ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

« Tout va bien », affirme le comité d’organisation de la médina Festival ce mercredi lors d’une rencontre avec la presse. Selon ce comité, le gouvernement a participé à l’événement à hauteur de 30 % du budget. Plus de 2000 personnes sont attendues.

Nous sommes le jour J. Cette année, l’événement se fait en plein air et débute à 21 heures 30, à cause d’un mariage au stade de Missiri. Un grand absent lors de cette 14e édition. Sur l’affiche, il y a eu un changement au niveau du groupe Watoro de Ndzuani. « Le groupe ne sera pas présent sur scène. Nous espérons toutefois qu’ils seront avec nous l’année prochaine », a dit Mohamed Mansoib avant de préciser que « tout va bien. La sonorisation, les lumières et la scène sont bien présentes. Les artistes également. La sonorisation est utilisée dans le concert de Tiken Jah Fakoly. C’est un son de qualité qu’on attend. La scène n’est pas comme celle des Barzangué ».

Aucun artiste de l’île de Djoumbé Fatima, Mohéli. « C’est une question inquiétante. Nous avons contacté l’artiste Zoubs Mars. Les conditions de son manager ne nous correspondent pas. Nous présentons les excuses pour le fait qu’il n’y ait pas des artistes de Mohéli », a-t-il exprimé. « Le gouvernement est sensible à cet événement par le biais du ministère de la Culture. Ils se sont engagés à nous soutenir à hauteur de 30 % du budget alloué à l’événement. La compagnie maritime SGTM appuie à son tour 40 % et le reste, nous comptons sur le nombre de billets que nous vendrons. Nous espérons faire plus de 2000 entrées dans les événements pour couvrir les événements. Nous avons beaucoup de dépenses », a-t-il affirmé.

Pour la sécurité, encore une fois, le gouvernement intervient. « Avec le ministre de l’Intérieur, nous avons convenu 3 barrières de sécurité dans les stades. Il y aura des forces de l’ordre, des policiers municipaux et nos agents de sécurité. Les boissons alcooliques, les personnes agressives et toute personne en état d’ébriété ne sont pas autorisées », prévient-il. 

Ahmed Zaidou

Medina Festival organise la 14ème édition, le 28 et 29 juillet prochains, à Anjouan. À cette occasion, une conférence de presse s’est tenue à Moroni dans le cadre des préparatifs et organisations de cet événement de grande envergure pour la musique comorienne. Selon les conférenciers, cet événement marque la « promotion et la valorisation des artistes et de la musique comorienne ».

La 14e édition de la Médina Festival a eu lieu à Anjouan. Un grand événement qui marque la « promotion » et la « valorisation des artistes et la musique comorienne ». 7000 personnes feront le déplacement vers Mutsamudu et Domoni avec 11 groupes d’artistes comoriens. Le secrétaire général de la Medina Festival, Oukache Bourhane alias Kachou a souligné l’ampleur de cet événement sur toutes les dispositions prises pour le déroulement de l’activité. « Medina Festival avait raté 2 ans sans l’organisation de cette activité à cause de la Covid-19. Cette année, nous reprenons le flambeau pour la promotion et la valorisation des artistes et ainsi que la musique comorienne. Du 28 et 29 juillet prochain, 7000 festivaliers seront au rendez-vous. On a écrit 11 boucles. 11 groupes de différents artistes des îles comoriennes vont participer à la médina festival. À travers les efforts déployés par le gouvernement, cet événement prendra une grande ampleur afin de marquer les esprits du public », a annoncé le secrétaire général. Et lui d’ajouter : « nous espérons que l’année prochaine, médina festival sera nationalisée, par l’appui de l’Etat et de nos sponsors ».

L’artiste Cheikh Mc se montre très optimiste pour le développement de la musique comorienne. Raison pour laquelle, selon lui, cet événement doit convaincre les comoriens sur son importance et sa valeur. « Plusieurs artistes comoriens prendront part à cet événement remarquable pour la musique comorienne. J’ai eu la chance de participer pour exprimer ma volonté pour le développement de la musique comorienne. Il faut donc avoir l’envie et l’engouement de la musique comorienne dans un cadre de compétitivité internationale », a indiqué l’artiste.

Abdoulandhum Ahamada

 

L’auteur originaire de Mutsamudu est l’invité du centre Uesma de Mutsamudu, l’après-midi de ce mardi. Il commence à se présenter et à expliquer sa vision de celui qu’il appelle « écrivain » devant un jeune public. Ce sont des passionnés de la littérature, pour la plupart, dans des clubs de lecture.

Ali Zamir, sortant de la faculté des lettres française de l’université du Caire, publie  Anguille sous roche en 2016. Il signe son premier contrat avec son éditeur alors qu’il se trouve aux Comores. Ses romans sont  traduits en plusieurs langues, édités en format de poche et adaptés en théâtre.

Ali Zamir arrive à la rencontre avec son chapeau noir de Cow-boy. Par ses mots, il fait rire le public pendant un lapsus de temps de silence absolu. Ali Zamir explique que les femmes dans ses textes « symbolisent la vie ». Lui, qui en est à son quatrième roman, dit ne pas écrire pour l’argent. « Quand on fait quelque chose, on le fait par amour et non pour l’argent. Gagner quelque chose pour en faire un autre, est dangereux artistiquement. Quand je fais quelque chose, je le fais par passion. Je ne cherche pas à faire semblant », explique l’auteur à son public. Ali Zamir confie quelques secrets de son parcours professionnel. « Mes personnages dépassent le cadre comorien. Ils sont comoriens, oui, mais pas seulement. Il ne faut pas les voir avec la culture comorienne », dit-il et confie que pour écrire, « il ne faut pas être trop sérieux » et que « si vous donnez trop de leçons, ce n’est pas de la littérature. Il faut s’amuser. C’est le premier but du roman », rappelle-t-il.

Il fait savoir que « Dans un roman, on s’amuse. Il ne faut pas se limiter à son imagination. Il faut que les romans aient un aspect universel pour que chaque lecteur puisse s’identifier partout où il se trouve », explique-t-il et confie que « L’essentiel n’est pas d’avoir un sujet à traiter. Ce n’est pas le sujet qui fait le livre. C’est la manière pour raconter l’histoire. Écrire, c’est d’appeler les gens, les attirés et leur dire quelque chose. Il faut faire en sorte que la personne qui vous lise, sente que vous avez quelque chose à lui dire » conseille-t-il. Il confie que « Mon meilleur texte n’est pas encore écrit. Il y a un texte en cours. Je dois juste me décider quand publier. Je n’ai pas besoin d’inspiration. Je peux me réveiller au milieu de la nuit et écrire. Mes projets prennent entre 6 et 8 mois », dit-il. Est-ce que déranger est tiré d’une histoire vraie ? C’est la question posée par Chaimat Ansuffoudine du club Soirhane. Il répond avoir vu beaucoup de dérangements à Mutsamudu.

« J’ai vu plein de Doker avec leur prénom dans leur chariot. J’ai vu beaucoup qui se faisait la concurrence pour gagner leur pain. Ils méritent d’être considérés, ce sont des humains. J’ai choisi de prendre des figures fragilisées et j’ai choisi d’être le porte-parole. Quand vous prenez des pauvres, des femmes, des femmes, le message est fort », confie l’auteur. Pour l’adaptation en film de son roman, il confie « Le projet n’est pas validé ». Deux romans sur quatre romans de l’auteur d’Ali Zamir sont disponibles dans cette bibliothèque du centre Uesma. Un espace est dédié pour les œuvres et auteurs comoriens, mais « pour l’heure la difficulté est d’avoir les œuvres de ces grands hommes comoriens qui ont écrit ».

Quant à la coordinatrice du centre, Fahati Abdallah dans une brève intervention lors de la fin de la rencontre a tenue a remercié l’ensemble du public mais aussi à « l’auteur qui a le plaisir de se déplacer jusqu’au centre pour rencontrer le bureau et un public passionné de lecture », dit-elle et indique que « Ces efforts sont pour permettre à toutes les générations à avoir des livres de qualités et à proximité , dit-elle avant de regretter que « le bibliothèque n’est pas encore opérationnel par manque de livre et de moyens ».

Ahmed Zaidou

Après les récentes polémiques concernant les paroles de l’hymne national, l’association Uwanga a tenu, hier mardi, une conférence de presse, à Moroni, pour éclairer à ce sujet. L’association entend défendre le travail scientifique effectué par les linguistes sur les paroles originelles de l’hymne national.

L’association Uwanga estime que les valeurs culturelles, patrimoniales et linguistiques comoriennes commencent à disparaître. Après le 06 juillet dernier, une vive polémique concernant les paroles de l’hymne national fait un tollé auprès de l’opinion publique. Un sujet qui a poussé l’association Uwanga à tenir une rencontre avec la presse, hier, afin de défendre le travail scientifique effectué par les linguistes comoriens sur les paroles originelles de l’hymne national. « Uwanga a fait une étude sur l’hymne national « udzima wa twayifa ». L’hymne national a été créé en langue anjouanaise. Plusieurs personnes mal interprètent les paroles de l’hymne national en modifiant le sens des mots. Le groupe d’orchestre Asmine Band (créateur de l’hymne en 1978) a donné la version originale.

Uwanga n’a pas modifié le sens de cet hymne », a déclaré Salim Youssouf, membre de l’association.
L’anthropologue et membre de l’association, Abderemane Wadjih a souligné les principaux objectifs de l’Association Uwanga. Il a cité, entre autres, la conservation des valeurs culturelles, patrimoniales et linguistiques. « Uwanga consacre à développer et protéger la culture, le patrimoine et la langue comorienne. Le vrai comorien doit savoir en quoi la culture et les valeurs linguistiques varient. Nous avons perdu notre identité, nos repères, nos coutumes et notre langue. Plus de 30% des enfants comoriens sont nés en France. Ils ne sauront pas les origines de notre culture et notre langue comorienne. On écrit l’historique des villes et villages et nous pouvons inciter les gens à comparer les artistes comoriens à ceux des français », a-t-il annoncé. Et lui d’ajouter : « un livre des proverbes comoriens a été créé. Un groupe d’orchestre de twarab comorien sera créé ».

Abdoulandhum Ahamada

 

Art : Du street-art à Mutsamudu

Art : Du street-art à Mutsamudu

Mutsamudu se donne au Streets-art. Deux fresques murales marquantes, deux grands géants voient le jour au bâtiment colonial en face du port et à l’Alliance Française. C’est une équipe de l’île de la Réunion qui travaille et s’inspire, dans les croyances et la culture de l’Océan Indien.

Nés en 1984 et en 1983, à Saint-Denis, Jean-Sébastien Clain et Yannis Nanguet se rencontrent et décident de former le duo Kid Kréol & Boogie en 2008. Le travail de ces derniers consiste à faire des graffitis format XXL.
« Nous n’avons pas pu partir pendant 2 ans à cause du COVID-19. Nous sommes d’abord passés à un festival de Musique sur la scénographie, l’habillage de scène, avec l’Association Mlezi Maoré et nous sommes venus. À Moroni, nous étions partis avec Iconitech qui est l’historique de l’Océan indien. Nous avons fait une fresque au Ccac Mavouna » rappelle la chargée de Production, Morgane CARTRON et fait savoir que « C’est une invitation de la part de l’Alliance Française de Mutsamudu », dit-elle.

« Les dessins ne sont pas forcément préparés en amont. Pour gagner du temps, parce que le mur est très grand, nous avons fait des photos sans rien d’abord. Les artistes ont dessiné sur la tablette pour savoir comment ça se composait un peu et pour que ça couvre tout le mur », explique-t-elle et confie que « Il y a eu un soir, nous sommes venu de nuit et avec un petit projecteur, ils ont projeté leur dessin du mur pour que ça soit proportionnel. Pour la couleur, ils sont là depuis 2 jours sans savoir ce qu’il peut faire et là, ils ont décidé de mettre un peu de couleur. C’est sans préparation », dit-elle. Elle-même explique que « dans le street-art, c’est aussi faire quelque chose dans la rue, et le risque qu’il y a quelque chose qui se passe derrière. Après, quand ce sont de beaux dessins, bien fait, les gens sont assez respectueux et n’y vont pas. Si c’est un artiste qui vient compléter le dessin, pourquoi pas, mais si c’est pour marquer des insultes, je pense que c’est tout le monde qui est choqué », nous apprend-on. Pour leur part, les artistes, Kid Kreol et Boogie sont actifs dans le milieu du street-art et consacre leur temps à manipuler 5 couleurs pastel à part le rouge et le blanc.

Il explique que « il y a une étape avant l’idée. Par exemple, pour ce mur, c’est l’Alliance Française en collaboration avec la commune qui a trouvé le mur et nous a envoyé les photos. Nous n’avons pas forcément réalisé la dimension. Nous sommes arrivés pour voir le mur. À chaque fois, on s’adapte à la surface. Nous sommes plus sur la poétique du paysage. Nous avons décidé de faire une île comme un géant dormant », confient les artistes et expliquent que  « pour nous, pour la culture réunionnaise, la mer, dans l’imaginaire, c’est un danger. L’île la plus proche est Maurice et pour y aller, tu passes une nuit dans la mer. Dans le quotidien des gens depuis le début, depuis 300 ans, les gens n’ont pas l’habitude de prendre la mer pour communiquer avec les autres îles. Pendant l’esclavage, l’espace de la liberté, c’était la montagne », disent-ils. C’est une fresque murale, en face du port, de 20 mètres sur 4 mètres donnant sur la mer. Un beau mur en fond et noir et un coucher du soleil coloré.

À Mutsamudu, on dit qu’ « On a l’impression de s’immerger dans les détails des montagnes ». Et pour eux, ces dessins ont une influence culturelle. « Nos dessins sont influencés par notre culture, notre génétique. Notre projet, Kid Kreol et Boogie a débuté en 2008. Pendant presque 10 ans, nous avons utilisé que du noir et blanc, quelques fois du rouge et du doré parce que ce sont les couleurs proches du sacré. Après les gens sont venus nous demander pourquoi ne vous faites pas de la couleur, etc. Il fallait que la couleur ait du sens dans la peinture. Il ne faut pas mettre de la couleur juste pour mettre de la couleur. Maintenant, il y a comme une avancée dans notre recherche », confient-ils. 

Ahmed Zaidou

 

 

 

La célébration de l’indépendance à Anjouan a marqué les esprits par la fermeture, la nuit du mardi à mercredi, de « Mutsaculture », le carnaval de l’AND et d’autres activités. Malgré le fait que la fête soit célébrée à la capitale, à Anjouan, chacun s’est amusé à sa manière et à son rythme.

Au Jacob Stadium, à Bambao Mtsanga, un concours de lecture du saint Coran. Pendant ce temps, à Mutsamudu, un carnaval de l’armée nationale de développement suivi du podium de la Mairie de Mutsamudu a enflammé cette capitale de l’île d’Anjouan. Entre alcoolisme, fumée et mixité sociale, la fête est critiquée et qui serait contre les valeurs de notre religion. « Un égarement pur et simple pendant que les autres font le Hajj. Danse Satanique dirigée par l’armée comorienne qui devrait protéger le peuple et lutter contre ces bêtises », se plaint un citoyen. « Mixité entre filles et garçons, des gens qui se sont saoulés à ramper : phénomène contre les valeurs de la religion musulmane. Et on pleure quand la colère d’Allah nous envahit. C’est ce qu’on appelle fête ? », s’interroge-t-il.

Pour Farid Rachad, directeur régional de la culture à Anjouan, « c’est une reconnaissance, une richesse du pays que la fête est célébrée par la musique et des activités socioculturelles. Ce soir, nous avons véhiculé un message via la musique. C’est pour montrer que les Comores ne regrettent pas et ne vont jamais regretter que les Comores soient indépendantes comme le disent certaines personnes », explique-t-il avant de s’exprimer sur l’organisation de « Mutsaculture » par la commune de Mutsamudu : « cette place de l’indépendance est pleine à craquer, tout le monde était là, fier, applaudissant. Nous avons profité avec la mairie de Mutsamudu pour clôturer cette semaine culturelle pour montrer que les acteurs concernés sont là, fiers et au plaisir pour l’indépendance ». Il regrette que « la culture soit là, et même à moitié enterrée. À l’heure actuelle, cette culture doit être patrimoniale. Nous avons passé 150 ans de colonisation et 47 ans d’indépendance. Cela veut dire que nous sommes là et que la culture est là. Notre combat le plus acharné, c’est de déterrer la moitié du talent qui reste enterré pour montrer que la culture est en bienveillance ». Du côté de la commune, c’est un événement réussi et qui a atteint ses objectifs. 

Ahmed Zaidou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une semaine d’activités est organisée à Mutsamudu à l’occasion de la fête nationale de l’indépendance. Le déroulement continuera jusqu’à l’après-midi du mercredi 6 juillet à la place Mzingajou. L’ouverture de la semaine de la culture de la commune de Mutsamudu a été lancée vendredi dernier.

Sous le label « Mutsaculture », cette Semaine de la Culture et de l’Artisanat est l’un des rendez-vous de l’Agenda culturel que développe la municipalité en vue d’encourager la création et la promotion des arts et du spectacle. Une programmation qui entre dans l’orientation de la Mairie de Mutsamudu, de faire de la commune, une des destinations culturelles des Comores et de la Région Océan Indien. Un événement culturel artiste qui doit aider à la lutte contre la délinquance et la montée de la criminalité dans le pays. Une banderole, la seule affiche « Culture Vs Délinquance ».

« Principalement, c’est de faire de Mutsamudu, la capitale de la culture des Comores. Ça, c’est fondamental. Nous sollicitons impliquer toutes les artistes, les artisans et musiciens, dans son contexte de faire de Mutsamudu la capitale de la culture. Nous avons ouvert aujourd’hui, avec vraiment des enthousiastes en évoquant le problème de la délinquance qui devient vraiment le fléau de Mutsamudu », dit Zarouki Bouchrane qui explique que « nous allons profiter de cette semaine, pour inviter à la jeunesse à des rencontres, des discussions, de manière à ce que nous essayons d’inverser la situation. Nous pensons, inch’Allah, prendre les choses en main, de manière à ce que nous puissions au moins commencer à inverser la situation », dit-il. Un événement soutenu par les autres maires. « C’est une bonne chose que nous organisons ces événements. C’est ce qui apaise les cœurs et les mauvaises pensées. C’est un moment de partage de quelques jours, mais un moment de joie. Celui-ci est bien organisé et pris en charge par la commune. J’ai cet événement dans la commune. Nous espérons bien l’organiser les prochaines fois », dit Sidi Bacar, maire de Mirontsy avant de solliciter « que les autres maires prennent ce genre d’initiative qui selon lui c’est une idée qui lutte contre », dit-il et d’ajouter Anzam Aboubacar, Ambassador Youth Ndzouani Island « C’est un rassemblement qui fera que les gens se rencontrent, partage de la joie et d’épanouissement. Ce sont des choses qui font que nous avons un sentiment de confiance et de bienveillance. Je suis pour ce genre d’initiative », fait-il savoir. 

Ahmed Zaidou

L’institut Confucius de l’Université des Comores, a remis hier lundi, les primes des mérites pour la 21ème édition du  concours « pont-chinois  ». Sur les 100 participants, Nassim Ali Houmadi, étudiant en troisième année en langue chinoise, occupe la première place et sera le nouvel ambassadeur des Comores pour le prochain concours international en fin juillet prochain en Chine.

L’institut Confucius continue à former des meilleurs éléments en langue et littérature chinoises. Pour cette année, 100 étudiants  ont participé à la 21eme édition du concours « pont-chinois ». Nassim Ali Houmadi est le lauréat par excellence sur les huit  retenus qui représenteront le pays en Chine  pour la compétition internationale  en juillet. Lors de la cérémonie de remise des primes, tenue hier lundi, à Moroni, Dr Alain enseignant du chinois à l’institut Confucius, a fait savoir que, les Comores et la chine sont des pays frères de longue date, et ces compétitions permettent à un excellent progrès  de la langue chinoise aux Comores. «La langue chinois progresse, connaît une excellente progression ces derniers temps en Union des Comores grâce à cette compétition. Cela présente des atouts majeurs  pour le  partenariat entre les deux pays dans  divers secteurs, notamment le partage des cultures, des traditions entre autre », a-t-il déclaré.

Selon Dr Adamou Hamada, coordinateur de l’institut Confucius, c’est une opportunité pour l’étudiant comorien de s’adapter avec la langue chinoise,  étant un grand partenaire de notre pays. « C’est un concours qui relie le monde entier, j’espère que ce sont surtout les étudiants comoriens qui vont bénéficier les lots de ces compétitions pour leur avenir », espère-t-il.

Nassim Ali Houmadi, étudiant en langue chinoise en troisième année, lauréat de cette édition, s’est vu remettre un Smartphone. Il espère atteindre le sommet de la pyramide lors de la compétition internationale. « Sincèrement, je ne m’attendais pas à ce que ça soit moi le gagnant. J’avoue que j’ai eu de la chance et j’espère la saisir pour briller en Chine, et honorer  mon pays », a-t-il exprimé. 

Nassuf. M. Abdou

D’origine africaine, le mrengué a perdu sa valeur. Il arrive que pendant ou après les combats, des bagarres générales ou des émeutes se forment. Dans la préfecture de Mutsamudu, de Bandrani à Mirontsy, l’activité est interdite.

Son interdiction relève de la sécurité des habitants de la commune. D’autres préfectures auraient interdit la pratique également. « Le mrengué prend son sens en français, une activité ou compétition traditionnelle, d’origine africaine Bantou. Vers le 19e siècle, les îles de l’archipel des Comores en particulier Mayotte et Anjouan ont accueilli ce combat réglementé et discipliné suite aux passages des Africains originaires de l’Afrique de l’Est. Il s’organise dans des espaces larges et publics, payants ou gratuits, assisté par les différents profils de personnes, en grande partie des jeunes entre 8 et 20 ans. Il est réglementé en temps, en nombre d’affrontement, en poids et taille et arbitré par un volontaire connaisseur et plusieurs fois ancien combattant du dit mrengué », explique Farid Rachad, directeur régional de la culture.

« Initialement, le mrengué chez nous, à Anjouan est accueilli en bonne et due forme comme étant une activité non-violente ni agressive. Bien qu’il soit un affrontement entre 2 volontaires à se mesurer physiquement. Le mrengué à Anjouan est organisé en période spéciale et occasionnelle, les soirs du mois de ramadan et pendant les journées ou les soirs de l’Aïd », ajoute-t-il. Selon lui, auparavant, il est animé par un groupe de batteurs de Ngoma. Soit le Dori soit le Foumba. Il y a une vingtaine d’années, il est animé par un orchestre de musique format Mgodro et Wadaha.

Nous nous sommes rendus à la préfecture du centre pour comprendre son interdiction. C’est un communiqué du 16 avril 2022 qui stipule l’interdiction de l’activité dans toute l’étendue de la préfecture. « L’interdiction du mrengué est due à plusieurs plaintes de notables et religieux. C’est également, parce que de nos jours, il est dans un contexte non-ludique ou sportif. Il a une autre tournure. Il aboutit à un conflit. De base, c’est un jeu. Aujourd’hui, les perdants ne s’avouent pas vaincus. Il cherche à se venger plus tard. Des combats entre familles, quartiers, villes se déclenchent », regrette Ali Boura. 

Ahmed Zaidou

Une poupée « Moina wa Mvanguati » est une statue en bois, façonnée et habillée en tenue traditionnelle de mariage dans l’île d’Anjouan. Encore un savoir-faire qui se perd dans nos îles. Une poupée qui montrait la beauté de la femme et de la culture du pays.

Aujourd’hui, rares sont les personnes avec ce savoir-faire. La légende raconte que la poupée était mariée avec des humains avec toutes les cérémonies possibles. Nous sommes allés rencontrer une des dernières femmes de Ndzuani qui préserve ce savoir-faire. C’est Farid Rachad, directeur de la culture qui nous donne le contact de cette légende qui accepte sans condition de nous ouvrir les portes de son domicile. Pour y aller, vous prenez le bus pour la grande cité millénaire, la ville de Domoni. Hachim Mohamed Ali, un historien nous apprend que « il y avait des familles spéciales qui faisaient ça. Aujourd’hui, il n’y a plus de trace. C’est regrettable ».  

« Il y a longtemps, on mariait la poupée avec des humains. C’était un jeu pour les jeunes. Toutes les activités de mariage étaient faites. On faisait tout comme les humains », dit-il. Selon lui, cette histoire lui est racontée par sa mère qui, « elle aussi confectionnait les poupées ». C’est l’arbre qui s’appelle « Mvanguati ». On ne retrouverait le bois que dans la ville de Sima. « On le retrouvait à Domoni, mais plus maintenant. C’est un bon bois qui ne se décompose pas. Ceux qui le faisaient ne le font plus. Ma mère est morte », nous raconte Touhoufat Abdallah Allaoui, une sexagénaire et la seule de la famille à avoir appris la fabrication de la poupée. Elle explique que « quand, je suis devenue handicapée alors de passage en passage de la classe de 3e. J’ai alors appris à travailler de mes mains. Je faisais les poupées et les autres. À l’époque, c’était juste des femmes, mais j’ai innové. J’ai confectionné et fabriqué des poupées d’hommes. À la base, c’est du bois, du Shiromani et un savoir-faire. Le prix de ces poupées est évalué à la taille entre 25.000 et 100.000 de nos francs. Je les vends aux étrangers. Eux, ont souvent un bon cœur en me voyant », explique-t-elle. Interrogée sur le partage de savoir-faire, elle regrette que « j’ai voulu enseigner à des personnes. La plupart m’ont manqué de respect. Je suis réticente. Les gens ne savent pas en faire et ne s’intéressent pas ».

Elle-même confie que « j’ai organisé toutes les foires avec ma santé. Il y a pas mal d’années maintenant, une de mes poupées est volée. C’est une triste histoire pour une personne comme moi. Nous avons fait une formation dans la belle ville d’Itsandra. J’avais laissé cette poupée. Plus tard, dans une exposition, le directeur de l’Alliance Française m’a appris qu’une poupée pareille était championne du monde dans un concours à l’île de la Réunion. Un directeur de l’artisanat de l’époque a caché cette histoire et la poupée. Le directeur de l’Alliance française m’a avoué que j’avais été première à ce concours. Je lui avouais que je n’étais pas au courant de rien. Je suis handicapée et ce directeur, à l’époque anjouanais a vendu toute sa fierté », regrette-t-elle.

Sa sœur à côté a fait savoir que Touhoufat Abdallah Allaoui, est bourrée de talent. « Elle sait faire du Msindzanou, du Guena, et autres. Elle connaît tous les noms des épices, des ustensiles », nous confie sa sœur. De sa part, la directrice de l’artisanat, Anrifia Ali semble touchée. « Après un recensement des confectionneurs, nous n’avons trouvé que deux qui font ces poupées, à savoir Chakri de Mutsamudu et Touhoufat Abdallah Allaoui de Domoni. Et ils sont tous vieux », dit-elle et précise que « cette poupée représente notre culture, notre identité. Ça peut être un facteur de développement économique ». Tout Domoni, quand on parle de cette poupée, on parle de Touhoufat Abdallah Allaoui connue sous le nom de Thamaroiti. Son nom est connu de partout, mais ignoré par les plus jeunes.

Ahmed Zaidou