ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

L’ancien candidat aux présidentielles Fahmi Saïd Ibrahim est de nouveau candidat aux élections présidentielles anticipées du mois de mars prochain. Dans une conférence de presse tenue à l’hôtel Goldun Tulip, il promet de soutenir un  candidat du parti Juwa, qui franchirait pour le second tour des élections.

Fahmi Said Ibrahim devant les journalistes

 Loin d’être inerte, le fils du prince, ancien candidat à la présidence de 2016, Fahmi Saïd Ibrahim atteste devant la presse sa candidature à la conquête à Beit Salam. Fahmi reste ouvert sur sa ligne de  candidature que « je suis un candidat démocratique indépendant aux élections présidentielles », dira-t-il. Ce candidat remet en cause le congrès du parti Juwa dont il n’a point respecté les principes démocratiques. «C’est  inutile d’aller aux élections primaires avant d’examiner la légitimité des candidats du parti », lance Fahmi Saïd Ibrahim.

Le candidat malheureux aux dernières échéances  n’a pas manqué de justifier son soutien indéfectible à l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, pour  la situation à laquelle il traverse depuis 5 mois. « Je me suis entretenu avec Sambi à sept reprises au téléphone, et je demande à ceux qui chuchotent dans les murs pour affaiblir ma sympathie avec Sambi d’arrêter. Combien de fois ils l’ont rencontré ? », se demande-t-il. Me Fahmi désapprouve les allégations véhiculées dans les espaces sociales qui portent à croire qu’ils mâchent discrètement avec le régime en place pour « enterrer » Sambi. « J’ai jamais eu un contacte avec le président de l’union des Comores ni un membre de sa nouvelle administration, depuis qu’on m’a demis de mes fonctions du ministre de la justice », indique Me Fahmi. Il exhorte tous les partis politiques à  mener une marche commune afin de veiller aux élections en toute sérénité et transparence.

Nassuf.M.Abdou (stagiaire)

En marge de sa visite en France, Azali Assoumani, président de l’Union des Comores a rencontré la nouvelle secrétaire générale de l’organisation internationale de francophonie (Oif), Louise Mushikiwado. Cette dernière a confirmé la participation de son organisation aux élections présidentielles et des gouverneurs.

Poigné de mains entre Azali et Louise

L’information a été livrée par le président à la sortie de sa rencontre avec la nouvelle secrétaire générale de l’organisation, Louise Mushikiwabo, qui vient de prendre ses fonctions le premier janvier de ce nouvel an, 2019.

 A l’ordre du jour de la rencontre entre le président et la secrétaire générale, la supervision des élections présidentielles et des gouverneurs des îles. «Nous sollicitons l’accompagnement de l’Oif dans le processus qu’on a mis en place, c’est-à-dire, les Assises nationales, le référendum, la nouvelle Constitution et les élections anticipées qui vont avoir lieu en mars et avril. On a besoin de l’accompagnement de l’Oif. Fort heureusement, elle a accepté, elle va nous accompagner», a déclaré le président. «L’Oif a accompagné le processus dès le début en dépêchant un représentant lors des Assises nationales, en la personne de l’ancienne ministre malgache des Affaires étrangères, Béatrice Atallah. Et la secrétaire générale a dit qu’avec beaucoup de plaisir l’Oif sera là dans les élections», indique Azali Assoumani.


Le chef d’Etat comorien, est le premier chef d’Etat reçu par la nouvelle secrétaire générale de l’Oif après sa prise de fonction. «La secrétaire générale m’a confié qu’elle a reçu des visites des ministres, mais je suis le premier chef d’Etat qu’elle a reçu. C’est devenu une tradition pour moi de rendre visite au Secrétaire général de l’Oif. Quand Diouf était là, je venais le voir souvent. Donc, ce n’est pas une première. Pour moi, ce sont des personnalités qui méritent beaucoup d’estime et d’honneur. Ma visite lui a beaucoup plu que je sois le premier président à lui rendre visite», se jubile Azali Assoumani.

KDBA

Le parti Mouroua dans une neutralité temporaire

Le parti Mouroua dans une neutralité temporaire

Le parti Mouroua fait partie des formations politiques qui forment l’alliance de l’opposition, le Mouvement Amami Ya Komori. A travers une conférence de presse, hier mercredi à Moroni, le Mouroua a annoncé qu’il préfère rester dans une neutralité temporaire, face aux élections anticipées de mars prochain.

Le parti Mouroua devant la presse

Le parti Mouroua n’apporte aucun soutient à quiconque. Une neutralité temporaire est annoncée en attendant la validation des candidatures par la cour suprême. Puisque, le parti, selon les conférenciers, veut « un candidat influant, qui sera en mesure de renverser le régime en place. » « Nous sommes face à une véritable forfaiture qui appelle à la mobilisation des forces vives de la nation pour provoquer la déroute du régime en place par des moyens démocratiques disponibles », lance le président du parti Mouroua, Saïd Abas Dahalane. Et lui de déclarer, « le parti Mouroua ne présente aucun candidat aux élections présidentielles ni à celles des gouverneurs, confirmant ainsi sa parfaite cohérence avec ses prises des positions antérieures contre les actes anti-démocratiques de l’administration du colonel Azali Assoumani. »

Le leader de cette formation politique qui fait partie des forces du Mouvement Amani Ya Komori, fulmine la nouvelle classe politique caractérisée par une « attitude anticonstitutionnelle », dont sa vision est fondée pour s’éterniser au pouvoir. « Le despotisme aveugle sans précèdent dans notre pays dirigé par le colonel Azali Assoumani est entré de bafouer toute les libertés démocratiques, de malmener les principes élémentaires d’Etat de droit au point de priver la population de choisir », dénonce Saïd Abas Dahalane.

Le Mouroua affirme qu’il est du camp de l’opposition. Une opposition libre et démocratique et il se réserve le droit inaliénable de faire ses choix à partir du lancement officiel de la campagne électorale, sur la base de son programme et principes qu’il a toujours défendus et qui seront précisés dans les prochains jours.

Nassuf.M.Abdou (stagiaire)

Fnj rejette Sitty Farouata

Fnj rejette Sitty Farouata

Pendant que la mouvance présidentielle opte pour Sitty Farouata Mouhidine aux élections des gouverneurs, le parti Front national pour la justice (Fnj), rejette complètement ce choix. Un courrier a été adressé au bureau politique de la mouvance demandant de remplacer cette candidate, sans réponse.  

Sitty Farouata Mouhidine

Le parti Front national pour la justice soutient la candidature d’Azali. Mais il n’opte pas pour la candidature du commissaire au genre, Sitti Farouata. Les responsables se sont justifiés et estiment que le choix désignant Sitti Farouata comme candidat est insoutenable  puisque le Fnj est un parti fondé sur des principes de l’Islam. Alors, cela peut changer les valeurs qu’ils ont toujours défendues. Le secrétaire national de ce parti, Mahamoud Hodari a souligné que « nous sommes de la mouvance présidentielle mais nous ne pouvons pas battre campagne pour cette femme. Cela ne veut pas dire que nous opposons Sitti Farouata mais  en tenant compte des textes religieux, Fnj ne peut pas céder à cette candidature. »

C’est une position qui sera mal digérée par la mouvance présidentielle. De toutes les façons elle a déjà investi ses candidats dès le début du mois de janvier. Il peut donc y avoir des conséquences à en courir avec notre position mais les leaders de Fnj seraient prêts à encaisser. Le parti appelle à la redynamisation de ses membres. «  Nous devons continuer sur notre dynamisme. Il faut que nous mettions le paquet avant de lancer un appel à toute personne qui aime la religion musulmane de se joindre à eux. L’islam est notre devise, nous sommes à toute adhésion d’un islamiste », ajoute Mahamoud Hodari.

Le Fnj a envoyé un courrier à la mouvance présidentielle pour manifester son désaccord relatif à la candidature de Sitty Farouata.  Mais, le secrétaire de la mouvance présidentielle nous confie n’être pas au courant de ce sujet. Wait and see.

H.H

L’ancien gouverneur de l’Ile de Ngazidja, Mouigni Baraka Said Soilihi a officialisé sa candidature, et celui de ses gouverneurs, hier à Ntsoudjini, avant d’aller enregistrer sa candidature à la cour suprême. Le candidat malheureux aux dernières présidentielles appelle la population cette fois, à éliminer Azali dès le premier tour.

L’ancien gouverneur de Ngazidja, Mouigni Baraka Said Soilihi se relance à la course pour Beit Salam. Etant un ténor de l’union de l’opposition, Mouigni Baraka préfère représenter son parti RDC aux élections présidentielles que de s’aligner avec un candidat. Ses priorités une fois élu à la magistrature suprême sont le rétablissement de l’ordre constitutionnel, sauvegarde de l’unité nationale donner à Anjouan son tour en 2021, l’autonomisation des iles, la réorganisation des institutions publiques et privées et libération des prisonniers politiques. L’occasion pour Mouigni Baraka d’annoncer ses candidats au poste des gouverneurs dans les trois iles. Il s’agit respectivement de Hatim Nakib Djonnhy à Ngazidja, le député Ben Omar à Anjouan et le député Djabir à Mohéli. 

« Azali a peur de Sambi »

Dans son intervention, devant des différents notables, des cadres des religions de Ngazidja, des membres de son parti RDC

, le candidat Mouigni Baraka Said Soilihi a pointé du doigt au gouvernement central et celui de l’île de Ngazidja.

« Ce n’est pas la tournante qui est mauvaise, ce sont les gouvernants. Pourquoi changer la constitution ? », selon Mouigni Baraka qui soutient que la tournante a pu restauré « la paix » et la « tranquillité. » « Je me suis donner l’initiative d’opposer Azali depuis le départ car je connais ses intentions. Ce qui est important pour tout le monde est d’éliminer Azali dès le premier tour. On dirait qu’il avait une revanche envers les politiques emprisonnés car il a refusé de les libérer. Nous savons tous qu’Azali a peur de Sambi », a fait savoir le candidat du parti RDC.  Il promet une étroite collaboration et entente avec tous les comoriens (du régime et de l’opposition) pour le développement des Comores. « Je suis perplexe et je regrette sur le comportement du gouverneur de l’ile de Ngazidja qui n’a pas pu améliorer les conditions de vies de Wangazidja », regrette-t-il.

Hatim Nakib Djonnhy, un relais qui rassure ?

Hatim Nakib Djonnhy, candidat aux gubernatoriales dans l’île de Ngazidja reste convaincu que c’est la jeunesse qui est capable de changer la donne, de changer le pays.  « Il faut réfléchir avant de faire son choix dans les élections présidentielles et gubernatoriales du mois de mars prochain », conseille le candidat du RDC aux élections des gouverneurs. Selon lui, le but de cette cérémonie est d’officialiser les candidatures avant les dépôts. Ce n’est plus une mobilisation de campagne. Il promet de suivre le plan de Mouigni Baraka dans tous les domaines importantes notamment, améliorer l’éducation des enfants de Ngazidja.

« Mouigni Baraka est le candidat le mieux placé »

De sa part, le notable Mohamed Ahmada Mboreha a appelé aux jeunes de prendre la relève et à s’imposer pour le développement du pays. « Mouigni Baraka est le candidat le mieux placé. Ne ratez pas cette opportunité. Il serait mieux de prendre conscience des événements actuels qui secouent le pays. Avec Mouigni, nous aurons une vie paisible », lance le notable.

 H.H

Mouigni Baraka officialise sa candidature devant une foule immense  

Mais…que fait l’armée ? Cette question qui sort de la bouche de tout un chacun et qui germe dans la réflexion des intellectuels n’a jamais été anachronique. Partout dans le monde, en Occident  comme dans le tiers-monde, les forces de l’armée ont toujours été la cible des critiques dans des sociétés démocratiques où la mission de la maréchaussée est le maintien de l’ordre, la répression des outrances et la défense des institutions républicaines. Si en France, le récent  phénomène « gilets jaunes » illustre l’existence d’une force publique parfois dépassée par une révolte sociale, aux Comores, l’intervention de la police et des unités d’Escadron de la gendarmerie, en vue de remettre l’ordre public, est souvent émaillée de bavures. Aussi, l’image de l’armée en Afrique est associée à l’exercice autoritaire du pouvoir et à l’effritement de la neutralité professionnelle. On assiste alors à une faiblesse à la fois de maturité professionnelle et d’éthique politico-démocratique chez nos soldats, parfois exploités par des éventuelles scissions entre forces royales et milices rebelles. Seule l’armée, la police et la gendarmerie sont tenues de maintenir l’ordre public dans une société dite démocratique et c’est pourquoi, pour exercer son devoir citoyen ce corps mérite l’attention de tous. La première urgence serait une formation adaptée, une reconnaissance sociale et des conditions de travail adéquates. Alexis de Tocqueville, ce philosophe français du XVIIIème siècle écrivait « qu’il n’y a que le gouvernement qui puisse assurer l’ordre public : le peuple n’a peur que de la maréchaussée, les propriétaires n’ont confiance qu’en elle. Pour les uns et pour les autres, le cavalier de la maréchaussée n’est pas le principal défenseur de l’ordre, il est lui-même.»

Aux Comores, l’armée nationale a-t-elle atteint ce stade d’une force professionnelle, républicaine et citoyenne capable d’instaurer et contrôler l’ordre public ? Pourquoi dans ces dernières années l’AND est dans le viseur des citoyens à chaque descente sur terrain ? Vanamboini, Mitsoudjé, Bahani,  Mutsamudu, Iconi…, la liste est longue. Nos soldats et nos officiers sont-ils à même de mesurer l’enjeu de leur engagement et des missions qui leurs sont confiées ? A l’heure où  ces interrogations occupent l’opinion publique et politique et dans un contexte social où l’AND est toujours sollicitée, il est fondamental de saisir les caractéristiques de nos soldats afin d’appréhender ou évaluer le niveau et la qualité des missions qu’ils conduisent. Une étude socio- analytique qualitative et quantitative est donc nécessaire. Nous en proposons quelques éléments monographiques.

 Qui sont nos soldats ?

  La première caractéristique d’identification sociologique de nos hommes en treillis est leur origine sociale. Au sortir de la colonisation, les engagés de l’armée sont en majorité issus de familles modestes, urbaines dont les parents étaient surtout de professions libérales, notables influents dans leurs villes et rarement agents de l’Etat. Ces jeunes dévoués à la profession militaire avaient  une instruction considérée comme suffisante : brevetés du secondaire, jeunes bacheliers ayant obtenu des formations militaires à l’extérieur. Ces officiers, rentrés au pays dans les  années 1980-1990 ont occupé des postes de commandement dans une armée où il fallait tout organiser : former des jeunes recrues à l’éthique militaire, réformer une administration et une gestion des forces armées et de la gendarmerie nationale avec peu de moyens. Ces officiers des premières heures ont été relayés par une autre vague de hauts gradés  qui ouvre la voie à une vocation militaire auprès de plusieurs générations. N’étant pas issus de la bourgeoisie dominante dont les enfants étaient destinés à d’autres carrières très prestigieuses, ces premières générations n’avaient d’autre issue que de se forger un parcours militaire ouvert à tous, noble métier qui était pris en charge par l’Etat. Dans cette lancée, le pays ayant besoin de cadres dans tous les secteurs, a encouragé aussi la formation des sortants de l’Ecole supérieure de Nvouni pour pallier à plusieurs manques dans l’administration et l’enseignement. Entant donné que ces officiers sortants des écoles de Meknès, Saint-Cyr, Antsirabé ou Alfortville, avaient la mission d’abord de formater par les méthodes du drill,  des soldats, recrutés sur la base d’un niveau scolaire très bas et parfois ayant traversé un désœuvrement total, une déscolarisation et une forme de délinquance juvénile imposée par le système où les crises de l’école deviennent épisodiques. Ce sont ses soldats, hommes de rang ou sous-officiers actuels qui interviennent aujourd’hui dans les missions de redressement de l’ordre. De tels soldats ne sont pas différents des jeunes de nos villes et villages qui sèment la zizanie dans le quotidien. Dans son discours de présentation des vœux à la nation, le président de la République, fin connaisseur et cadre supérieur de l’AND a rappelé que « ces soldats, avant qu’ils soient des militaires, ce sont vos enfants. Ils interviennent dans des villes et villages où ils retrouveront des frères d’armes, des proches de leurs familles.»  Ces soldats ne possèdent pas le principe de  l’obligation de réserve recommandé et enseigné au corps. Ils oublient, parfois leur statut d’hommes de loi. Ce niveau d’instruction de nos hommes mêlé aux différents niveaux de formation très élevés de leurs chefs, provenant d’horizons divers du fait que certains officiers de gendarmerie et de l’armée  sont diplômés d’écoles de police de Tripoli, de Sharjah…Un tel facteur hypothèque le professionnalisme de l’AND qui est toujours en reconstruction.  La chronologie historique de notre armée impose de tenir compte de l’aspect à la fois synchronique et diachronique de son existence. Le passage d’une armée néocoloniale à une force nationale avec les différentes appellations qu’elle a connues, a également métamorphosé son statut et son niveau d’intervention. Le passage des Gardes Comores à l’AND en passant par les Commandos Mwassi, la Garde Présidentielle (GP), la police fédérale,  les forces armées comoriennes (FAC) aux Forces comoriennes de défense (FCD), les forces publiques ont souvent changé de carte d’identité à l’image des citoyens qu’elles protègent.

Une autre caractéristique et non le moindre est d’ordre psychologique. Longtemps décriée et parfois discréditée par les citoyens, nos soldats ont connu plusieurs surnoms péjoratifs dont le plus connu est celui de Naylé Yilalé, désignant les soldats de mangeurs-dormeurs et non de combattants de la nation. Ce stéréotype a beaucoup dénigré nos soldats et décrédibilisé l’institution militaire, réduite à une armée sans importance. En effet, depuis la réforme de l’armée mise en place en 1997 pour unifier l’institution, gendarmes, policiers et militaires s’efforcent de redorer le blason et imposant une image autoritaire respectable auprès des citoyens. La substitution d’une armée Naylé Yilalé à une armée Yayilé Yifanyé Hazi (expression humoristique utilisée lors du discours officiel de président Azali, initiateur de l’AND) impose à nos hommes de visibiliser leur efficacité et utilité dans la vie sociale. Au-delà d’une revalorisation de l’organigramme des forces de gendarmerie et de l’armée par la création des Garde-côtes et l’introduction effective des services de santé militaire, de l’ENFAG dans les corps militaires et la récente naissance de la Sécurité civile, nos soldats s’efforcent de s’imposer par le phénomène psychologique de compensation, mécanisme de défense qui consiste à l’être humain d’adopter une stratégie pour dissimuler ses manques, ses faiblesses. Par manifestation inconsciente, l’usage incontrôlé et parfois disproportionnée des forces de l’ordre est donc une façon de revaloriser leur statut et leur rôle d’homme de loi utilisant la force. Ce mécanisme freudien est aussi visible auprès de soldats de plusieurs pays. Les exemples abondent et nous les vivons tous les jours.

Comment aborder la question militaire aux Comores ?

Il ne s’agit pas, dans ce papier, de faire l’éloge de l’armée ou de légitimer les failles et les faiblesses. Il s’agit seulement de comprendre, qu’à l’instar de notre de nos institutions familiales et villageoises, notre armée est en perpétuelle reconstruction dans une société où l’exercice de l’autorité s’effrite. Les soldats de l’AND, les hommes de la gendarmerie, les agents de police sont aussi les notables de nos villages, les pères de nos familles, les Wunamdji de nos villages,  les joueurs de nos clubs de foot, les membres de nos associations…et que seule le treillis aux galons nous différencie d’eux. Ils ont une part de nous et nous avons une part d’eux. Si la carrière et la personnalité des soldats exigent des conditionnalités, un code moral spécifique, l’institution militaire demande d’être soutenue par toute la société. Les conditions de leur traitement passent par des formations efficaces, des recyclages, une rémunération consistante et surtout une visibilité efficace auprès de la population par une mise en place d’une armée de proximité qui cultiverait la confiance du peuple et la formation citoyenne de ce dernier. L’armée est aussi un inconditionnel pilier de l’Emergence, de notre Emergence. Elle a un grand rôle à jouer et nous avons un devoir envers elle : la reconnaissance et le respect.

Issa  ABDOUSSALAMI

Sociologue, doctorant à Aix-Marseille Université

Enseignant de Lettres à l’académie de Créteil. 

 

L’archipel des Comores est membre de plusieurs organisations internationales. Un partenariat qui s’inscrit dans le développement économique, social, éducatif, sanitaire, entre autres. Mais, les Comores peuvent rompre certaines relations pour manque de moyens de paiement de droits et taxes.

Le ministre des finances, Saïd Ali Saïd Chayhane

« Il y a des organisations internationales que notre pays va se retirer pour manque des moyens financiers. Nous allons sélectionner les organisations que nous tirons davantage des résultats », a affirmé le ministre des finances et du budget, Saïd Ali Saïd Chayhane. Le ministre des finances et du budget a insisté que « ce sont les avantages et les inconvénients qui permettront les Comores à être membre d’une organisation internationale, à part le manque financier. »

Aucune organisation n’est citée par l’argentier du pays. Cette initiative de se retirer dans certaines organisations internationales n’est-elle pas un danger pour le pays ? Sachant que les Comores annoncent un pays émergent d’ici 2030. Certaines relations avec des pays : Iran, Qatar, sont rompues. Ce sont les relations avec les organisations internationales, régionales, continentales, qui peuvent se rompre, cette fois. Les taxes de coopération en est la cause.

Certes, le budget de cette année prévoit des particularités dont, la volonté de l’Etat d’afficher sa crédibilité dans la scène internationale, mais cela n’empêche pas le pays de se retirer dans certaines organisations internationales, selon l’argentier du pays. Les Comores sont membres des organisations africaines, de l’océan indien, des organisations européennes et internationales.

KDBA

Choisi pour le parti Juwa à travers des primaires, certains ténors dudit parti contesteraient cette candidature. Reconnu parmi les grands partis politiques nationaux, le Juwa risque de s’éclater dans cette période électorale.

Le torchon brule au sein du parti Juwa. Après les élections primaires du parti pour le candidat aux élections présidentielles, des poids lourds de Juwa contesteraient ce choix. Le candidat de Juwa a été choisi pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel et le redressement du pays dans tous les secteurs du développement. « Faire cavalier seul est une stratégie et une politique de mettre le pays aux rails du développement », selon le Juwa qui a pris ses distances avec l’union de l’opposition pour se présenter aux élections présidentielles et gubernatoriales.

Toutefois, le Juwa risque de traverser une crise sans précédent comme d’autres formations politiques divisées en deux camps. Le candidat malheureux de Juwa aux élections présidentielles de 2016 aurait contesté farouchement cette candidature. Me Fahmi était-il candidat aux primaires de Juwa ? Son silence depuis son retour au pays ne convient plus des membres du parti de l’ancien rais Sambi. Par conséquent, un membre de Juwa aurait déposé sa candidature à la cour suprême. Une décision unique ou unanime ? Le juwa risque de connaitre son théâtre politique. La contestation de la candidature d’Ibrahim Mouhamed Soulé ne préoccupe pas certains ténors, qui soutiennent que « Juwa a un seul et unique candidat aux élections présidentielles. Un candidat élu par nous. Celui qui conteste cette candidature, c’est son choix personnel. »

KDBA

Nadia Tourqui : Bonne année quand même !

Nadia Tourqui : Bonne année quand même !

Sorry les Comores sont momentanément suspendues pour cause d’élections. Juillet 2018, semblant de référendum, mars-avril 2019, rocambolesques élections présidentielle et gubernatoriales en perspective, février 2020 élections législatives et municipales (au fait selon quelle Constitution?) et 2021 le retour aux accords de Fomboni et de la tournante à Anjouan.

Quelle idée de suspendre le droit à la création d’entreprises dans un tel contexte ? Qui d’abord a l’idée de créer une entreprise face à autant d’incertitudes à moins d’une start-up spécialisée en matériaux de propagande électorale et encore…

Quel pays magnifique! Ils veulent tous battre le président sortant, tous rétablir la tournante à Anjouan, se réclament tous des accords de Fomboni, mais pourquoi ont ils tous besoin de se présenter??? Ils ont tous boudé le référendum quand ils étaient tous unis derrière le Non sous prétexte que les conditions de sécurisation n’étaient pas réunies et croient remporter l’élection avec les mêmes trucages en allant en rangs séparés… J’avoue ne pas avoir tout compris.

Que dire du leader qui appelle à l’union et qui se présente vite avant que ses petits camarades n’en fassent autant? Que dire des candidats issus d’une même mouvance qui se présentent tous, malgré des primaires pour n’en retenir qu’un? Que dire des anciens alliés qui se découvrent des spécificités brusquement incompatibles, mais qui ne sont pas encore déclinées en opposition? Que dire des nouvelles vocations de sauveur de la nation ?

Encore une fois, on va voter village, voisinage, copinage, entourage, sabotage, quel dommage! On arrête de réclamer un programme parce que c’est un délire d’intello, pardon! Parlons plutôt de cohérence. Apparemment ce mot n’existe pas dans la langue locale… ça en dit long. Certains ont voulu des Assises pour faire un bilan et tirer des leçons pour l’avenir, ont considéré que les Assises n’ont pas répondu aux attentes, ont dénoncé son instrumentalisation, rejeté le référendum et vont aujourd’hui aux élections pour faire la révolution qu’ils n’ont pas pu faire dans la rue dans les urnes (parce que, quand même, la moto était assez dissuasive).

 D’autres déçus des Assises ont condamné fortement la mainmise sur les institutions, ont subi la répression, ont rejeté le référendum, ont encensé leur détermination à sauver la république, tous unis contre le tyran et à la veille de l’assaut final développent des stratégies individuelles (allo?). D’autres, un pied dedans, un pied dehors, même pas peur de la contradiction, grands équilibristes devant l’éternel, investissent dans leur avenir professionnel (à l’aise!) 1% vaut mieux que 2 tu l’auras !

Et aussi les petits malins, les mêmes, qu’on voit arriver depuis toujours avec leurs grosses Weston, le verbe facile et les envolées lyriques, toujours prêts à saisir les opportunités sans souci de cohérence justement (à l’est, rien de nouveau). Et enfin des gens qu’on n’a jamais entendus, probablement issus de la majorité silencieuse, celle qui d’habitude consent en ne disant pas mot, qui se découvrent des héros qui vont venir croiser le fer avec ces apprentis politiciens qui nous ont plombés pendant toutes ces années (alleluia).

Face à cette troupe du cirque, le colosse aux pieds d’argile qui frôle le vertige à chaque avancée; tout était pourtant bien huilé! À quel moment le scénario nous a échappé ? Sous le soleil de l’IFERE? Sous les amphétamines d’une Cour un peu trop zélée ? Sous le poids du ridicule et du mauvais sens de l’à-propos cumulés ? Sous l’évidence de la troupe de fidèles qui ressemble de plus en plus à un panier de crabes ? Toute cette macédoine va se mélanger allègrement les prochaines semaines pour qu’au final la montagne accouche de la souris la plus inattendue.

Restez en ligne, votre correspondant prie pour ne pas être (de)coupé ! 

Nadia Tourqui

Les dossiers de candidature de l’ancien vice-président, Mohamed Ali Soilihi, de l’actuel président Azali Assoumani et du Me Said Larifou sont enfin déposés hier à la cour suprême. La date butoir du dépôt des candidatures est prévue pour demain mercredi, 23 janvier.

Malgré que le chef de l’opposition et candidat malheureux aux élections présidentielles de 2016, se trouve en résidence surveillée suite à l’enquête de la citoyenneté économique, le dépôt a été « une réussite. » Il s’agit d’un dépôt qui s’est fait avec beaucoup d’engagements, en présence des jeunes cadres et notables de Mbéni, des membres de l’opposition et d’autres. Un dépôt qui  avait pris une autre forme puisqu’il  a été effectué par le secrétaire général de l’Updc, Youssouf Boina, de l’ancien député Issa Soilihi et une petite fille de 11 ans.

Une fille de 11 ans. Pour quel impact ?

Yousouf Boina s’est félicité de cette mission et il a rassuré que rien n’a manqué sur le dossier. Ce n’est pas une simple coïncidence s’ils ont décidé d’amener une mineure. « La présence de cette petite fille de 11 ans justifie que Mohamed Ali Soilihi est un responsable qui envisage à protéger la génération future », explique le secrétaire général de l’Upadc. Selon lui, il n’y a rien à craindre car « tout est contrôlé dans le dossier. Cette petite sert à témoigner l’engagement de Mamadou dans la protection massive de la génération future. »  Une cinquantaine des citoyens, jeunes, cadres, notables s’est réunie à marquer cette étape tout en lisant quelques versts du saint courant avant de se rendre à Iconi pour un « Hitma. »

Djoumoi Abdou, un des grand notable de la ville de Mbéni a appelé aux citoyens de bien se comporter devant la cour suprême. « Nous voulons la paix et la tranquillité dans notre pays. Chacun de nous est appelé à être garant de la paix et agir comme un responsable. Dès aujourd’hui, nous sommes prêts à nous unir ensemble pour soutenir cette candidature », démontre le notable de Mbéni.

Azali Assoumani met en jeu son mandat

Azali Assoumani brigue un troisième mandat. Son dépôt de candidature s’est effectué hier lundi à la cour suprême. Le secrétaire général du parti Crc, Yahaya Mohamed Illiassa, justifie devant la presse, que le dépôt du dossier de candidature du chef de l’Etat pour les élections présidentielles, n’est rien d’autre, qu’un « geste démocratique », laissant   comprendre le monde, qu’il est tout à fait « un homme politique dont la démocratie, est sa ligne politique. » Yahaya Mohamed Illiassa a déclaré que « ce dépôt  est la marque d’un homme politique, démocratique, un président qui n’hésite pas à mettre son mandant en danger pour regagner la confiance de la population Comorienne. »

Le leader du Ridja ne rate pas le pas

En dehors du parti au pouvoir, le parti Ridja ne boude pas  dans la course pour Beit Salam. Saïd Larifou a lui aussi déposé son dossier de candidature à la magislature suprême ce lundi. Cet ancien cadre de la mouvance présidentielle se dit confiant et assure à la population et à ses partisans, une vie très saine, une éducation qualitative, une justice équitable, entre autres. Saïd Larifou est un candidat malheureux aux présidentielles de 2016. Après l’investiture du président Azali, il luttait pour sa politique notamment l’organisation des assises nationales et du référendum. Alors que la mouvance présidentielle s’est décidée pour un candidat unique et que les partis de cette coalition soutiennent cette unique candidature, Me Larifou n’a pas suivi à la lettre cette décision. Il préfère faire cavalier seul.

H.H et Nassuf. M. Abdou