ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Avocat de l’ex-président Ahmed Abdallah Sambi, Mahamoud Ahamada a été désigné comme le candidat officiel du parti Juwa, qui fera face aux douze autres personnalités en lice à la présidentielle du 24 mars, dont le président Azali Assoumani.

Après plusieurs rebondissements, le nom du candidat officiel de Juwa pour la présidentielle du 24 mars est enfin connu. Il s’agit de Mahamoud Ahamada, âgé de 49 ans et surtout remarqué dans le premier parti d’opposition pour être l’avocat de son leader, l’ex-président Ahmed Abdallah Sambi, placé en détention provisoire depuis plus de six mois. À charge pour cet inconnu du grand public de fédérer sur son nom, alors que deux autres membres de Juwa se sont également lancés dans la course présidentielle. « À la fin, il n’en restera qu’un », rappelle Mahamoud Ahamada, en espérant parler de lui.

Jeune Afrique : Votre désignation semble loin de faire l’unanimité au sein du parti Juwa. Pensez-vous pouvoir rassembler votre camp ?

Mahamoud Ahamada : Je n’ai aucune inquiétude. Le parti me soutient à bout de bras depuis que j’ai été confirmé candidat par ses plus hautes instances. Les démonstrations de force que nous avons organisées ces dernières semaines dans les différentes îles ont montré la mobilisation de nos militants et la confiance qu’ils m’accordent. Et je sais aussi bénéficier du support d’Ahmed Abdallah Sambi, même si je ne lui ai pas demandé.

Vous avez passé une bonne partie de votre campagne sur Anjouan. Pensez-vous que celui qui remportera l’île sera élu ?

Toutes les îles sont importantes dans cette campagne, car le principal enjeu de cette élection est bien de réinstituer le principe d’une seule tournante de cinq ans, pour permettre à Anjouan de prendre la présidence dès 2021 comme le prévoyait l’ancienne Constitution. L’actuelle ne semble avoir pour but que de disloquer le pays. Et de profiter au pouvoir en place qui s’est taillé un texte sur-mesure.

Que reprochez-vous au président Azali Assoumani, élu en 2016 grâce au soutien de Juwa ?

Dès son arrivée au pouvoir, il n’a pas respecté le mandat pour lequel il a été élu. Il n’a pas écouté les volontés de la population comorienne, ni son désarroi. Azali Assoumani utilise aujourd’hui des méthodes non démocratiques auxquelles nous sommes décidés à mettre fin. C’est pour cela que nous avons créé cette plateforme de l’opposition, pour barrer la route à Azali Assoumani, derrière un candidat unique au second tour.

S’il y a un second tour… Ne craignez-vous pas une victoire du président sortant dès le soir du premier tour ?

Il ne bénéficie pas des soutiens qui lui permettraient un tel résultat. Au contraire, je pense même qu’il ne gagnera pas au soir du second tour. À moins de tenter de passer en force comme lorsqu’il refuse de fournir les accréditations aux observateurs qu’il a lui-même demandé à la communauté internationale. Leur présence est pourtant indispensable aux yeux de l’opposition.

Redoutez-vous des débordements lors de ces scrutins ?

Il faudra être vigilant si nous voulons éviter toute tentative de manipulation des résultats, toute pression exercée par les forces de l’ordre sur les électeurs, comme cela a pu être constaté à certains endroits lors du référendum de 2018. Tout le monde doit rester dans son rôle pour que l’ensemble du processus puisse se dérouler en toute transparence. À commencer par le président lui-même.

Source : Jeune Afrique

Mouigni Baraka Saïd Soilihi, candidat indépendant à la présidentielle du 24 mars prochain face au président Azali Assoumani, plaide pour un retour à une réforme constitutionnelle, dont il juge la dernière comme étant « dangereuse pour l’unité des Comores ».

Et si Mouigni Baraka Saïd Soilihi représentait une réelle option face au président Azali Assoumani à la présidentielle du 24 mars prochain ? L’ancien gouverneur de l’île de la Grande Comore, de 2011 à 2016, veut le croire. Au premier tour de la présidentielle de 2016, il était arrivé devant l’actuel chef de l’État.

À bientôt 52 ans, celui qui fut longtemps responsable des douanes comoriennes repart en campagne pour dénoncer « un régime arbitraire et corrompu » et surtout pour revenir sur une réforme constitutionnelle qu’il juge « dangereuse pour l’unité des Comores ».

« Il ne faut pas laisser le champ libre à azali assoumani »

Jeune Afrique : Qu’est-ce qui vous pousse à vous présenter à la présidentielle du 24 mars ?

Mouigni Baraka Saïd Soilihi : J’estime qu’il est de mon devoir de sauver la cohésion sociale, l’unité et l’intégrité nationale, mises à mal par l’arrivée de cette nouvelle Constitution taillée sur mesure pour le président. Je me présente pour qu’un véritable débat puisse avoir lieu sur ce sujet durant la campagne mais également pour lutter contre le durcissement de l’actuel régime qui menace notre jeune démocratie. Il ne faut pas laisser le champ libre à Azali Assoumani.

Mais avec douze candidats, l’opposition ne craint-elle pas de lui faciliter la tâche lors du premier tour ?

S’il y a une chose que je peux aujourd’hui vous assurer, c’est que, contrairement à ce qu’il ne cesse d’affirmer, Azali Assoumani ne sera pas élu au soir du premier tour. L’électorat reste essentiellement « territorial » aux Comores. Il sera donc aussi fragmenté sur la Grande Comore que le nombre de candidats est important. Ensuite, je doute que le président fasse le plein des voix sur l’île d’Anjouan, très remontée contre l’emprisonnement de plusieurs de ses responsables politiques de premier plan, ou sur celle de Mohéli, majoritairement opposée à la réforme constitutionnelle. En partant bien sûr du principe que nous aurons une élection juste et transparente.

« Nous demandons à la communauté internationale d’envoyer des superviseurs internationaux »

Comment vous en assurer ?

C’est le principal objectif de la plateforme mise en place par l’opposition. Nous avons déjà contacté la communauté internationale pour qu’elle sécurise les scrutins sur l’ensemble du territoire. Plus encore que des observateurs, nous demandons qu’elle envoie des superviseurs internationaux, avec des capacités de contrôle renforcées dans les bureaux de vote comme dans les différentes instances nationales chargées du recomptage, comme la Ceni [Commission électorale nationale indépendante, ndlr] ou la Cour suprême.

Redoutez-vous certains débordements durant le scrutin ?

Bien sûr, avec le climat politique délétère qui règne aujourd’hui dans le pays. Les arrestations arbitraires se sont multipliées ces derniers mois, au sein de l’opposition comme de certains médias, par un régime qui concentre aujourd’hui tous les pouvoirs entre ses mains, à commencer par le judiciaire. L’actuel président Azali Assoumani n’a plus rien à voir avec celui qui était au pouvoir entre 2001 et 2006. À cette époque, il avait des ambitions pour son pays. Aujourd’hui, il en a seulement pour lui et son clan.

Quelles seraient vos premières mesures en cas de victoire le 21 avril, date du second tour ?

L’urgence est de réconcilier les Comoriens entre eux. Cette nouvelle Constitution ne tient aucunement compte des spécificités propres à chacune des îles, je défends donc un retour aux accords de Fomboni, signés en 2001, et au principe d’une présidence tournante de cinq ans. Je compte aussi redonner toute son indépendance au pouvoir judiciaire, pour mettre un terme au recul des libertés individuelles auquel nous assistons ces derniers mois.

Source : Jeune Afrique

Communiqué de l’Union européenne

Communiqué de  l’Union européenne

Communiqué de l’Union européenne

Suite à la demande de soutien de son Excellence Monsieur le Président de l’Union des Comores ainsi que du Ministère des Affaires Etrangères, l’Union européenne a le plaisir d’informer tous les partenaires ainsi que tous les intervenants dans le processus électoral que sur la base de l’Instrument Européen pour la Démocratie et les Droits de l’Homme, un financement de 300.000 euros a été accordé à la Plateforme Comorienne de Veille Citoyenne pour l’observation des prochaines élections.

Cette ligne budgétaire prévoit le soutien de l’observation électorale locale. Elle a été utilisée avec succès dans plusieurs pays, dont récemment à Madagascar. Elle a aussi été utilisée en Union des Comores pour le cycle électoral de 2015/2016, via OBSELEC, avec les mêmes modalités.

L’UE réitère l’importance des élections transparentes, crédibles et  inclusives.

Après une courte visite en France, Soilihi Mohamed (Campagnard) est accueilli samedi dernier  à l’aéroport prince Saïd Ibrahim Moroni par ses partisans jusqu’à Mitsamihouli, sa ville natale. Le candidat a tenu son meeting en rassurant la foule que s’il se rend compte qu’il est élu par les comoriens, avec ses militants, ils vont se mobiliser pour Beit Salam.

Campagnard rassemble ses militants à Mitsamihouli

« La peur doit changer de camps »

Depuis l’aéroport prince Saïd Ibrahim, une immense foule  transportant le candidat aux présidentielles le colonel Soilihi Mohamed Campagnard, après une semaine en France. Jusqu’à la place publique de Mitsamiouli, une démonstration de force contre le régime en place. Avec un message agressif adressé à la  nouvelle classe politique, colonel Rachad Mohamed, livre des flèches verbaux contre le clan politique d’Azali Assoumani. « La peur doit changer de camp. Ils ont les armes, toutes les instances juridiques et électorales  sont dans les chaines de leur commandement, mais le séjour du colonel Azali Assoumani à la résidence présidentielle a déjà pris fin », déclare colonel Rachad Mohamed. Selon lui, la situation qui croule le président sortant, est une direction sans frein. Un message qui ravivait les mémoires de la foule aux  propos du défunt Saïd Mohamed Cheikh : «  ngamro ndo ? Ndahu ? Yadjé Yanrendé ? Ntsi ndayi ? », lance-t-il.

La protection de la paix nationale

De sa part, le candidat Soilihi Mohamed alias Campagnard promet une fois élu à la tête du pays, préserver la réconciliation nationale et la réduction des salaires exorbitants  des grandes autorités, au profit de réduire a zéro le tôt de chômage qui frappe  la jeunesse comorienne. « La réduction des salaires et le maintien pour l’unité nationale sont des priorités pour moi une fois élu président de l’Union des Comores », promet-il.

 « Le 24 mars prochain doit être une date historique dans le mémoire d’Azali Assoumani, un président auquel mérite t-il une sanction stricte de son peuple, pour  ne plus jamais revoir la résidence présidentielle », lance Campagnard. Il a rappelé qu’à l’espace de trois ans, le pauvre peuple comorien traverse une situation mystérieuse et incertaine  investie par le régime du colonel Azali Assoumani. La liberté d’expression  devient un ultimatum pour le peuple sensé d’être défendu.

Chasser Azali, pour une nation digne de son nom

 Convaincu que les accords de fomboni sont l’unique assortiment au point de redonner la sérénité du peuple comorienne, Soilihi Mohamed Campagnard, ses perspectives  campent  également sur cette  dimension, pour sortir le pays au réel danger.  « Vaincre Azali est la meilleure solution  pour la stabilité de l’archipel des Comores. Notre nation ne doit pas être fondée sur des mesures radicales de la haine et  la peur tout en séquestrant  les  autorités influentes sur la scène politique  comorienne », montre Soilihi Mohamed.

Selon lui, conformément aux principes démocratiques, le candidat-président  est hors de cette ligne. Étant donné que sa déontologie se mise par quels moyens peuvent l’aider à s’éterniser au pouvoir sans le moindre respect des principes démocratiques et au peuple auquel l’a conduit jusqu’au pouvoir. Le temps s’enfonce une date cruciale qui doit servir pour une nouvelle page historique du peuple Comorien.

Nassuf. M. Abdou

Vers la fin de la campagne électorale, l’ancien président de l’assemblée et candidat malheureux aux présidentielles de 2016, Bourhani Hamidou soutient le candidat du parti Juwa, Ahamada Mahamoudou. Un soutien qui a surpris le camp du pouvoir.

Bourhani Hamidou

La grande surprise. Bourhani Hamidou brise son silence. Un coup de tonnerre pour la mouvance présidentielle et les proches du pouvoir. Le soutien de l’ancien président de l’assemblée, enfant chéri de la région de hambou torture certains esprits des politiques, et de l’opposition et du pouvoir. Après un bon moment de silence sur la scène politique nationale, le candidat malheureux de 2016 revient avec force en soutenant Ahamada Mahamoudou, candidat de Juwa. Une déclaration faite la semaine dernière. Et personne ne s’attendait à un soutien pareil. Un soutien qui adoube la candidature de Me Mahamoudou.

Cette grande personnalité politique de la région de Hambou et proche de l’ancien rais Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, défend peut-être une bonne cause pour tous. Depuis que le président Azali Assoumani est investi président de l’Union des Comores le 26 mai 2016, Bourhani Hamidou, ancien président de l’assemblée nationale, s’est exprimé une fois dans sa résidence à Moroni. Mais depuis ce jour-là, cet homme ne s’est pas prononcé. Les événements politiques tenus en 2018, l’enfant de Hambou notamment à Singani a pris ses distances et il n’a pas appelé à soutenir ni à faire chaise vide.

Mais, choisir le destin des comoriens, Bourhani Hamidou n’est pas indifférent. Lui aussi a le droit de choisir son destin, raison pour laquelle, il appelle ses amis et proches de s’unir en faveur de Me Mahamoudou. A Hambou, la région du président-candidat Azali Assoumani, les candidats de l’opposition peinent à rassembler des électeurs en leur faveur. Mais, l’ancien président de l’assemblée de l’Union des Comores renverse la tendance. A Hambou, la guerre des chiffres.

KDBA

Le week-end dernier, le candidat aux présidentielles, Hamidou Karihila est accueilli en fanfare à Anjouan. Des milliers de personnes se sont déplacées en compagnie du candidat aux élections des gouverneurs, Mohamed Djanfar. Dr Karihila insiste toujours dans ses discours, le respect des accords de Fomboni, gage de la paix du pays.

Après une grande démonstration de force dans l’île autonome de Mohéli, le vendredi dernier, Hamidou Karihila s’est rendu à Anjouan où il a été accueilli en grande pompe. Un accueil laissant l’espoir en plaçant Hamidou Karihila parmi les candidats du premier plan. A Sima Anjouan, les femmes chantaient et acclamaient. Deux noms des candidats seulement à savoir Hamidou Karihila aux présidentielles et Mohamed Djanfar aux gubernatoriales.

 

Dans son allocution, Hamidou Karihila s’est accentué sur la stabilité et la cohésion sociale. « Une fois élu chef de l’Etat, je rendrai le pouvoir à Anjouan en 2021 en respectant l’esprit des accords de Fomboni, gage de la paix, de la stabilité et de l’unité du pays. Mais aussi, de libérer les prisonniers politiques », déclare-t-il. Et lui de promettre également « je vais mettre en place le Madjilis des Ulémas pour que toutes les iles soient représentées et dissocier le ministère des affaires islamiques du ministère de la justice pour bien s’occuper de notre religion. »

 

Selon Dr Karihila, durant sa mandature, 40% des femmes feront partie de son équipe gouvernementale ainsi que candidates aux élections législatives de 2020. Une occasion de donner la femme sa place dans la politique nationale. Pour la création d’emplois, le candidat s’engage à créer au moins 400 projets dans une année sous un financement à hauteur de 10 millions de francs comoriens à travers l’argent du RAU. Le candidat s’engage aussi des soins gratuits.

 

Pour rappel, à Mohéli, Karihila qui a tenu son meeting le vendredi, a été satisfait de l’accueil qui lui a été réservé. Le candidat promet la construction du port de Mohéli. Dans ses discours à Mohéli et à Anjouan, c’est la même rengaine. Il s’est appuyé sur des axes communs pour développer sa politique en appelant les comoriens à voter en sa faveur, le dimanche prochain.

 

KDBA

Une démonstration de force à Anjouan

La CEII en partenariat avec la commission électorale nationale indépendante (CENI) a convoqué les représentants de tous les candidats des prochaines élections dans un atelier d’échange et d’orientation s’est tenu hier à Moroni. C’était pour les conduire à former leurs assesseurs des bureaux de vote.


Un atelier d’échange au Cufop

 Une formation d’harmonisation des élections présidentielles et gubernatoriales. C’est pour mieux se préparer et lutter contre toute sorte de malentendu et d’aider les différents représentants à accompagner leurs assesseurs. Les formateurs ont appelé ces représentants à organiser des élections libres, transparentes, démocratiques et crédibles. C’est à l’issu de la formation des grands formateurs tenue à la Ceni que les représentants sont appelés pour une bonne orientation de leurs assesseurs. Les formateurs ont distribué le code de bonne conduite des assesseurs des partis politiques et des candidats dans les bureaux de vote. Ils ont montré quelques points importants notamment le rôle d’un assesseur et ce qu’il est censé à faire pour le bon déroulement de ce scrutin. Ce code a précisé entre autres les conditions à remplir, la conduite, le droit et le devoir, les processus dans les bureaux de vote à la fin des opérations de vote.

Un des formateurs, le chargé de communication de la CEII, Ibrahim Ben Ali Selemane a souligné qu’il était nécessaire de les appeler pour les orienter plus sur la bonne conduite. Pour lutter contre les difficultés dans les bureaux de vote, les représentants des candidats ont eu une occasion de poser des questions afin de pouvoir former leurs assesseurs quelques jours avant le scrutin. Pour Ibrahim Ben Ali Selemane, « il faut placer la bonne personne qu’il fautt dans le bureau de vote. » Il se félicite car tous les candidats ont été représentés.

H.H

Une proposition de loi d’amnistie est soumise à l’assemblée nationale. Abdou Oussein, président de l’assemblée n’a pas exprimé le contraire. Selon Abdou Oussein, cette loi doit être passée en conseil des ministres et à l’assemblée pour approbation. Mais la suppléance du président ne lui rassure pas que cette loi sera adoptée.

Les parlementaires comoriens se montrent unanimes sur la question des condamnés politiques. Une proposition de loi d’amnistie est soumise à l’assemblée nationale. Mais le mot du gouvernement sur la loi est indispensable. Abdou Oussein, président de l’assemblée nationale se dit prêt à accompagner les parlementaires. Entant que président de cette institution, Abdou Oussein n’a pas écarté sa responsabilité. « J’ai ordonné mon directeur de cabinet d’envoyer cette proposition au conseil du gouvernement », affirme-t-il. Le président de l’assemblée nationale a indiqué que cette proposition de loi « bien qu’elle soit soumise au parlement, elle doit être aussi discutée en conseil des ministres puis retournée à l’assemblée pour approbation. Et cela doit être fait en session extraordinaire. »

 Selon le président de l’assemblée, « c’est le président de la République qui doit convoquer une session extraordinaire », et pourtant souligne-t-il, il ne reste que quelques jours avant la tenue des élections. Ce qui n’est pas sûr que cette procédure pourra aboutir à temps, dit-on. « Moi entant que président de l’assemblée, j’ai exercé mon rôle », dit-il. « La convocation d’une session extraordinaire est-elle possible vu la présidence suppléante. De toute façon, moi je ne sais pas », laisse-t-il penser.

Kamal Saïd Abdou

Surnommé affectueusement « Campagnard », le colonel Mohamed Soilihi mise sur une stratégie de proximité avec les Comoriens pour tenter de battre le président Azali Assoumani à la présidentielle du 24 mars.

Mohamed Soilihi est bien entré en campagne le 13 janvier dernier pour la présidentielle du 24 mars. Une bataille de plus pour ce colonel qui a déjà su tenir tête aux mercenaires de Bob Denard lors du coup d’État de 1995. Ce n’est pourtant pas pour ses faits d’armes que cet officier réputé est surnommé « Campagnard » dans son pays, mais bien pour ses origines sociales. Il n’hésite d’ailleurs pas à les mettre en avant, à mesure que ce novice en politique voit sa cote monter auprès de la population. Jusqu’à bousculer les ambitions de son ancien compagnon Azali Assoumani, qui l’avait sèchement remercié de ses fonctions à la tête de la société nationale d’électricité début 2017.

Jeune Afrique : Pourquoi êtes-vous candidat à la présidentielle du 24 mars ?

Mohamed Soilihi : Face au désordre institutionnel installé par le pouvoir en place, les problèmes de gouvernance et de pauvreté qui s’accentuent et l’échec de la classe politique dans son ensemble, j’ai estimé qu’il était de mon devoir de me présenter.

Vous êtes crédité de bons scores jusqu’à présent. Pourquoi, selon vous ?

Parce que les Comoriens ne croient plus dans une classe politique qui, dans son ensemble, n’a jamais respecté ses promesses. Ils ont soif d’une vraie alternance, portée par une personnalité en qui ils peuvent avoir confiance.

Vous êtes peu connu du grand public, quelle est votre stratégie de campagne ?

J’ai choisi justement la proximité, le contact avec la population pour à la fois mieux connaître leurs attentes et leur présenter mes solutions. J’ai parcouru les trois îles [Grande Comore, Anjouan et Mohéli, ndlr] et j’ai même été en France rencontrer la diaspora. Je peux également m’appuyer sur de nombreux mouvements apolitiques locaux qui soutiennent ma candidature.

« Je ne suis pas un politique et je n’ai donc pas d’approche partisane. »

Pour défendre quel programme ?

D’abord la refonte de l’actuelle Constitution, très loin de renforcer l’unité du pays malgré ce qu’affirme une présidence qui concentre aujourd’hui tous les leviers du pouvoir entre ses mains. Il faut ensuite trouver une réponse durable à la question énergétique, sinon aucun développement économique ne sera possible. Je veux enfin veiller à la moralisation de la vie publique.

Quelles sont vos différences par rapport aux autres opposants ?

Je ne suis pas un politique et je n’ai donc pas d’approche partisane. Mon objectif, à travers cette candidature, est d’amener le peuple à être exigeant avec ses gouvernants, pour que ces derniers développent un sentiment de redevabilité en proposant des solutions pragmatiques, dans le respect des ressources publiques.

« Avec Azali Assoumani nous n’appliquons pas les mêmes méthodes et nous ne défendons plus dorénavant les mêmes valeurs. »

Pensez-vous disposer du soutien d’une partie de la hiérarchie militaire ?

L’armée est ma deuxième famille et comme dans toutes familles, les avis peuvent diverger. J’entretiens par exemple une longue relation avec Azali Assoumani, mais si nous portons les mêmes galons, nous n’appliquons pas les mêmes méthodes et nous ne défendons plus dorénavant les mêmes valeurs. Ce qui nous sépare est plus grand que ce qui nous unit.

Nous constatons ces derniers mois un très net recul des libertés individuelles. Le pays redécouvre des termes oubliés comme ceux de « prisonniers politiques ».

Redoutez-vous des débordements durant ces élections ?

Seulement si le parti présidentiel refuse de jouer le jeu démocratique et tente de faire pression sur les institutions électorales.

Ne craignez-vous pas, avec 12 opposants, de renforcer les chances d’une réélection du président sortant dès le premier tour ?

Avec 13 listes il est mathématiquement impossible qu’un seul candidat puisse passer au premier tour. Et avec sa cote de popularité en baisse, le candidat-président pourrait bien ne pas en faire partie du tout.

Source : Jeune Afrique

Candidat aux élections des gouverneurs de l’île autonome de Ngazidja, Mohamed Ibrahim Abdallah trace sa ligne politique sur 10 axes stratégiques pour le développement de l’île. Très méconnu sur la scène politique nationale, le surnommé Mohamed Cheikh privilégie dans sa mandature une nouvelle vision de gouvernance axée sur le renforcement de l’action internationale des collectivités communales.

Le candidat Mohamed Ibrahim Abdallah

« Ce mode de coopération international au développement va favoriser les relations de jumelage des communes avec des collectivités d’autres pays à travers des conventions », déclare Mohamed Ibrahim Abdallah. Son programme ne se limite pas sur la coopération communale. Le renforcement des communes lui préoccupe car, il est conscient que la promotion d’une politique volontariste dans le domaine intercommunal pour la collecte et le traitement des ordures, est primordiale. Dans cette lancée, une fois élu gouverneur de Ngazidja, Mohamed Ibrahim Abdallah va poursuivre avec l’Etat le renforcement du cadre législatif et réglementaire, l’assistante technique et appui dans le domaine de la mobilisation des ressources et du partenariat, la promotion du secteur privé en accompagnant la diaspora de Ngazidja dans la création d’entreprise au pays.

Au niveau de la santé et de l’environnement, le candidat s’engage à la lutte contre le dépôt des ordures sauvages et plastiques, l’accès à l’eau potable : protection des rivières, construction des réserves d’eau potable ainsi que la création des parcs forestiers. Quant à la religion, ce jeune candidat envisage le renforcement et l’encadrement des écoles coraniques. « Nous allons former et renforcer les capacités des enseignants des écoles coraniques. Mais aussi la création d’une association Massadjid chargée de la mise en valeur et l’entretien des mosquées de Ngazidja », promet-il.

Un axe qui va de pair avec l’éducation. Dans ce secteur, Mohamed Ibrahim Abdallah va renforcer la recevabilité sociale des enseignants et autres intervenants du système éducatif. Il souhaite également l’encadrement des collèges et lycées tout en appuyant les associations qui travaillent dans le secteur de l’éducation.

D’autres axes bénéfiques pour le développement du pays et de l’île en particulier sont mis étalés. Il s’agit de la culture et la cohésion sociale, la coutume et le progrès social, la jeunesse et l’insertion, le tourisme et la bonne gouvernance. « Je m’engage à mettre en place un model démocratique dans la gestion des affaires de Ngazidja », dixit-il.

KDBA