ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Pendant cette crise sanitaire liée au coronavirus, le domaine  de l’hôtellerie est impacté. L’hôtel le Retaj n’est pas du tout épargné. Le mauricien et directeur général du Retaj, Ben Karoo a montré une baisse du chiffre d’affaires de l’établissement mais prévoit d’équilibres financiers post-coronavirus.

Ben Karoo, directeur général de l’hôtel le Retaj à Moroni

La crise sanitaire a impacté tous les secteurs. Des établissements publics et privés ont réduit le personnel pour éviter la propagation du virus. Combien d’employés de votre établissement sont en chômage technique ? Et combien  sont en exercice ?

À mi-mars, les frontières sont fermées. Le Coronavirus a pris une grande ampleur depuis avril. Nous n’avons pas imposé le personnel à être au chômage technique. On travaille bien. On compte une centaine d’employés. Certains sont en congé. Une trentaine de stagiaires occupe les fonctions. 90% des employés sont payés. Malgré cette crise sanitaire du Covid-19, on continue les travaux d’extension de l’hôtel. Après le ramadan, on a bien repris les activités en réduisant les prix de vente afin de faciliter les activités.

Combien est la baisse du chiffre d’affaires à l’heure actuelle ?

Au début de la crise, nous avons enregistré une baisse de chiffre d’affaires de 80 %, puis 60% sur le contrôle de l’électricité, de l’eau. On a fait des dépenses additionnelles sur les matériels de protection de la clientèle, des employés. C’est une perte bien sure mais je suis un homme optimiste ou positif. Ce n’est pas un lieu de loisir. Je ne regrette pas sur ces dépenses faites. Heureusement, j’ai un personnel formidable, après le coronavirus, tout changera dans le bon sens. Je donne chance aux stagiaires.

À travers cette baisse d’activités financières, pensez-vous que vous pouvez vous en sortir ?

On ne peut pas couvrir ce vide, ce manquement. Avec moins de touristes, moins de clients, il est difficile de se rattraper. Mais tous les pays sont presque touchés par cette crise financière. J’ai beaucoup appris pendant cette période difficile. Toutefois, les chambres sont occupées par des missionnaires, des médecins sous le respect des mesures barrières.

Quelle stratégie adoptez-vous pour lutter contre la contamination du virus ?

Chaque jour, on désinfecte les chambres. Les clients et les employés sont conseillés à se couvrir par un cache-nez. Une sécurité pour surveiller tout le monde. Nous avons commandé des machines pour laver les mains automatiquement. J’ai aussi contribué pour lutter contre la maladie. Bref, on a pris toutes les dispositions nécessaires pour réduire la propagation du virus. Les comoriens sont disciplinés. Dans un moment de crise, on voit les grands leaders. Les gens s’entraident bien.

 

Que dites-vous du projet « facilité emplois » lancé par le gouvernement ?

Le Retaj est un des hôtels plus compétitifs aux Comores. À chaque jour, on améliore bien nos services. Plusieurs stagiaires exercent le métier à Retaj. 60% du personnel sont des stagiaires. Nous avons une académie hôtelière. Si la personne s’adapte bien, nous lui donnons chance. Nous insérons la restauration, la cuisine, la jardinerie et une salle de sport. Dans un hôtel, tous les domaines sont là. Nous prévoyons un deuxième hôtel au bord de la mer. Et on s’associe avec l’Udc pour donner cours d’hôtellerie, de cuisine et autres. On a augmenté le personnel. On continue à investir. Nous avons un contrat de bail de 50 ans. Les travaux d’hôtellerie est un grand sacrifice. C’est un travail que j’assume. Un choix que je n’ai jamais regretté.

Propos recueillis par

Abdoulandhum Ahamada

 

La direction nationale de l’artisanat et l’agence nationale pour la promotion des investissements célèbrent les 45 ans d’indépendance le 5 août prochain sous les thèmes « indépendance pour plus d’emplois durables », et « le made in Comoros au cœur de cet événement. »

Alors que l’édition du troisième salon de l’artisanat devrait être ouverte cette année à l’international, en juillet, l’organisation de cet événement permettra le Cnac et l’Anpi, non seulement de célébrer la fête nationale mais aussi de mettre en valeur les activités du Cnac et de l’Anpi qui sont orientées vers des solutions contre le coronavirus.

Rahamatou Goulam, directrice de l’artisanat précise que cet évènement est symbolique. « C’est pourquoi l’évènement se tiendra dans l’ensemble des iles. Il y aura  la présence du ministre de l’économie qui, à son tour, invitera les partenaires à y assister », précise Rahamatou Goulam.

Plusieurs stands seront au rendez-vous. « Il y aura un stand dédié aux aides-soignants pour les accompagner dans le combat de lutte contre la covid-19, un stand pour la gastronomie comorienne pour montrer l’efficacité des aliments comoriens dans le domaine de la santé et autres », explique la directrice de l’artisanat. Rahamatou Goulam rappelle aussi que l’évènement a pour but d’encourager les artisans comoriens afin qu’ils contribuent dans l’économie du pays. « Nous allons organiser la formation professionnelle pour qu’à leur tour puissent produire des produits de meilleur qualité, donner une valeur aux produits locaux et lutter contre les contrefaçons », souligne la directrice.

 Pour Nadjati Soidik, directrice générale de l’ANPI « nous allons faire à ce que cet évènement soit couronné d’un succès », rassure-t-elle. Ladirectrice est confiante qu’entre l’émergence et l’artisanat les liens sont étroits. Selon Nadjati Soidik, « valoriser les produits made in Comoros ne rien d’autre qu’une bonne initiative conjointe pour pousser la main d’œuvre nationale et valoriser davantage le secteur de l’artisanat et de l’industrie aux Comores. »

Kamal Saïd Abdou

La crise sanitaire a engendré l’annulation systématique des voyages par voies aérienne et maritime. Une situation qui n’a pas épargné les voyageurs à destination des Comores. Le leader du parti Al-camar appelle donc au gouvernement à rembourser les billets des comoriens.

 

Les compagnies aériennes notamment Ethiopien Airlines proposent une seule et unique possibilité de remboursement « l’avoir ». Une pratique contraire aux conditions générales de vente des billets et agissent en violation de la décision du 13 mai de la Commission européenne qui autorise les compagnies à proposer un avoir valable 12 mois sous réserve que le passager ou le voyageur l’accepte volontairement. « L’avoir est remboursable à l’issue de ce délai s’il n’a pas été utilisé. Cet avoir s’applique pour les vols annulés depuis le 1er mars en raison de la Covid-19. La même décision stipule que le voyageur peut refuser l’avoir s’il préfère un remboursement », a expliqué Saalim Saadi.

 

« Compte tenu de tous ses éléments, j’exhorte le gouvernement et particulièrement le ministre des transports de prendre les dispositions nécessaires auprès des compagnies aériennes, notamment Ethiopian Airlines pour faire valoir le droit des voyageurs qui souhaitent être remboursés », appelle-t-il.

Le président du parti Al-Camar  demande au ministre de tutelle de mobiliser la même énergie pour réclamer le paiement des taxes par les compagnies aériennes pour exiger le respect du droit sur le remboursement des billets en faveur de nos concitoyens.

 

« Je réitère mon soutien à toutes les personnes qui se battent pour que leurs billets soient remboursés, et qui font face à l’oreille sourde des compagnies », dixit Salim Saadi.

 

Touma Maoulida

Un mouvement de jeunes comoriens réfléchit sur de l’économie de notre pays. A travers une conférence de presse, hier à Moroni, ces jeunes appellent la banque centrale à jouer son rôle en cette période de pandémie.

Ayant constaté la faiblesse de notre économie pendant des années et surtout sur cette période de crise sanitaire impactant tous les secteurs, ce mouvement des jeunes recommande la banque centrale d’acheter les actes financiers des banques commerciales, l’emploi des marchés inter bancaires et le taux directeur. Un taux directeur de près de 9 à 10%.

« Notre économie est touché par le coronavirus et la banque centrale doit accompagner et soutenir les banques de la place comme les banques centrales étrangères qui appuient les entreprises et les banques », a expliqué Said Ahmed Said Abdillah. Et lui d’avancer, « Le développement se base sur une politique monétaire. Depuis 44 ans, nous ignorons le rôle de la banque des Comores. La banque centrale n’a pas agi comme les autres banques mondiales en cette période de crise. » Selon lui, pour être au rendez-vous de l’émergence, « il faut maîtriser notre monnaie. Que la Bcc ait une politique monétaire. »

De sa part, Mourad Ali s’interroge sur la composition du conseil d’administration de la banque centrale des Comores. Un conseil administratif composé de 8 membres dont 4 français et 4 comoriens. « Ce qui signifie que notre banque centrale n’est pas indépendante. Elle ne maitrise pas notre monnaie. La France tire les 65% et les Comores, 35% », regrette-t-il.

Alors que l’économie mondiale est au ralenti, les banques centrales étrangères soutiennent les entreprises et banques commerciales de leurs pays. Ces jeunes déplorent le système archaïque de la banque centrale sur les réserves obligatoires. Et ils appellent le pays à sortir de la zone franc.

Touma Maoulida (stagiaire)

 

Dans un entretien accordé à Al-fajr, Ibrahima Ahamada Mohamed, directeur des grandes entreprises, se dit confiant de l’emergence des Comores à l’horizon 2030. “Ce n’est pas une utopie”, en tenant compte  des réformes institutionnelles d’ores et déjà engagées par le president Azali.

Selon l’opinion publique, l’émergence n’est qu’une trompe-oeil. Qu’allez-vous dire en tant qu’autorité du regime en place en charge de la promotion des grandes entreprises? 

Ramener l’Union des Comores au grand rendez-vous de l’émergence à l’horiszon 2030 n’est plus une utopie. Il s’agit d’une realité que l’on pouvait bel et bien être convaincu. Prenons l’exemple du Rwanda, à l’espace de 20 ans, le pays s’est transformé en paradis d’Afrique noire.Comment pouvons-nous sous-estimer à la transformation de notre pays à l’espace de 15 ans ? Mon constat est que le grand defi à relever au prealable, c’est la mentalité qui nous empêche de croire  qu’on  a malheuresment  pas d’autre issue pour nous en sortir. Nous devons, en toute evidence, déraciner  le desespoir, le pessimisme et la désolation comme étant un des facteurscar qui vouent  la plupart des pays Africains à la déchéance totale. Les preuves realisées au cours de ces trois dernieres années par le president Azali, à travers le ministère des finances pour la securisation des ressources devraient témoigner auprès des jeunes comme une sorte de confiance du changement de notre pays. Ces  nouvelles réformes mises en oeuvre ont comme base  devant  changer la course de l’histoire de notre pays pour des générations futures harmonieuses. A titre de rappel, l’émergence d’un pays n’est possible  que quand la volonté, la conviction et le changement de la mentalité ne soient pas  une priorité collective. Et je me suis convaincu que ces trois aspects font parties des grandes préoccupations du chef de l’Etat, Azali Assoumani.

Quelles perspevtives déjà engagées sur le secteur économique devant accompagner le pays à sortir la tête de l’eau?

La transformation de l’économie va se faire dans un cadre de la macroéconomie. Le défi consiste à rompre avec l’actuelle équilibre sous l’optimal pour évoluer à un autre modèle qui permettra de placer l’économie dans un orbite plus elevé à la croissance. Cela peut être significative avec la loi en vigueur qui mise sur la sécurisation des ressources. Le partenariat engagé par l’Etat comorien avec une société de pêche chinoise est  capable d’embaucher 10 mille jeunes. Le futur hôpital référentiel d’El-marouf, le projet Armada,.. tous ces idées innovantes vont être un atout considerable pour l’Union des Comores. Une manière de surmonter les hundicapes liés à l’insularité, et vaincre l’opacité, l’exiguté ou l’éloignement dans le but de réaliser les transformations susmentionnées et de réduire le taux de chômage à 85%. Le modèle envisagé pour rehausser l’économie du pays se base ainsi sur l’attraction des investissements directs étrangeres pour financer les secteurs suspectibles à accelérer l’économie, en l’occurence: le tourisme, la pêche, l’industrie de niche, les services finaciers et les hydrocarbures.

Plusieurs jeunes sont au chômage, partagez vous ce sentiment? Et comment peut-on faire pour sortir cette jeunesse de l’embarras ?

En toute sincerité, la question de la  jeunesse sous l’inactivité me touche au fonds du coeur. Alors qu’elle est une force vitale pouvant se servir à renverser cette tendance du désespoir qui endette depuis des decennies. Il y’a une chose que j’aimerai dire, le flux  du chômage  est une responsabilité partagée.On est tous conscients à la realité. Le pays est plutôt jeune malgré, tout le monde  veut  s’accrocher dans l’administration publique. C’est impossible. Même  les pays de grandes puissances n’ont pas pu atteindre cette flamme qui ecorse  la jeunesse. Par contre, l’entrepreunariat constructif est une solution durable. Nos jeunes doivent avoir l’audace à prendre leurs destins en main  pour créer des entreprises. Nous devons croire avec force que le président Azali martèle pour que les institutions finanacières et les banques accompagnent les jeunes qui affichent leur volonté à transformer leurs visions en une realité concrète.

Votre dernier message

Mon message a donc double sens: les jeunes qui vivent sous la spirale du chômage doivent avoir  confiance en soi. De croire que personne ne viendra à notre place pour transformer les Comores en une pièce d’or. Ce pays nous appartient. Chacun doit contribuer selon  ses moyens dans l’espoir de pouvoir rompre avec le cycle de dépendance étrangère.

En un mot, les critiques, les points de vues politiques contre un régime quelconque sont inévitables. Toutefois, ils doivent être formulés et constructifs au profit de ceux qui sont au pouvoir  pour qu’ils tirent  leçon pour l’intérêt commun. Contrairement aux insultes, aux profanations personnelles qui battent en plein fouet sur les reseaux sociaux ne contribuent guere ni sur le plan économique, culturel, religieuex moins que social. Et cela revèle par conséquence immediate à détruire  l’image de notre pays à l’échelle internationale.

Recueillis par Nassuf. M. Abdou

 

 

Depuis l’apparition de la pandémie du Covid-19 aux Comores, les activités dans les agences comme dans les autres  secteurs d’activités connaissent une chute. Interrogé par Al-fajr, Fakri Abdillah, agent de l’agence Alvaro transit s’explique.

« Avant l’apparition de la pandémie aux Comores, l’agence Alvaro transit enregistrait 4 à 6 clients par jour. Or, maintenant l’agence n’enregistre que 2 à 3 clients par jour », a précisé Fakri Abdillah. L’agence Alvaro transit  est impacté. Réduction des clients, chute des activités. « Avantl’apparition de la pandémie, nous avions beaucoup de clients. Maintenant ce n’est plus le cas, nos activités connaissent une baisse à cause du coronavirus » explique FakriA bdillah agent de l’agence Alvaro.

Selon lui, les causes sont liées du manque d’argents. « Nous sommes dans une période de crise. Cela a affecté tout les secteurs y compris le nôtre. Nous sommes convaincus qu’il n’y a pas de circulation de l’argent à cause du coronavirus », insiste-t-il. L’agence Alvaro transit n’a pas réduit son personnel. « Malgré la crise qui secoue le pays actuellement, nous n’avons pas réduit notre personnel même si les activités ne marchent pas très bien», indique-t-il. « Je crois que les clients et les responsables de douane doivent se réunir afin de trouver une solution commune pour pallier la crise et faciliter les travaux. Si le client n’est pas en mesure de se rendre à l’agence, il ne pourra pas se rendre à la douane  », dixit Fakri Abdallah. Des mesures urgentes doivent être prises pour accompagner les clients, selon cet agent de l’agence Alvaro transit.

Kamal Saïd Abdou


Les délestages fragilisent le secteur artisanal. Les activités sont réduites et impactées par les délestages. Pourtant, le secteur de l’artisanat est un levier de l’économie. Mais des problèmes s’enregistrent.

Les ateliers de menuiserie traversent différents problèmes liés aux délestages. Foundi Saïd, responsable d’un atelier précise que l’’émergence prônée par le chef de l’Etat doit commencer par la valorisation du secteur artisanal, pilier de l’économie et l’émergence du pays. Malheureusement, « nos activités tournent au ralenti à cause des délestages ces derniers temps dans notre pays », a fait savoir Foundi Saïd, un menuisier. Sachant que la plus grande partie de leurs activités dépend du courant. « Certes il ya parfois du courant ici à Moroni. Mais cela ne dure pas très longtemps. Deux heures de courant ne suffisent pas de terminer les travaux. Nos clients parfois s’indignent. Ils ne comprennent pas les difficultés que nous rencontrons chaque jour », indique Foundi Saïd. Selon lui,  une des activités quotidiennes est constatée. « Ce qui n’est pas normal. Nous contribuons au développement de notre économie. Mais avant tout, nous sommes des parents de familles. Nous travaillons chaque jour afin de subvenir les besoins de nos familles. Maintenant que les activités sont en chute comment pouvons-nous vivre ? Comment pouvons-nous payer les loyers de nos ateliers ? Comment pouvons-nous payer les factures de nos ateliers ? Je crois que les responsables doivent comprendre cela », crie-t-il.

Des travaux nocturnes ?

À Moroni tout comme les autres régions, les délestages pendant la journée sont presque observés.  Une situation qui inquiète les ateliers et le secteur informel. « Il faut attendre jusqu’à 15h ou 16h pour que le courant revienne. Au lieu de travailler le matin, nous sommes obligés de travailler le soir, c’est fatiguant. Ce qui ne nous donne pas vraiment de bon résultat », témoigne Foundi Abdillah Mohamed Assoumani, responsable d’un atelier de menuiserie à Sahara. Le responsable avance que « j’ai presque deux employés dans mon atelier. Comment peuvent-ils résister dans une telle crise étant donné que chacun d’eux a une responsabilité ? », s’interroge-t-il.

Le gouvernement prié à une sortie de crise

Selon foundi Abdillah Mohamed Assoumani, s’il n’y pas de délestages, nos activités seront génératrices de revenu. « Nous sommes convaincus que le secteur de l’artisanat est générateur de revenu. Mais cette situation fait reculer nos activités quotidiennes. Personne ne se souci pas de nous. Nous adressons un message au gouvernement de régler ces problèmes dans les meilleurs délais », appelle-t-il. Et lui de préciser qu’ « il n’y a pas d’activités sans électricité ». Les délestages affaiblissent les activités. Les ateliers doivent se prendre en charge. Le responsable explique que « nous devons nous prendre en charge. Alimenter nos ateliers par un groupe électrogène, mais cela ne semble pas facile. Il faut acheter du carburant chaque jour.» « Je crois que c’est un problème pour notre économie. Nous attendons à ce que le gouvernement prenne ses responsabilités pour sauver notre économie », conclut-il.

Kamal Saïd Abdou

Les représentants des importateurs des produits carnés ont, hier discuté avec le ministre de l’économie, Houmed Msaidié. Une grande opportunité d’exposer les difficultés rencontrées lors de cette période de crise sanitaire qui impacte farouchement tous les secteurs économiques. Une baisse du chiffre d’affaire a été signalée.

La réunion du ministre de l’économie et coordinateur national de la lutte contre la Covid-19, Houmed Msaidié et les représentants des importateurs des produits carnés était basée sur les difficultés rencontrées lors de cette période du coronavirus. Les opérateurs économiques annoncent une chute du chiffre d’affaire dans le domaine de l’importation des produits. « L’importation des produits carnés a chuté jusqu’à 70% de son chiffre d’affaire et une crise  du stockage, de paiement de surestaries en ce moment difficile lié à la crise sanitaire de la Covid-19 », a annoncé un des opérateurs économiques, en demandant l’appui de l’Etat à « suspendre les taxes des armateurs et Moroni Terminal ».

Houmed Msaidié, ministre de l’économie et des investissements a justifié que cette situation difficile est réelle. Selon le ministre, la problématique est basée, toutefois, sur la crise des produits qui provoque un problème de déstockage dans les magasins. Mais les questions de surestaries, frais de parking, et autres feront l’objet de « discussion entre le secteur public et privé ». Dans ce sens, le ministre de l’économie s’est positionné à interroger les opérateurs sur l’évaluation concrète des pertes dans le but de connaitre ce que l’Etat pourra les accompagner.

Le ministre est conscient que les mesures barrières prises par le gouvernement pour lutter contre la covid-19, notamment la fermeture des marchés le week-end, le couvre-feu, l’absence des activités commerciales dans la nuit, ont causé une baisse de consommation des ménages. Le ministre est donc en attente des évaluations des importateurs et le sous-comité économique. « Je dois attendre les évaluations des importateurs, mais aussi du sous-comité économique qui, actuellement, a lancé une enquête téléphonique sur l’impact économique des ménages », a dit le ministre de l’économie.

Abdoulandhum Ahamada

 

Une bonne campagne agricole. Les acheteurs applaudissent les performances satisfaisantes et des efforts louables sur la production. Pomoni est la localité anjouanaise qui produit beaucoup de taros. Avec une parcelle de 32 hectares,  25 productrices récoltent entre 2 à 3 tonnes de taros par an, et 390 productrices récoltent 500 kg en moyenne chacune. Reportage.

Ce sont des femmes actives, mères de familles. Des familles vulnérables. Elles étaient 15 avant 2014. La politique agricole commune ne connaitra une étape majeure qu’en 2014 avec 415 productrices. 2 à 3 tonnes de leur production pour 25 paysannes. 500 kilogrammes par paysanne pour les 390. Une production de bon augure. Ce qui les classe dans le peloton de tête. Ce champ de plantation dynamise l’activité du secteur agricole. Ces femmes s’ambitionnent à éliminer la faim et la pauvreté. Ce secteur offre de nouvelles possibilités d’emploi. Ces femmes ne pourront pas progresser sur la voie de lutte contre la famine, la réduction de la pauvreté et d’une sécurité alimentaire, s’elles ne sont pas accompagnées et soutenues pour des capacités productives potentielles.

A Pomoni, la production de taros est motivée par l’affaiblissant de la production et la récolte du manioc à cause du girofle et d’ylang ylang. De là, les femmes commençaient à produire les taros. Jusqu’à ce qu’elles bénéficient le soutien du Pnud à travers le Crca où les femmes se sont mobilisées à bras le corps pour la plantation de ce produit. Elles ont reçu des râteaux, des combinaisons, des bottes…, mais aussi des rejets. 90.000 rejets de taros au total.

Un gain de plus de 200 mille francs comoriens par an

« Nous avons une parcelle de terrain de 32 hectares et 3 marécages. Ce champ a été commencé à être exploité par une seule famille. Mais actuellement, on compte 415 femmes agricultrices. 25 parmi elles récoltent deux à trois tonnes de taros par an et les 390 femmes récoltent chacune 500 kg » a expliqué Ali Maboya, un paysan de Pomoni.

Trois endroits d’exploitation agricole surtout la production des taros : shitrotroni, flatri… Toutes ces femmes productrices arrivent à se nourrir et assurer leur quotidien. Le maintien de cette production en masse de taros rappelle l’importance de la production agricole sur le territoire national pour une autosuffisance alimentaire. Pour le kilogramme des taros, il se vend à 400 francs comoriens. « Nous avons calculé qu’une productrice qui récolte 500 kg, elle gagne 200.000 à 250.000 francs comoriens par an. Les heures de travail ne sont pas définies car c’est un travail individuel. Nous n’avons pas encore mis en place une coopérative des agriculteurs de Pomoni. Certes, nous avons réfléchi à une coopérative mais elle n’est pas encore en activité », a-t-il avancé. La vente se fait sur place ou en ville.

Ces femmes traversent des sérieux problèmes

Malgré les problèmes qu’elles rencontrent, elles continuent à se battre dès le lever de soleil jusqu’à 11 heures. Des problèmes liés du terrain de production puisque, dit-on, il existe des insectes, entre autres. « Nous saluons le Pnud car ils nous ont offert des combinaisons et des bottes de protection. Des difficultés liées aussi aux travaux routiers dans cette zone par la société Eiffage. Lesquels travaux bloquent l’eau de couler », a souligné Dhoifarna Abdallah. Et ces productrices lancent un cri de détresse afin d’interpeller Eiffage. « Avec ces taros nous assurons nos vies et celles de nos familles. Mais les caniveaux construits par la société Eiffage mettent en danger notre production. Puisque, il y a des lieux où nous avons planté des taros, et nous n’arrivons plus à les récolter à cause de l’eau », a montré de sa part Moulka Salim, une productrice.

Ces travaux constituent un renversement de tendance amorcé depuis six ans. Ils peuvent causer une perte de production agricole. Alors qu’il est un produit bon marché, les femmes productrices de Pomoni appellent à un soutien meilleur du gouvernement comorien. « Les populations qui ont le plus de besoin de soutien sont celles sur lesquelles travaillent sur le secteur primaire. Et ce sont les agriculteurs qui sont nombreux. C’est eux qu’il faut aider à réussir », a réagi Fatouma Anli, une paysanne.

Un nouveau souffle à l’agriculture comorienne

Ce sont des paysannes qui concourent à survivre et constituent enfin des pouvoirs économiques. Ces femmes donnent un nouveau souffle à l’agriculture comorienne surtout la production des taros. Mais elles manquent de moyens pour valoriser ce potentiel car le projet du Pnud a pris fin depuis 2018. C’est la responsabilité de l’aide publique et du secteur privé de mobiliser les ressources pour les aider à réussir un véritable décollage de l’agriculture. L’Union des Comores est peu intensifié et dépend des importations. La priorité est d’obtenir des gains de productivité avec les méthodes disponibles pour nourrir la population.

Kamaldine B. A

 

Suite à une enquête réalisée par le mouvement des entreprises comoriennes (Modec), les entreprises de la place enregistrent une chute des activités. 70% des entreprises sont impactées financièrement. Et une chute de 50% des activités due à la crise sanitaire. Le Modec est sur le pont de soutenir ces entreprises avec un fonds de 7 millions de francs comoriens.

L’enfer vient frapper à nos portes. Tous les secteurs sont impactés par le coronavirus. Les entreprises privées et publiques ne sont pas épargnées. Et d’après une enquête du mouvement des entreprises comoriennes, 50% des entreprises locales, leurs activités sont réduites. 50% des entreprises également, ont mis leurs personnels au chômage technique. Et 70%  des entreprises sont impactées financièrement par la pandémie du coronavirus. « En 2019, le modec a plaidé pour la baisse d’impôt minimum forfaitaire passant de 3% à 1,5%.  Mais aussi de négocier avec l’Etat de faciliter des conditions des entreprises au niveau de la douane ou encore lors de la pandémie du Covid-19 », a souligné la présidente du Modec, Faharate Mahamoud.

Le Modec annonce ainsi un plan d’aide destiné aux entreprises. 91 entreprises bénéficieront cette aide. Cette poche d’oxygène représente une enveloppe totale de 7 millions de francs comoriens. Le mouvement des entreprises comoriennes appelle donc le gouvernement comorien à accompagner ces entreprises touchées par la Covid-19. Un appel qui devra en revanche attendre que le gouvernement sorte de l’urgence et puisse les évaluer. Les entreprises peuvent-elles se relever sans aucun soutien ? Des entreprises iront-elles frapper à la porte des bailleurs ? L’année est encore longue est la tempête est loin d’être achevée.

Halima Hamada