ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Une délégation de l’organisation des nations-unis pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a été reçue hier, mardi par  le  nouveau maire de Moroni, Abdoulfatah Saïd Mohamed. Ils ont comme objectif aux Comores d’établir un état des lieux à Moroni, Iconi et Itsandra Mdjini, les trois localités inscrites sur le patrimoine mondial culturel, historique et touristique.

Quatre experts de l’UNESCO ont été reçus, hier mardi, par le maire de la capitale  Abdoulfatah Saïd Mohamed dans le cadre d’une visite  dans les trois localités  comoriennes inscrites  sur les annales du patrimoine mondial  culturel, historique et touristique. Le tout nouvel homme fort de  Moroni a remercié la venue des experts et espère que bientôt d’autres sites comoriens seront enregistrés à  l’UNESCO.

« La ville de Moroni, à travers son histoire et les réalisations de nos ancêtres s’inscrit   dans la dynamique nationale de préservation et mise en valeur de notre patrimoine culturel, architectural et subatlantique. Nous devons protéger cette richesse jalousement comme l’ont fait les habitants de Moroni  pour l’initiation  des plus jeunes aux  pratiques ancestrales, et de  l’histoire des sultanats qui ont marqué les valeurs  de l’identité culturelle comorienne », a déclaré le maire de Moroni. Il ajoute que « revivifier les monuments architecturaux, culturels et historiques de Moroni,  c’est pour son image et sa sensation qui illustrent  la volonté de toute une nation qui met en avant ses  valeurs identitaires ».  

Selon le directeur de la CNDRS, Dr Toiwilou Mzé Hamadi, Depuis 2005, l’Unions des Comores a entrepris des démarches de présenter le patrimoine national sur la liste indicative du patrimoine mondial dans lequel   des biens comoriens y sont  inscrits. « Aujourd’hui, les Comores par la voix de la CNDRS entretiennent des relations, des échanges avec les partenaires internationaux et nationaux afin de pouvoir faire ensemble les biens comoriens un vecteur de développement culturel, touristique et économique », dit-il. Et lui de rappeler que,   l’archipel des Comores regorge  une immense richesse, certaines parmi elles ont déjà eu un classement au niveau mondial, notamment la réserve biosphère de Nyoumachouwa sur l’île de Mohéli. 

Nassuf. M. Abdou

En séjour à Anjouan, l’ambassadeur de France aux Comores Sylvain Riquier part à la rencontre des acteurs économiques du pays. Après plusieurs visites, il s’est rendu à la boutique de la marque Ndzouani Island lundi dernier. Une opportunité.

Hier lundi, l’ambassadeur de France en Union des Comores a rencontré les  Ambassadors Youth Ndzouani Island. « Nous avons reçu la visite d’une équipe de l’ambassade de France conduite par l’ambassadeur  Sylvain Riquier. C’est une opportunité pour une start-up en plein développement économique », annonce la page de Ndzuwani Island. Quant à son propriétaire, Naslan Nafion explique que « Beaucoup de gens ne prennent pas au sérieux l’initiative, mais surtout l’image de l’île d’Anjouan. Puisque personne n’a voulu mettre l’île d’Anjouan en valeur, je me suis lancé dans ce combat depuis 2019. J’ai commencé à faire des photos, puis des flocages sur des t-shirts que je faisais à l’étranger. Aujourd’hui, j’ai du matériel. Les commandes qui faisaient deux semaines, sont faites en moins d’une heure. J’ai l’ambition d’avoir une grande entreprise. La visite de l’ambassadeur m’a donné de la force. Je sais que derrière je ne suis pas seul et je ne le serais pas. Sa visite me pousse encore à aller de l’avant. Je ne le remercierai jamais assez », dit-il.

L’ambassadeur Anzam Aboubacar, confie que « c’est l’opportunité de lui présenter des projets d’une jeunesse consciente du changement du cours de la vie. Je suis ravi. Merci à lui et son équipe pour le déplacement qu’il a fait juste pour nous rendre visite et voir nos produits », dit-il. De sa part, l’ambassadeur de France, Sylvain Riquier explique que « c’est une opportunité qui est offerte et qui est très intéressante. C’est une belle initiative qui montre une jeunesse active, entreprenante, désireuse de faire connaître Anjouan. Je trouve que c’est une bonne approche pour que l’île d’Anjouan soit mieux connue notamment des investisseurs. Je ne peux que féliciter les jeunes ambassadeurs qui m’entourent », dit-il. Ce qui lui a marqué, c’est « l’ardeur et l’engagement de cette jeunesse », confia-t-il. 

Ahmed Zaidou

Dimanche dernier, l’association JPC a tenu sa finale du concours sur le patrimoine. 1 chaise pour 4 écoles. C’est le lycée Kibala qui prend la première place devant GSDP, Naimane et Réussite.

4 écoles se sont affrontées à la citadelle de Mutsamudu lors de la finale. Le lycée privé Kibala et le Groupe Scolaire Daoud Plus se sont affrontés lors de cette finale. Des questions pertinentes sur les thématiques du patrimoine. « Les élèves ont fait des efforts reconnaissables. Prendre la parole est une grande chose. Je demande alors aux parents de laisser leurs enfants s’inscrire à ce genre de concours », a souligné Dr Idriss Moussa. Bien que le lycée Kibala soit sorti premier, l’école GSDP a obtenu le vote du public.

Devant un public jeune, les écoles se sont affrontées dans ce somptueux palais de la Citadelle de Mutsamudu devant un soleil couchant aux mille et une couleurs. Le collectif Pomwezi a ébloui le public par ses vers dans du slam. « Je ne connais pas la langue nationale. Je donnais des idées en français. Nous avons eu les aides de nos parents et de notre prof d’histoire-géo. Nous sommes là pour notre patrimoine. Nous devons le conserver et le montrer aux futures générations », indique Ghania Erchadiddine Ahmed, 13 ans, de l’école gagnante du concours.

« Ça fait plaisir. Je n’ai jamais participé à un concours, je n’ai jamais monté sur scène. Je n’ai pas l’habitude. Nous avons réussi. L’école avait confiance en moi. Certains sont venus nous soutenir », a-t-il exprimé. De sa part, Maissara Said, 11 ans de l’école GSDP explique comment son école s’est préparée. « Je me suis préparée avec l’intérêt de gagner. Nous avons eu de la force lors des demi-finales. Nous avons composé nos textes après les explications de nos professeurs. J’ai découvert le patrimoine et je sais qu’il faut le protéger et le sauvegarder », explique-t-elle. Pour le président du JPC, Ehsen Mansour, « c’est une idée de longue date. L’intérêt, c’est que les élèves comprennent, sachent pourquoi et comment sauvegarder le patrimoine. Nous espérons que ce domaine soit enseigné dans les écoles », conclut-il.

Ahmed Zaidou

Le CNDRS avec l’Université des Comores (UDC) et les experts internationaux et nationaux de l’Unesco ont eu, hier lundi, à Moroni,  une réunion d’échanges et de concertation. Une manière de mettre en place le plan stratégique du répertoire des patrimoines nationaux au sein de 5 différentes villes des Comores. Le but est d’inscrire la liste du patrimoine national dans la base des données de l’Unesco.

Après avoir visité l’île d’Anjouan, la mission de l’Unesco a rencontré les responsables du CNDRS et de l’Udc, hier à Moroni. Une manière de mettre toutes les dispositions nécessaires du recensement des patrimoines nationaux des villes respectives de Moroni, d’Ikoni et d’Itsandra à Ngazidja. La visite aura lieu dans 3 jours. Toiouilou Mzé Hamadi, directeur général du CNDRS a souligné que l’importance de la rencontre est axée sur le partage de l’information et la demande de l’implication des acteurs concernés.

« Depuis 2005, les Comores sollicitent l’inscription du patrimoine national dans la liste indicative de l’Unesco.  Aujourd’hui, le rêve est devenu une vérité. Nous avons recensé 5 villes des Comores. Après Ndzuani, nous allons visiter 3 villes de Ngazidja. C’est une démarche de suivi et évaluation sur le sultanat des Comores afin d’inscrire le patrimoine national dans la base des données de l’Unesco. Cette réunion fait, alors, l’objet de partage de l’information et la demande de l’implication des acteurs de la société civile », a expliqué le directeur général du CNDRS.

Le consultant du patrimoine mondial de l’Unesco, Simone Ricce a valorisé le travail effectué à Anjouan et espère une bonne continuité de la mission de l’Unesco et CNDRS à Ngazidja. « Nous sommes ravis de l’importance de la qualité et de l’aventure réalisée aux Comores. À Anjouan, les travaux ont été bien menés et espèrent une bonne continuité à Ngazidja. Les jeunes qui s’engagent au patrimoine national ont un réel intérêt. La croissance rapide du patrimoine est menacée », a conclu l’expert anglais de l’Unesco.

Abdoulandhum Ahamada

Vendredi dernier dans l’après-midi, la présidente du collectif du patrimoine des Comores, Fatima Boyer est médaillée « Nourou ya Mutsamudu » par le maire de Mutsamudu, Zarouki Bouchrane. Un symbole distinct mis en place par arrêté municipal.

L’actuel ministre de la jeunesse et des sports est le suivant à être médaillé. Nous attendons. L’arrêté est lu et expliqué en langue nationale par le directeur du cabinet du maire, Kamal’eddine Saindou. On note 5 articles. Ce symbole est nommé par la commune « Nourou ya Mutsamudu ». C’est devant le directeur général et régional du Cndrs, les représentants de l’Unesco et l’Icomos, la direction de la culture, de ses amis, familles, associations, mais surtout de sa mère émue. Elle qui tient sa motivation de sa mère, madame Bouthaina Bourhane, fondatrice de l’association Houzaiya.

Madame Fatima Boyer, souriante, est ensuite décorée par l’association AFAM de Mutsamudu. Pour eux, « cette décoration montre sa volonté et un amour pour ses compatriotes ». Pour elle, Fatima Boyer, c’est un honneur de porter cet insigne. « C’est un jour si mémorable pour moi. Je mesure le poids de cette médaille. Elle me permet d’être encore plus motivée. Je sais qu’avec ça, je suis appelée à fournir encore plus d’avantages de temps et à faire des sacrifices pour mon pays. Je dédie cette médaille à mon mari et ma maman qui m’ont appris les valeurs fondamentales de la vie en société. Si je suis comme ça, c’est grâce à eux », dit-elle avant de remercier le maire, son cabinet, l’assistance, mais également l’équipe nationale, les Cœlacanthes, pour leur performance face à Lesotho.

Pour le récipiendaire et ancienne Maire de la commune, Sittina’Echat Assadi a tenu à expliquer pourquoi elle était réciproque du symbole. Selon elle, c’est en partie par sa responsabilité sociale. « C’est la journée de madame Fatima Boyer. Tout le monde la connaît et reconnaît ses œuvres. C’est une patriote, une amoureuse du pays. Elle a pris la cause du patrimoine. Depuis tout ce temps (2004), elle n’a pas de repos. Aujourd’hui, la commune et le maire reconnaissent ses efforts. C’est un geste de noblesse. Cette médaille est méritée », explique-t-elle. La suite, ce sont des éloges de tout part à son égard. L’association UESMA tient aussi à décorer madame Fatima Boyer.

A noter que c’est la troisième médaille qu’elle reçoit. Fatima Boyer a été élevée chevalier des arts et des lettres par le ministre de la culture à Paris, elle a été décorée Etoile de Mohéli.  Et cette fois, elle est « Nour de Mutsamudu ».

Ahmed Zaidou

La mission de l’Unesco et l’Icomos a bien démarré à Anjouan. Les visites et réunions ont bien eu lieu. Votre quotidien y était pour comprendre la mission, ses objectifs et les perspectives pour les Comores. La mission se compose d’experts nationaux et internationaux (Unesco/ Icomos / CNDRS, MEN, UDC).

Des visites qui ont un réel impact sur le dossier de nomination. Lors de ce dernier, il y a eu différentes interventions, histoires et questions sur les médinas, maisons, mosquées, mais surtout de prises de photos. Et même sur l’histoire politique et économique du pays. Plusieurs aspects communs entre les bâtiments visités, dont la plupart sont délabrés, mais d’autres en rénovation. Certaines maisons sont découpées pour des cessions d’héritage. Les experts recensent beaucoup d’influence, notamment Oman et n’affichent rien de bon.

Le fond de la mission dans les îles

« C’est une mission de vérification de l’état d’avancement des travaux qui étaient entamés par les autorités comoriennes. Déjà, avec l’appui de l’Unesco dans le temps et pour faire le point pour pouvoir avancer ensemble jusqu’à la nomination. Nous espérons qu’on succède à la candidature », souligne Simoné Ricca, expert Unesco. « C’est une étape fondamentale pour rencontrer des gens, pour connaître les sites, vérifier le mécanisme de gestion et l’état de conservation qui vont être proposés », explique-t-il avant de préciser que la mission est double. « Il y a d’un côté l’Icomos qui est là pour vérifier l’état  de la valeur universelle exceptionnelle du site et moi, qui suis là pour imaginer un peu les étapes pour avancer. Nous n’avons pas exactement le même terme de référence, charge, mais le même but. Ce dernier est d’aider le pays à arriver à la nomination et arriver à inscrire ses sites », indique-t-il.

Pour l’experte Icomos, Luisa De Marco, c’est sa première en Afrique, notamment aux Comores qu’elle est accueillie de la sorte lors d’une mission. Selon elle, la mission est organisée par l’Unesco parce que les Comores ont l’intention de s’inscrire aux listes du patrimoine mondial qui symbolise les sites les plus beaux, les plus importants du monde entier et de créer le sultanat des Comores. « Le centre du patrimoine mondial a organisé une mission de soutien pour aider les Comores qui ont beaucoup travaillé. Nous avions besoin de consultation technique, de mieux définir certains aspects de ce dossier et de travailler ensemble pour donner », explique-t-elle avant de détailler la mission : « Nous sommes ici pour voir l’état de conservation, les d’éliminations de biens, parler pour le futur de la conservation des sites, la planification et la gestion dans le temps. Cette inscription est un honneur, mais aussi un engagement de l’État, mais pas seulement, mais la communauté locale et nationale ». Et pendant la mission à Anjouan et à la Grande-Comore, « nous allons préparer le dossier et pour garantir la conservation soutenable et la protection du bien. La conservation dit soutenir aussi la communauté pour une bonne vie dans un bon contexte paysagère, urbaine, mais aussi pour accueillir des visiteurs », ajoute-t-elle.

Un rêve ou une possibilité de s’inscrire à l’UNESCO ?

Les choses deviennent difficiles. Les visites se sont bien passées, mais la réalité du terrain est complexe. Entre les biens délabrés et des gestionnaires de sites qui ont du mal à cohabiter. L’optimisme de nomination n’y est pas. Du moins, c’est ce qui se chuchote à Anjouan. « Le potentiel est propre pour les Comores, unique, mais qui peut être d’intérêt pour le monde entier. Le potentiel est tel que les Comores sont un pays important, avec une histoire multiple de croisement de culture et nous voulons le montrer au reste du monde », a déclaré Simoné Ricca, expert UNESCO.

Il faut savoir que pour qu’un bien soit admis à l’Unesco, elle doit comporter une valeur universelle exceptionnelle. Cette valeur connaît trois grands axes. Explication. « C’est une valeur patrimoniale très importante. Il faut les restaurer et les protéger. Quand on parle de valeur universelle exceptionnelle, c’est une construction (théorique), nous avons trois piliers. C’est déjà remplir les critères de la convention. Le deuxième, c’est l’intégrité et l’authenticité. Et la troisième, c’est la bonne conservation », a-t-elle précisé.

Ahmed Zaidou

 

 

 

La mission de l’Unesco/Icomos est aux Comores pour le lancement des travaux rédactionnels du dossier d’inscription des monuments historiques nationaux au patrimoine mondial de l’Unesco. Des hommes et femmes sont atterris à Anjouan,  mercredi dernier.

C’est une mission de reconnaissance et d’enrichissement du dossier d’inscription. Elle débute à Anjouan du mercredi 01 au dimanche prochain. La mission se compose des experts nationaux et internationaux. Une rencontre prévue avec le gouvernorat n’a pas eu lieu par faute d’agenda du gouvernorat qui est à Moroni.

Historique du dossier d’inscription

Un travail minutieux est fait en amont entre le collectif du patrimoine des Comores, le Cndrs, et les associations gestionnaires et responsables de sites à visiter. Le trajet est programmé, chronométré et bouclé pour les activités à Mutsamudu. Dans la seconde ville, à Domoni, c’est l’association des gardiens du patrimoine culturel de Domoni, GPDC qui ont préparé le terrain avant la mission. Ce projet phare est une initiative du collectif du patrimoine des Comores, CPC. La présidente de l’association, madame Fatima Boyer, nous affirme que « nous devons être là. Nous devons être unis pour ce batail ». « Si ce n’est pas nous les jeunes, les femmes, personnes ne le faire pour nous. Depuis 2005, nous n’avons pas reçu une mission aussi importante que celle-là. Et comme le disent certains d’autres pays, ils sont arrivés en 6 mois, depuis 2005, donc aujourd’hui pourquoi pas nous. C’est le gouvernement avec le soutien permanent de la communauté que nous pouvons y arriver », ajoute-t-elle.

« Nous avons initié une démarche qui consiste à vouloir inscrire les biens des Comores au patrimoine mondial. C’est une démarche qui date de 2004. L’année suivante, il y a eu une mission de l’ICOMOS venue aux Comores dans le cadre d’une mission d’identifications des sites. L’année suivante, nous avons eu l’occasion d’inscrire 4 sites des Comores sur le site indicatif de l’Unesco. Sur ces 4 sites, il y a deux ans, nous (Cndrs) avons eu l’initiative et l’autorisation de travailler avec l’Unesco Icomos dans le cadre de la préparation du dossier d’inscription des sultanats des Comores au patrimoine mondial », explique Dr Toiwilout Mze Ahmadi, directeur général du Cndrs.

Une réunion à la mairie de Mutsamudu

Une réunion a eu lieu mercredi dernier. Le maire de Mutsamudu, Zarouki Bouchrane a eu le mot de bienvenue. Dans ses propos, nous retenons le fait que la commune soutient amplement ce grand projet. Il surprit aussi l’assistance du fait qu’il dit avoir « médaillé madame Fatima Boyer pour ses efforts pour le patrimoine ». Pour Kassim Jaffar, président de l’association AAIA, l’adhésion de son association, « c’est pour mettre en valeur l’association de guide et d’interprétariat, mais aussi la satisfaction d’être parmi ceux qui portent le dossier de nomination auprès de l’Unesco. Nous sommes derrière le CPC, dans toutes leurs activités. C’est pour nous, (association d’accueil et d’interprétariat Anjouanaise), un grand plaisir, un grand amour pour le pays, mais également de l’expérience pour nous, en tant que jeune association », dit-il. Quant au professeur, écrivain et historien Hachim Mohamed Ali, auteur de 20 œuvres,  raconté de fond en comble l’histoire de « Moussa Moudou » avec aisance. Dans le silence ébloui de l’assistance tel un grand-maître orateur. Il évoque dans son récit de 18 minutes, 9 pages, « l’importance et les atouts de Mutsamudu, le transfert de la capitale de Domoni à Mutsamudu, et la valeur historique du palais Ujumbé ».

Ahmed Zaidou

En conférence de presse d’hier, à Moroni, le CNDRS a parlé du plan d’action 2022-2025. La récolte des données « patrimoniales des villes des Comores », le « contrôle et surveillance du Karthala » et la « numérisation du musée national » font objets de la rencontre. Les Comores veulent valoriser leurs patrimoines culturels et historiques à l’échelle mondiale.

À  travers les accords signés entre le CNDRS, l’Unesco et l’ICOMOS, des experts internationaux sont attendus aux Comores, aujourd’hui. Le but est de recueillir des données culturelles, historiques et patrimoniales nationales. 5 villes des Comores ont été retenues. Il  s’agit de Moroni, Mutsamudu, Iconi, Dmoni et Itsandra. Le directeur général du CNDRS, Toiwilou Mzé Hamadi a évoqué l’importance de la découverte des patrimoines nationaux auprès des experts de l’Unesco et de l’Ecomos. «  Nous avons signé des accords avec l’Unesco et l’Ecomos pour le recueil des données patrimoniales, historiques et culturelles des Comores, des sultanats et médinas. 5 villes des Comores ont été retenues pour recenser les mosquées, les maisons traditionnelles, les zaouiya, les bangwé, les danses traditionnelles, les vieux bâtiments. Ces données seront introduites dans les sites internet. C’est un savoir universel, un patrimoine national. Le monde va connaître nos valeurs et traces historiques », a commenté le directeur général du CNDRS.

Ce dernier a avancé les activités menées par le CNDRS : le contrôle et la surveillance du Karthala, et la numérisation du musée national. Des projets phares pour les années à venir. « Le CNDRS œuvre pour un plan de contrôle et de surveillance du Karthala, à travers des experts internationaux et nationaux. De même que la numérisation du musée national », a-t-il rappelé.

Mohamed Mboreha, responsable du conservatoire du patrimoine au CNDRS a sollicité les responsables des villes et villages, les maires, la diaspora, entre autres, de sensibiliser la population à conserver l’identité culturelle des Comores. « La destruction des traces historiques des Comores menace notre identité culturelle. Un pays qui enregistre ses valeurs culturelles et touristiques dans un document de l’humanité s’ajoute 10% des touristes », a-t-il interpellé.

Abdoulandhum Ahamada

 

L’association des jeunes du patrimoine des Comores, JPC, en collaboration avec l’Alliance Française de Mutsamudu, a organisé un concours/débat d’éloquence sur le thème du patrimoine. C’est dimanche dernier qu’a eu lieu cet événement à la salle de spectacle de l’Alliance française. 

Un concours parmi de nombreuses activités de sensibilisation, d’information, venu à pic pour soutenir le dossier de nomination des 5 médinas des Comores au patrimoine mondial de l’UNESCO. La sensibilisation de la communauté écolière sur le patrimoine est l’une des préoccupations des acteurs de lutte pour le patrimoine national. 5 établissements dont 1 d’Ouani et 4 de Mutsamudu. La cause, selon l’association, serait un refus des autres établissements à participer. Sur ces 5 établissements, Tchépe-school est la seule école éliminée. Toutefois, ils sont encouragés par leurs responsables sur place. Une bonne dose de stress et de panique, mais aussi de rigolade pour ces écolières pour la plupart au collège. Une première édition à quelques jours de la mission Unesco/Icomos. Cette mission aura comme objectif d’identifier et visiter les sites une énième fois et, qui sera primordial à l’inscription de nos médinas à l’UNESCO. Au total, ce sont 5 médinas.

« C’est une initiative est pour préparer nos enfants à connaître leur histoire, leur culture et leurs patrimoines. C’est en langue comorienne. Ils vont débattre sur des questions importantes pour la sauvegarde du patrimoine. Ces établissements ont le même sujet. Ils vont débattre sur un pour et un contre. La finale est prévue, si tout va bien, à la citadelle le 05 juin », explique Inrfane Ahmed Assane. De sa part, Irsa Mohamed, secrétaire général de l’association, a tenu à remercier les participants et le public pour leur présence. « Vous êtes là et nous sommes contents. C’est un premier concours en langue nationale puisque notre langue se perd. Nous avons voulu le faire avec les élèves pour qu’ils démontrent les capacités d’éloquence », dit-elle. Le docteur Idriss Moussa, diplômé en langue française à l’université du Maroc fait savoir que « les critères sont basés sur la prestation, l’articulation des mots et enfin l’exposé qui avait la moitié de la note ». Il ajoute « ce concours montre l’importance d’apprendre le patrimoine aux écolières. Ils commencent à apprendre puisque ce sont eux, qui auront la responsabilité des sites. Cela aidera également, le dossier de nomination à l’Unesco. Et justement ça, comme on dit qu’apprendre à la jeunesse, c’est tout un pays qu’on apprend ».

Le stress sur scène s’explique lorsqu’une candidate confie avoir eu son récit intégralement écrit par un professeur de français. « Je (sur scène, ndrl) ne comprenais pas l’écriture du professeur en question. C’est notre professeur qui a tout écrit. Nous n’avons jamais participé à ce genre de concours. Normal d’avoir du stress. Même avant le début du concours, nous étions stressées, et même certaines en pleurs ou paniquées », exprime-t-elle. Après cette remarque, c’est le docteur Idriss Moussa, membre du jury qui a dénoncé ce fait et a interpellé les dirigeants des établissements à prendre au sérieux la question du patrimoine dans les écoles. Pour lui, « il ne faut pas simplement écrire un texte que l’élève va lire, mais le but, c’est qu’il comprenne le sens et l’intérêt qu’il y a dans le patrimoine ».

Ahmed Zaidou 

L’ambassador Youth Ndzuani Island s’appelle Anzam Aboubacar. Il a 18 ans, de 1,80 mètre. Il passe le baccalauréat série D. Gentil, courtois, poli et toujours souriant sont les caractères définis par ses proches que nous avons rencontrés. Il est élu le 14 mai par une sélection de membres du jury variés.

Le jeune Ambassador dit avoir su se démarquer des autres candidats et lutter pour la réalisation de différents projets qu’il souhaite mettre en place, en valeur. Il est soutenu par l’équipe du comité d’organisation d’Ambassador Youth Ndzouani Island, mais aussi de la présidente du comité Ambassador Youth National Mayotte en même temps, vice-présidente du comité Ambassador national France, Abdullahy Missy. Il a reçu le soutien indéfectible de son père qui l’a même aidé à s’habiller le jour du concours.

« Je ne m’y attendais pas tellement que je pouvais gagner ce concours de beauté et de culture. Je me disais simplement que j’ai eu ma chance dans les trois premiers. Le talent des autres candidats se voyait. J’ai pris le concours sérieusement. Je me suis différencié, démarqué des autres. Je suivais à la lettre les conseils et recommandations. Je me suis imposé », explique-t-il. Et il poursuit, « j’étais content de gagner. Je ne m’attendais pas à 100 %. J’étais ébloui de recevoir le titre. Ce fut un moment exceptionnel. Une opportunité d’être connu et reconnu, mais également de pouvoir faire quelque chose de ma vie. J’ai vécu ce moment avec les autres participants. Mon père m’a soutenu. Il m’a conseillé, partagé ma photo de candidat, et même habillé le jour. J ».

Selon lui et l’équipe du comité d’organisation, plusieurs projets sont mis en place. « J’ai un projet que je mets en place. Je reçois beaucoup de soutien. C’est important que les acteurs de la société puissent soutenir comme ils peuvent la jeunesse et les nombreux projets qui sont autours. Je mobiliserai les gens. Je créerai des associations caritatives. Je ferai des levées de fonds au niveau des acteurs politiques, et de la société civile du pays », dit-il en avouant avoir des projets comme le ramassage de déchets, la lutte contre la délinquance juvénile, les violences basées sur le genre mais aussi dans le domaine du sport, de la culture et du patrimoine ». Bien qu’il regrette ne pas être soutenu par les autorités, il dit être prêt à lutter pour sa cause. Interrogé si la beauté est suffisante pour être un jeune représentant, Anzam Aboubacar, connu pour être élu jeune représentant de la jeunesse, répond négativement. 

Ahmed Zaidou