ces régions, lorsque ces gens-là se sentiront tous concernés, le pouvoir ne résistera pas. Le pouvoir est dans l’impossibilité aujourd’hui de quadriller tous les villages. »

« Une seule vision, un seul combat, aucune division à l’intérieur du Cnt »

Autant qu’un seul candidat n’a pas signé la charte, déclare Mouigni Baraka ne signifie pas une division de notre part. « Ce n’est pas une division, chacun a sa manière de réfléchir. C’est plutôt l’échange, tout ce qui se décide, c’est que nous sommes tous d’accord. La charte vient d’être signée. Pour le moment, sur les douze candidats, il n’y a qu’un seul candidat qui n’a pas signé. Le plus important, c’est que chacun doit écouter l’autre ». Le gouvernement attaque aux membres du Cnt, mais la pression menée par le régime du colonel Azali aux yeux de Mouigni Baraka est insensé. « L’État fait tout pour étouffer le CNT. Donc ce n’est pas du retard, c’est la pression du groupe Azali, c’est insensé » a-t-il conclu. 

Kamal Said Abdou

Le 21 avril prochain, les élections du second tour auront lieu. A Ngazidja, le match oppose Mhoudine Sitti Farouata et Aboudou Soefo. A travers une conférence de presse tenue vendredi dernier, le député Mohamed Abdoulatuf insiste que l’île de Ngazidja demande un dirigeant capable de relever les défis des wangazidja et des comoriens en général.

Mohamed Abdoulatuf devant la presse

Les wangazidja ont répondu massivement aux urnes le 24 mars dernier. Bientôt, le second tour et député Mohamed Abdoulatuf appelle les grand-comoriens à voter en faveur d’Aboudou Soefo, un candidat, dit-il, qui reconnait les doléances du peuple. « Nous avons cru que notre candidat Aboudou Soefo sera élu dès le premier tour. Contrairement aux rumeurs, je vous confirme qu’Aboudou Soefo ne retire pas sa candidature. Il n’est pas le temps qu’Aboudou Soefo retire sa candidature car il est le seul candidat qui répondra les défis des grands comoriens », déclare-t-il.

Selon lui, la candidate n’est pas en mesure de répondre aux besoins des wangazidja. « Nous demandons un dirigeant expérimenté et Sitti Farouata n’a pas l’expérience. Le gouverneur d’aujourd’hui connait des lourdes tâches et Farouata n’est pas en mesure de les répondre. Je pense que Farouata est trompée par ses siens », indique le député Mohamed Abdoulatuf, du parti Radhi. Et lui de se plaindre, « ce qui m’inquiète de plus, la candidate n’arrive pas à lire un discours en shikomori. Les grands comoriens veulent un enfant de la grande-Comore qui sait lire le shikomori.

« Tous les politiques et administrateurs ne sont pas tranquilles car, certains parmi eux, attendent des arrestations, des licenciements », dit-il. Si dans des pays étrangers, des femmes dirigent leurs pays, c’est parce que leurs traditions ne les excluent pas. Mais aux Comores, on ne peut pas être gouverné par une femme, précise le conférencier. Le député appelle aux Ulémas de dénoncer cette candidature. « Le parti FNJ, un parti politique soutenant la politique du chef de l’Etat Azali Assoumani se solidarisait de la candidature de Mme Sitti Farouata car ils sont convaincus que cette candidature est hors normes », a rappelé le député.

KDBA

La chambre administrative de la cour suprême s’est pliée le mardi dernier. Selon elle, Azali Assoumani est réélu président de l’Union des Comores avec 59,05%. La déclaration de la cour suprême n’était pas étrange aux yeux des comoriens. Azali est réélu président de sa propre succession.

Un pari réussi ? Alors que les élections du 24 mars dernier sont contestées par nombreuses formations politiques et des personnalités politiques, la chambre administrative de la cour suprême a publié les résultats définitifs. Et c’est Azali Assoumani qui est sorti vainqueur. 83078 voix exprimées en faveur d’Azali selon la cour suprême, soit, 59,05%. Une victoire savourée par ses proches et sympathisants avant les résultats définitifs. Il est élu dès le premier tour avec son gouverneur à Anjouan, Anissi Chamsidine 61,28%. Ses gouverneurs à Ngazidja et à Mwali passent au second tour.

Derrière Azali Assoumani, il y a le candidat de Juwa, Ahamada Mahamoudou 15,71%. Ce dernier était le vrai challenger d’Azali. Les opposants du régime en place ne cessent de manifester leur mécontentement, de dénoncer les irrégularités électorales. Des irrégularités, qui, selon eux, « ont poussé la Ceni et la cour suprême à se déclarer en faveur du président Azali. »

A retenir que la situation post-électorale du pays ternie l’image de l’archipel. Avant, pendant et après les élections, les comoriens vivent un climat de peur, d’intimidation : arrestations arbitraires, insurrection, affrontements militaires, musellement de la presse. Les autorités au lieu de réfléchir du devenir du pays, elles s’occupent des festins.

KDBA

Les résultats définitifs des présidentielles et des gubernatoriales sont proclamés par la Cour suprême statuant en matière électorale. A Ngazidja et à Mwali, les électeurs sont attendus à nouveau aux urnes le 21 avril prochain pour le scrutin du second tour comme l’a précisé le décret portant convocation du collège électoral.

Le scrutin du second tour passionne-t-il les comoriens surtout les mohéliens et grand-comoriens ? Une seule certitude : au lendemain de l’élection présidentielle et des gouverneurs qui se déroulait le dimanche 24 mars dernier, c’est bien un mouvement riche et puissant qui lutte toujours contre les résultats et qui dénonce un coup d’état électoral, un hold-up électoral, une mascarade électorale. Un mouvement aux commandes d’un conseil national de transition veillant à la paix, la stabilité, la sécurité post-électorale.

Alors que plus de la moitié des électeurs s’opposent au régime en place et que  4 candidats sont en lice, le vrai match se joue à Ngazidja (Mhoudine Sitti Farouata contre Aboudou Soefo) et à Mwali (Said Baco Attoumane contre Mohamed Said Fazul). Des mascarades électorales, des saccages d’urnes, des bourrages d’urnes entre autres sont dénoncés par la quasi-totalité des comoriens. Les candidats de l’opposition, des femmes de différentes associations ont descendu dans les rues mais, tous, ont été dispersés par les forces de l’ordre.

Dans ces conditions, le scrutin ne semble guère passionner l’ensemble des électeurs des deux îles, pourtant confronté à des défis immenses. A commencer par les arrestations « arbitraires », le non-respect de la liberté d’expression, le hold-up électoral, la fusillade militaire à Kandani laissant derrière elle des morts et des blessés. Dans cet archipel moins peuplé, la richesse la plus indécente côtoie une misère terrible. D’où, la paix s’en va.

Les Comores, un des pays riches en matière de paix et de sécurité, détiennent désormais le triste extrême d’insécurité et d’instabilité. Une misère absolue qui touche l’ensemble du territoire national. A Mohéli, déversement des clous sur le tarmac de l’aéroport, à Anjouan, insurrection dans la médina, à Grande-Comores, coup d’état déjoué, affrontements militaires…

La réélection du président Azali Assoumani renforce pour certains le climat de terreur et de peur.  Lors de son élection en 2016, Azali avait promis de relancer une politique devant construire le pays et de lutter contre les actions qui gangrènent toutes les structures du pays. Certes, l’ancien militaire, a eu la chance de faire son mieux pendant deux ans et demi, mais la montée brutale des taxes douanières, le licenciement des jeunes et autres actions, font de lui, le président mal aimé de tout un peuple.

Très vite, le chômage atteint des records, touchant officiellement plus de 40 % de la population, et l’inflation se maintient contraignant à la survie une masse croissante de jeunes comoriens. Malgré une forte reprise depuis son arrivée au pouvoir, les réformes ont été trop lentes et les mesures de lutte contre la corruption ont déçu. En s’attaquant en priorité à ses adversaires politiques, le président a donné l’impression d’utiliser l’arsenal judiciaire pour juger les politiques, « sans traiter le fond. »

 Azali peut-il faire mieux ? En tout cas, il se recompose en permanence autour d’alliances. Les Comores ont connu le théâtre d’un duel électoral. Cette fois-ci, l’élection se joue entre 4 candidats issus du pouvoir et de l’opposition. Mais le second tour impressionne moins d’électeurs comoriens, dit-on.

Kamal dine Bacar Ali

Le procureur de la république a convoqué Mouigni Baraka, ancien gouverneur de Ngazidja et candidat malheureux aux élections présidentielles, à la justice hier lundi. Mais des habitants de la ville de Ntsudjini ont empêché Mouigni Baraka Said Soilihi de se rendre à la justice en barrant la route.

Empêchement de Mouigni de se rendre à la justice

Une audition avortée. Les habitants sympathisants de Mouigni Baraka Said Soilihi ont envahi sa résidence et ils l’ont bloqué de se présenter à la justice, hier lundi matin. Cette personnalité politique n’arrivait pas à sortir de chez lui. Selon député Oumori M’madi Hassani, le gouverneur n’a pas été convoqué par le procureur de la république. « C’était un rendez-vous au bureau du procureur de la république. Un rendez-vous avorté par la localité de Ntsoudjini pour des raisons de sécurité », a expliqué le parlementaire. Devant la presse, le député a fait savoir que suite aux réactions de la ville de Ntsoudjini, il s’est rendu au bureau du procureur pour lui faire part de la situation.

Consciemment, le député a choisi de garder le silence sur sa conversation avec Mohamed Abdou, procureur de la république. « Je ne vous dirai rien sur ma conversation avec le procureur de la république. Je connais le but du rendez-vous de Mouigni Baraka Said Soilihi avec le procureur de la république mais je préfère ne rien dire », entend-on.

Une convocation de la part de la brigade de recherche a été adressée à  Mouigni Baraka. La brigade de recherche devrait se rendre à Ntsudjini dans la résidence de Mouigni Baraka pour des enquêtes. Cela n’était pas le cas, elle s’est rendue à Voidjuu, dans sa boulangerie. Le parlementaire dénonce fermement la violation de la consigne de la brigade de recherche notée sur la convocation.

Selon le député Oumouri, des négociations sont en cours avec la localité de Ntsudjini afin d’arriver à un consensus devant permettre à Mouigni Baraka de se rendre à la justice pour son rendez-vous avec le procureur de la république.

El-Aniou

Les comoriens d’ici et ailleurs ne cessent de dénoncer la mascarade électorale du dimanche 24 mars. La diaspora comorienne de Marseille s’est mobilisé dimanche dernier à travers une manifestation. Dans cette interview, Ali M’madi, membre du collectif des comoriens de l’extérieur a accepté de répondre à nos questions.

Ali M’madi, membre du collectif des comoriens de l’extérieur

Le dimanche dernier, la diaspora comorienne a organisé une manifestation à Marseille. Pourquoi ce rassemblement ?

Effectivement, nous avons organisé une manifestation qui a réuni plus de 5 000 personnes à Marseille. Le but c’était de montrer au gouvernement comorien que nous ne sommes d’accord avec la mascarade électorale qui a été organisée le 24 mars. Nous avons voulu surtout dénoncer le basculement de notre pays vers la violence. Nous nous félicitons de la réussite enregistrée qui montre à quel point les comoriens de Marseille ont pris conscience de la situation qui prévaut dans leur pays d’origine auquel ils sont particulièrement attachés.

Le message est-il bien passé ?

Nous estimons qu’au moins la mobilisation a été suivie. Les Comoriens de Marseille et de France a fait passer son message d’une manière très clair. A-t-on été entendus ? ça, on verra la réaction de M. Azali et de son gouvernement. Mais, pour nous le combat continue jusqu’à ce que la démocratie triomphe dans notre pays.

Etant ancien directeur de publication d’un journal hebdomadaire local, quel est votre point de vue par rapport à la confiscation des journaux Masiwa, Al-fajr et la Gazette des Comores par le ministre de l’intérieur ?

Ce qui se passe dans notre pays depuis plusieurs mois est scandaleux. On n’a jamais vu ça, y compris à l’époque de mercenaires. Je condamne fermement l’attitude du gouvernement et des services du ministère de l’intérieur qui sont en train de faire des Comores une république bananière.

Votre dernier mot…

Je dirais simplement que personne n’a intérêt que notre pays s’enfonce dans une crise. On a tous à gagner si on préserve la paix et la stabilité. Je veux donc lancer ce message simple à M. Azali: annulez purement et simplement la mascarade du 24 mars si vous voulez préserver cette stabilité. Arrêtez d’être toujours l’homme de la déstabilisation des Comores.

Recueillis par KDBA

Le procureur de la république, Mohamed Abdou a convié la presse la semaine dernière. L’occasion pour le procureur de la république de mettre en garde certaines autorités. Très ferme, le procureur de la république insiste qu’il prendra toutes ses dispositions pour châtier à toute personne voulant détruire l’image du pays.

Le procureur de la république devant la presse
Le procureur de la république devant la presse

Les candidats de l’opposition sont mis en garde par Mohamed Abdou, procureur de la république. Il les appelle à contrôler leurs langages. Un langage, qui, selon le procureur de la république « incite à la violence. »  « J’avais convoqué le capitaine Rachad qui tenait un langage non approprié. C’était un rappel. La prochaine fois, j’exécuterai », a déclaré le procureur de la république, Mohamed Abdou.

Parlant des incidents du jour du scrutin, le procureur affirme qu’ « une enquête préliminaire est d’ores et déjà ouverte. » Pour le procureur de la république, 80% des citoyens sont soupçonnés avoir commis d’infractions le jour des élections dont quatre candidats.  « Des urnes sont saccagées dans certaines régions, des blessés, agressions, routes barrées. Un agent de la Ceni et un gendarme sont victimes des coups », a témoigné le procureur de la république.

« Toute personne ayant été victime le jour du scrutin a le droit de porter plainte. Toutefois, tout ce qui concerne une infraction de l’Etat notamment l’agression du gendarme, ainsi que celui de la Ceni, en ma qualité de procureur de la république, la loi me donne droit de procéder à une ouverture d’enquête sans entendre une plainte des victimes », montre-t-il.

Le conférencier a rappelé que le jour du scrutin, il a ordonné la gendarmerie de libérer les candidats  Campagnard et Archimete suite à leur détention à la gendarmerie. Mohamed Abdou prévient qu’il ne fera plus de traitement de faveur une seconde fois.  « C’est une mesure de prévention. Un rappel de l’ordre. Je ne le ferai plus une seconde fois », conclut le procureur de la république. 

El-Aniou

Quelques minutes après sa déclaration dans sa résidence à Moroni, le candidat malheureux aux présidentielles de 2019 et ancien militaire, Soilihi Mohamed alias Campagnard est en arrestation. La police d’intervention de la gendarmerie nationale s’est rendue dans sa résidence en l’arrêtant, le jeudi dernier.

Campagnard aux mains de la PIGN

Alors qu’il s’est déclaré le chef du conseil national de transition, le colonel Campagnard est dans un état d’arrestation. Après sa libération le jour du scrutin après des heures à la gendarmerie nationale, Campagnard est arrêté à nouveau par la PIGN dans sa résidence à Moroni. Soilihi Mohamed s’est déclaré le président du conseil national de transition.

Selon un témoin, « la gendarmerie nationale s’est rendue à la résidence de Campagnard après avoir fini sa déclaration. L’ancien militaire a reçu la force de l’ordre et après quelques minutes de discussion, la PIGN a débarqué et l’a arrêté », a dit notre interlocuteur. Les proches de Campagnard ignorent le lieu où Campagnard est incarcéré.

La situation que traverse le pays actuellement est inquiétante. Un climat de terreur et de peur. Les citoyens se demandent où va le pays. Des moments après son l’arrestation de Campagnard, le commandant Fayçal s’est évadé de la prison. Il a été détenu suite au coup d’état raté. Son évasion ainsi que l’arrestation de Campagnard a changé la donne. Des convois militaires ont quitté la gendarmerie nationale avec des gendarmes armés. Les voitures ont été vidées à la station CEM. Un gendarme armé a chassé les citoyens qui se trouvaient aux alentours pour des mesures de sécurité.

La rédaction